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retenües ordinaires, je vois former cette demande avec d'autant plus de satisfaction qu'étant absolument analogue a mes principes elle les confirme même par des preuves tirées des faits.

Il est nécessaire que les pays dévastés par l'épizootie soient repeuplés incessament d'animaux propres à la culture, ou que la terre y demeure inculte et sans production. Les propriétaires qui manquent d'argent pour réparer leur perte ne peuvent se dispenser d'enprunter, les emprunts seraient très-difficiles et peut-être impossibles dans les conditions légales; il est pour ces propriétaires d'une nécessité indispensable que le roi veuille bien déroger à la loi, et cependant elle ne produit à leur égard que son effet simple et inévitable; il n'y a pas un seul jour où de grandes entreprises, soit de commerce, ou de tout autre genre également interressant pour l'Etat n'exgigent des fonds considérables qui se rassemblent par des emprunts. Il n'y aurait pas une seule de ces entreprises qui ne manquât, si ces emprunts étaient rigoureusement assujétis à l'aliénation des capitaux, et même à l'intéret fixé par l'ordonnance. Ce n'est que par des infractions de la loi qu'elles se soutiennent et réussissent. La législation actuelle sur le prêt et l'intérêt de l'argent tend à arrêter partout l'activité du commerce et ne lui est favorable en aucun cas. Je pense, d'après ces réflexions : que la demande du Parlement de Toulouse mérite d'être accueillie sans aucune difficulté; qu'il ne suffit même pas de déroger, par une dispense particulière, à la loi qui règle les conditions des emprunts d'argent. Puisque dans tous les cas où de semblables emprunts sont nécessaires et instans, l'exécution de la loi y forme des obstacles, je m'en rapporte à votre prudence pour déterminer l'étendue qu'il est utile de donner à la liberté dans cette matiere importante. Je suis.....

(Arch. nat., F. 12, 151.)

No 62. · Lettre de Turgot à Clugny, intendant de Bordeaux, au sujet

de l'administration de Journet. (V. liv. III, ch. XIII, p. 484.)

Du 27 janvier 1776. M. DE CLUGNY. Je vois, M., par votre lettre du 13 de ce mois quel est l'excès des abus qui ont été commis dans les procès verbaux d'assommement et destination des bestiaux, le tableau que vous me présentez de la dépense à faire excede de beaucoup tout ce que javais pu me figurer; et ce qu'il y a de plus affligeant, c'est que rien de cette dépense ait était utile au pays dans le quel elle a été faite, c'est la négligence employée dans l'execution des ordres du roy qui y a donné lieu et qui a en même tems porté la contagion dans toutes les parties de cette malheureuse province. Je suis bien éloigné d'attaquer la mémoire de M. Journet, je crois comme tout le monde que sa probité est intacte, Mais ce fait prouve qu'une administration négligente et incapable peut faire autant et plus de mal que celuy qui serait capable de se livrer aux excés les plus condamnables. Quoiqu'il en soit il ne me parait pas possible de faire payer sans examiner des dépenses sur la légitimité des quelles il y a autant de raison de douter. Il me parait nécessaire d'en ordonner une nouvelle vérification, je suis faché que vous ne vouliez pas vous charger de cette commission, mais je respecte vos motifs. Il est de la plus grande importance d'établir une commission composée de juges intègres les plus intelligents et les plus actifs qu'il sera possible de trouver pour examiner tous les procès verbaux d'assomement et d'estimation, pour faire rendre compte à tous ceux qui auront été chargés d'acquitter les dépenses. Si cette vérification donnait lieu à la découverte des délits dont il fut important d'ordonner la punition, le roy prendrait les partis qui luy paraitraient les plus convenables pour y faire pourvoir. Je sens comme vous qu'il ne peut résulter qu'un retard facheux dans le payement des propriétaires de bonne foy qui seroit confondu avec ceux qui auront concouru aux abus, mais je me croirais coupable moy même d'abus de la confiance, dont le roy m'honore, si je luy proposais le payement d'une somme aussy exhorbitante avec la certitude presque complette que la plus grande partie n'est pas düe. Tout ce que je puis proposer au roy en conséquence de la confiance bien fondée que le roy à dans votre personnel, c'est de vous autoriser à faire acquitter sur vos ordonnances, ceux de ces malheureux propriétaires qui vous paraitront dans la position la plus favorable. Mais je crois que vous penserez comme moy que vous devés être très sobre sur ces exceptions qu'on ne peut regarder que comme une avance faite par

le roy jusqu'a ce que leurs titres ayente été valablement vérifiés. (Arch, nat., F. 12, 152.)

