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des directeurs l'avoit approuvée. M. Francis n'avoit donné son consentement qu'à sa réquisition (8), croyant que ce pouvoit être un présent volontaire du Rajah; mais il s'étoit opposé formellement à ce que cette somme s'exigeât comme un droit, quant à l'approbation des directeurs; c'étoit un moyen de défense bien foible; on étoit assuré d obtenir leur approbation, pour tout ce qui faisoit valoir leurs intérêts; & un acte d'injustice ne cessoit pas d'être injuste, malgré l'approbation des directeurs (). »

» M. Fox observa ensuite que le conseil du Bengale avoit recommandé au Rajah de lever deux mille hommes de cavalerie qui devoient être envoyés pour la défense commune de ses Etats, & qu'ils devoient être payés à un certain taux, s'ils venoient à être employés au service de la compagnie. Cet arrangement s'étoit fait "comme entre deux puissances égales ; c'étoit à tous égards un traité subsidiaire; & cependant M. Hastings avoit fondé sur cette convention, ses prétentions à un pouvoir arbitraire sur le Rajah : ne vaudroit-il pas autant dire que

S. M. peut réclamer la souveraineté de Hesle-Cassel, parce qu'elle a conclu un traité subsidiaire avec le prince qui gouverne ce pays (10)? M. Hal

(8) Qui croira que M. Francis, ennemi mortel de M. Hastings , ait consenti, pour lui faire plaisir, à une injustice qui lui étoit démontrée ? Comment pouvoit-il regarder ce subside militaire comme un présent volontaire du Rajah , puisque le droit de l'exiger fut discuté dans le Conseil ? &c. &c.

(9) Il est à présumer néanınoins que les Directeurs de la Compagnie font de meilleurs juges de leurs intérêts que les Orateurs du Parlement. Or fi, comme ils le disent, M. Hastings avoit mis à feu & à sang, dépeuplé, pillé, anéanti les domaines de la Compagnie par des extorsions à son profit, cette Cour l'eût-elle remercié pour la troifième fois, le 28 juin 1985, de ses bongs , fidèles & signalés services?

(10) Quelle comparaison, bon Dieu ! d'un traité de

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tings, après avoir employé tous les moyens pour provoquer le Rajah" à la désobéissance (1), voyant que la soumission & fa patience n'avoient point de bornes, avoit conveni la recommandation du conseil en demande péremptoire , & avoit exigé que le Rajah fournît à ses propres dépens , & non à ceux de la compagnie, les deux mille hommes de cavalerie : le Rajah avoit représenté qu'il lui étoit impossible de fournir ce nombre; on l'avoit alors réduit à celui de mille; & Cheyt-Sing avoit offert treize cents hommes, y compris joo fusiliers; il avoit fait plus : pour se mettre à l'abri de toute autre oppression, il ávoit cherché à fe concilier l'amitié & la protection de M. Hastings, en lui faisant un présent de 20,000 livres iterlings (12).»

« Permettez-moi de vous faire, observer, continua M. For en terminant Souverain à Souverain , avec l'arrangement d'un Vaffal à l'égard de son Suzerain.

(11) M. Hastings employa au contraire tous les moyens de le faire rentrer dans l'obéiñance, en ne cessant de l'avertir des fuites dont le menaçoit son refus de contribuer au subside militaire, & les vains prétextes dont il les étayoit.

(12) Sans doute l'Analyste Anglois de M. Fox a jugé fuperflu de donner l'histoire complette de ce présent. Il a cru inutile d'ajouter que pas un schelling de ces 20,000 1. fterl. n'entra dans les mains de M. Hastings , qu'elles furent livrées par l'Agent même de Cheyc.Sing à M. Croftes , Sous-Trésorier de la Compagnie , déposées dans fa caiffe, employées pour son compte , annoncées à la Cour des Directeurs par M. Hastings. Deux fois antérieurement le Gouverneur-général avoit refusé ceite somme ; mais le Conseil, fous prétexte d'économie, s'étant opposé au projet infiniment sage d'une expédition 'contre Madajee Scindia', pour repouter ce Chef des Marattes jusqu'au territoire de la Naiion , & faciliter ainsi les Négociations de paix , M. Hastings fut forcé de recourir à l'offre qu'il avoit rejetée. Tous ces faits , & ceuws qui précèdent, seront prouvés dans le temps, par des témoignages & des pièces justificativos authentiques.

