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Jésuites de disposer de toutes les places et de tous les emplois qui sont à remplir dans la Compagnie ; mais il ne peut le faire qu'après avoir entendu l'avis de son Conseil, et cette disposition de la Règle nous parait le chef-d'oeuvre de la sagesse du fondateur de cet Institut (1).

« Par rapport à ce qui regarde l'autorité du Général sur le temporel, nous avons vu dans les Constitutions que le Général peut passer toutes sortes de contrats pour les maisons de son Institut, mais jamais aucun en sa faveur; qu'il ne peut appliquer les revenus des colléges fondés aux maisons professes; que les biens provenant de donation, quand ils ne sont affectés à aucun objet particulier, sont à la disposition du Général, qu'il peut les vendre et les appliquer à un collége ou à un autre; que si ces biens viennent de ceux qui se font Jésuites, il est obligé de les distribuer dans la province, excepté dans le cas où un college d'une autre province se trouverait dans une grande pauvreté; que si cette province était sous l'autorité de divers princes, il ne doit rien faire passer du domaine de l'un sous le domaine de l'autre, sans leur permission ; que ces biens étant donnés à la Société, le Général , qui les retient, doit en user pour l'utilité de la Société, et non pour son

(1) svis, pag. 34.

propre avantage, ni pour celui d'aucun de ses par rents (1).

Les évêques ne voyaient pas qu'il pût résulter d'une pareille administration aucun inconvénient pour les maisons de l'Institut, ni pour l'Etat, puisque le Général ne pouvait disposer des biens de ces maisons que suivant les lois du royaume.

On abordait cette niaise objection, ce fantôme de Général étranger , et l'on montrait que d'autres Ordres religieux se trouvaient dans le même cas. Il faudrait ajouter que tous les vrais catholiques, par leur pieuse dépendanee du Sain:-Siége, sont autant d'esclaves qui relèvent d'un souverain étranger, le Pape ; que tous les chrétiens même, par leur dépendance unique de Dieu et de son divin Fils, comme par la maxime, qu'il vaut mieux obéir à Dieu qu'aux hommes, sont des citoyens d'une autre patrie , des sujets d'un souverain étranger. Nous rentrerions dans la question du patriotisme, et il n'est pas temps encore de voir comment l'entendent et le pratiquent les ennemis de la Compagnie de Jésus, les philosophes et leurs singes, Voltaire en tête de cet auguste aréopage.

Le Clergé concluait donc qu'il n'y avait aucun changement à faire dans les Constitutions, par rapport à ce

(1) Avis, pag. 37.

qui regardait l'autorité du Général des Jésuites (1). Au surplus, fallat-il quelque réforme, on devait réclamer l'autorité du souverain pontife, le concours des évêques du royaume et de la Congrégalion générale des Jésuites.

Le Clergé de France avait été consullé; voilà ce que fut son Avis, une manifestation généreuse et loyale, mais manquant d'exactitude en quelques points, surtout en ce qui regardait les Constitutions des Jésuites.

L'historien de la Chute des Jésuites n'a pas dit un mor des réponses aux trois premières questions, et il ne parle de la quatrième que pour intervertir les rôles de la majorité et de la minorité (2), séparée par une si énorme disproportion numérique. Nous voulons bien croire que le noble pair a commis ici simplement une erreur, et non pas un acte d'insigne mauvaise foi. Mais comment s'expliquer une telle méprise ? Elle doit sembler d'autant plus élrange qu'il avait lu , sans doute , dans l’écrit de d'Alembert sur la Destruction des Jésuites: un passage qui indique approximativement la vérité. « Le roi , dit d'Alembert, avait consulté sur l'Institut des Jésuites, les évêques qui étaient à Paris ; environ quarante d'entre eux, soit persuasion , soit politique, avaient fait les plus grands éloges de l'Institut et de la

(1) Procès - verbaux des assemblées générales du Clergé d'e France , tom. VIII, 2° part. , pag. 317 et 318.

(2) Saint-Priest , pag. 51.

Société; six étaient d'avis de modifier les Constitutions à certains égards; un seul avait déclaré l'Institutet l'Ordre également détestables..... Cependant, il avait été obligé d'avouer que les Jésuites étaient irréprochables dans leurs moeurs (1).

(1) Pag. 107, tom. V des OEuvres. - Lamache, Histoire de la chule des Jésuites au XVIIIe siècle. Réponsc à M. de Saint-Priest,

pag. 121.

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Edit de Louis XV (mars 1762) concernant les Jésuites, dont il modifie les Cons.

titutions. - Extrails des Assertions ; par qui ils furent faits. -Envoyés aux Prélats du royaume. - Christophe de Beaumont et son Instruction pastorale.

- Opinion de Voltaire sur cette Instruction.-Les Evêques de Grenoble, d'An. gers et d'Alais approuvent les Exlrails. — Lettre que le Pape Clément XIII adresse à ces trois Evêques.- Langage d'Omer Joly de Fleury sur le SaintSiége; il s'appuie à faux de saint Bernard et de Bossuet, - Réponse des Jesuites aux Assertions : mot de Grimm sur les Assertions des Parlements.-Le duc de Praslin fait proposer, de la part de Louis XV, au Général des Jésuites, de nommer en France un Vicaire-Général français.--Sint ul sunt , vel non sint , attribué par Duclos au Cardinal Torregiani. - Déclaration des Jésuites dans le sens des quatre articles de 1682.- Leurs colleges fermés.- Vaines remontrances du Clergé pour la conservation des Jésuites. - Arrêt du 6 août 1762

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