N 63. Lettre de Turgot à Clugny, intendant de Bordeaux, au sujet de l'administration de Journet et de La Boulaye. (V. liv. III, ch. XIII, p. 486.)

Du 26 février 1776. — M. DE CLUGNY.

Je pense comme vous, M., que le party le plus court et le moins embarrassant à prendre pour vérifier les dépenses qui ont été faites dans la généralité d'Auch pendant l'administration de Mr Journet est de charger son successeurs de cette vérification; tout ce que vous me mandés sur l'exactitude des estimations et des comptes de toutes sortes de depenses rendus par ceux qui étaient préposés par cet intendant me fait espérer que par cette vérification on parviendra à diminuer considerablement la masse de cette dette. J'abandonne d'après vos réflexions l'idée que je vous avais proposée de former cette commission de mernbres du Parlement de Pau ou de celui de Toulouse, Il vaudrait mieux en effet ne la composér que de personnes entierement étrangeres à la Province, mais comme il ne me parait pas possible que cette vérification ne donne lieu a des découvertes qui pourront nécessiter des instructions même criminelles, sur des abus de confiance aussi condamnables, il y aura des cas ou il faut que l'intendant soit autorisé a appeller avec luy le nombre de gradués requis par l'ordonnance, mais je pense comme vous qu'il faut

pour cela que la circonstance l'exige. J'ay beaucoup réfléchi à la proposition que vous me faites d'envoyer deux maitres des requêtes pour seconder Mr l'Intendant d’Auch, cette proposition m'avait d'abord beaucoup séduit parce que je la regardais comme un moyen d'instruire des jeunes gens du conseil dans les matières d'administration. Je n'aurais pas même balancé à m'y rendre, si vos occupations et votre santé vous eussent permis de continuer à faire les fonctions d'intendant d’Auch; mais pour vous parler avec la confiance que j'aurai toujours avec vous, je tronve que Mr De La Boulaye est encore trop pouvellement intendant, et je craindrais que la présence de deux de ses confreres ne servît ou a diminuer un peu de la considération qui est nécessaire dans sa place ou à lui donner peut-être des embarras dans l'execution. Ce n'est pas que je n'aie grande confiance dans cet Intendant, mais il ne peut a son arrivée dans une province avoir toute la considération qu'il y acquerra. Il vaut mieux, à ce que je crois, lui donner pour coopérateurs, des personnes qui par leur état n'aient rien à lui disputer, et le choix de ces personnes est extremement delicat et difficile; il serait nécessaire que vous voulussiez bien le guider sur cela, et j'espère que vous ne vous y refuserez pas. J'ai changé aussy quelque chose dans le préambule de l'arret dont vous m'avés dressé le projet; je n'ay pas cru que le roy dut annoncer des a présent l'existence de l'abus qu'il s'agit de vérifier, je manderay à M' de la Boulaye de se concerter avec vous sur la manière de mettre cet arret a execution, et je vous prie de vouloir bien l'en prévenir et de luy proposer les dispositions que vous croirés les plus convenables. Je suis...

(Arch. nat., F. 12, 152.)

N° 64. – Lettre de Turgot à Clugny, intendant de Bordeaux, au sujet de l'établissement d'un service médical. (V. liv. III, ch. XIII, p. 487.)

4 mars 1776. J'ay reçu, Monsieur, la lettre que vous m'avés écrite le 8 du mois dernier par laquelle vous proposés d'établir dans la Province de Guyenne un médecin qui serait apointé pour se transporter dans les lieux ou la santé et les besoins des habitants pourraient exiger sa présence, ainsi qu'il en a eté usé dans différentes provinces, je m'occupe actuellement d'un projet concernant les épidémies, qui est entièrement relatif à la proposition que vous faites, les divers établissement qui auront lieu, seront fondés de manière à se preter de mutuels services, et a se donner réciproquement tous les éclaircissements dont ils pourront avoir besoin, ainsi je vous prie d'attendre encore quelque tems pour l'arrangement que vous désireriés qui fut fait dans votre généralité afin de pouvoir donner à ce projet toute l'étendüe et l'utilité dont il est susceptible. Je suis, Monsieur,...