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qu'il auroit été presqu'impossible de suivre ce procès, il y a quelques années, faute de documens; mais qu'aujourd'hui tous les événemens arrivés dans l'Inde sont publiquement & généralement connus au Parlement & à la Nation, grace aux travaux zélés & à l'habileté de M. Burke. Oui, M", le génie sublime d'un fimple particulier a arraché le voile qui nous cachoit la vérité, & montré dans toute leur noirceur les crimes énormes, & variés qui ont souillé l'honneur du nom Anglois & Aétri le carattere national dans l'Inde. Réhabilitez la gloire de la Patrie ; vengezla ; détrompez des millions d'hommes fondés jusqu'ici à attribuer les fautes d'un seul à toute la Națion ; en un mot, fi Warren Hastings eft coupable, qu'il soit puni, & que son châtiment justifie & absolve les généreux Bretons. Ás Les yeux de

l'Europe entière sont ouverts sur la » Chambre Haute, répéta plusieurs fois » M. Fox , qui essaya de convaincre les » Pairs qu'ils se déshonoreroient s'ils ne » trouvoient pas le Prisonnier coupable. »

M. Grey suivit M. Fox; & après avoir répété les' assertions de son Confrère, il ajouta :

« En vain M. Hastings avoii prétendu justifier ses exacions sur les principes de la féodalité. Sans doute, selon les loix féo

dales, le vassal étoit obligé d'aceompas gner son souverain à la guerre, & de lui . fournir des troupes ; mais le temps de ce service, & ce qu'il devoit.contribuer , étoient définis d'une manière claire & pret cise, & le suzerain n'avoit point le droit d'écraser son vafsal, & d'exiger de luiig arbitrairement, au-delà de fon contingent} encore moins de le punis arbitrairement (1).»

» Entr'autres crimes reprochés au Rajah par M. Hastings, étoit celui d'avoir différé à payer les cinq lacks de roupies qu'on l'avoit somme de fournir au-delà de son tribut ordinaire, & d'avoir laissé régner de grands désordres dans les États. A la première accusation, le Rajah avoir ré

(1) Ce contingent, qu'il faut encore une fois distinguer du tribut ordinaire ou de la rente que paye le Tenancier , n'avoit été réglé par aucun traité. Les circonstances & l'équité dřevoient seules en déterminer l'étendue. Il ne s'éleva dans le Cont seil de Bengale., où fiégeoit M. Francis , aucune objection sur la quotité de ce contingent inilitaire. Quant à l'amende par laquelle M. Hastings voua. loit punir la désobéissance & le manque de fidé. lité reprochés à Cheyi-Sing ; elle n'étoit pas plus ". arbitraire que les peines auxquelles ils'étoit soumis, au cas qu'il altérât la monnoie , lorfqu'on lui céda le privilége de la frapper. Le Souverain qui avoit* le droit de le châtier pour cette prévarication, à plus forte raison étoit autorisé à le faire pour le crime de félonje.

pondu

pondu que ce délai devoit être imputé au refident Anglois (2). Quant à la seconde, elle écoit aussi fausse qu'odieuse. La police la mieux réglée, l'administration la plus rigide, n'étoient pas toujours capables de prévenir les crimes des individus. - Le Rajah avoit été aussi accusé d'avoir enfoui des trésors immenses. C'é. toit, fans doute, une faute très-grave; elle avoit été la cause du voyage de M. Hastings à Benarès : c'est ce qui a produit les événemens extraordinaires & tragiques qui s'en sont suivis (3).s

(2) Il ne fit jamais une pareille réponse , & prétexta toujours son impuissance. Ce fut la veuve de Bulwant-Sing & le Rajah, successeur de CheylSing , qui alléguèrent long-temps après que le délai de leur Ministre à acquitter le tribut, devoit être attribué à M. Marckham, alors résident à Benarès,

6) Remarquez bien qu'après avoir répéré en cent pamphlets, dans les communes, dans les articles d'impeachment, que le subside exigé de Cheyt-Sing étoit d'autant plus tortionnaire, que ce Rajah se trouvoit hors d'état de l'acquitter, on nous dit aujourd'hui qu'il possédoit d'immenses trésors convoités par M. Haftungs. Si le Rajah jouissoit d'une telle opulence, la résistance à acquitter sa part du subside militaire , & le mensonge de la prétendue pauvreté ne justifioient-ils pas le foupçon de sa déloyauté? Si au contraire fes reTources étoient réellement épuisées, comment pollédoit-il des trésors ? Comment M. Hastings pouvoit-il songer à dépouiller un honime, Jone

No. 11. 15 Mars 1788.

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