(Arch, nat., F. 12, 152.)

N° 65. – Lettre de Turgot à Caumartin, intendant d'Artois, au sujet de l'épizootie. (V. liv. III, ch. XIII, p. 487.)

22 mars 1776. M. DE CAUMARTIN. Quoique vous m'apreniés M. par votre lettre du 13 que vous croyez pouvoir être plus tranquile sur l'état de l'Epizootie dans votre généralité, j'ay peine a partager la sécurité qu'on vous a inspirée. Vous me marqués que le si Breton à donné a cet égard des assurances fondées sur le rapport d'autruy, que pour vérifier les faits, vous aves écrit aux Magistrats de Bailleul en les chargeant d'envoyer une personne de confiance pour prendre des éclaircissements certains dans l'endroit de leur chastellenie ou on disoit que la maladie avoit reparu, que ces Magistrats vous apprennent qu'on avait donné un faux avis. Vous m'assurés en conséquence que la chastellenie de Bailleul se trouve comme les autres paroisses de la province absolument délivrée de la contagion.

Je ne puis concilier ces faits avec la lettre dattée du 18 de ce mois que je reçois de Mr Vicq d'Azyr; elle m'apprend que le st Breton a visité, personnel. lement plusieurs paroisses victimes de Bourbourg et particulierement la chatellenie de St Omer que quoiqu'on eut annoncé ces pays comme sains, il y a trouvé des bestiaux malades et s'est convaincu que la maladie y règne depuis longtemps sans qu'on paroisse y faire aucune attention. Il ajoute cependant que vous avés rendu une ordonnance pour prescrire les soins nécessaires, mais qu'elle paroit totalement oubliée. Je joins icy une copie de cette lettre afin que vous soyez instruit de tous les détails qu'elle renferme, vous y reconnaitrés la canse de la sécurité qu'on vous a inspirée sans un examen suffisant, et vous jugerés qu'il est de la plus grande importance, de suivre avec tout le soin possible les opérations necessaires pour éteindre la maladie dont l'existence devient trop vraisemblable lorsqu'elle est constatée par un homme de l'art spécialement chargé par le gouvernement du soin de faire les visites nécessaires; il est indispensable que vous donniés les ordres les plus précis pour que le sieur Breton trouve dans ce pays, tous les secours dont il aura besoin contre la mauvaise volonté ou la négligence des habitans.

Et pour que dans le cas ou son avis serait vray les instructions soient executées avec toute la diligence et l'exactitude possible je luy écris afin qu'il vérifie avec soin la nature et l'étendue de la maladie qu'il annonce avoir trouvée et qu'il m'en rende compte le plus promptement possible. Je suis tres parfaitement...

(Arch. nat., F. 12, 152.)

No 66. Lettre de Turgot à Caumartin, intendant d’Artois, au sujet de l'épizootie. (V. liv. III, ch. KIII, p. 487.)

15 avril 1776. Le Sr Le Breton chirurgien expose, M., qu'il a trouvé dans le village d'Audruicq la désinfection des étables faite tres imparfaitement faute de souffre et de (pitre?) absolument nécessaire pour cet objet, il observe que n'ayant put en avoir il a été obligé de retourner à Bourgbourg et d'en acheter des deniers destinés à ses dépenses; comme les soins que ce chirurgien se donne pour cette opérations deviendraient ipfructueux, s'il manquait de ces drogues, je vous prie de donner au reçu de ma lettre les ordres nécessaires pour qu'on luy en fasse passer une quantité necessaire dans les endroits ou il sera dans le cas d'en avoir besoin. Je suis tres parfaitement...

(Arch. nat., F. 12, 152.)

N° 67. - Lettre de Turgot à Caumartin, intendant d’Artois, au sujet de l’épizootie. (V. liv. III, ch. xiii, p. 487.)

24 mars 1776. M. DB CAUMARTIN. Je reçois, M., de nouveaux avis qui démontrent de plus en plus que votre présence, et la vigilance la plus exacte sont necessaires dans votre généralité. La maladie Epizootique qui depuis le 25 février paraissait éteinte dans la chatellenie de Bourgbourg vient de reparaitre, heureusement il ne s'est trouvé dans l'étable ou elle s'est manifestée que 2 animaux; ils ont été assommés sur le champ quoiqu'un seul fut malade, l'étable a été désinfectée; mais ce retour apprend qu'il faut veiller dans le même lieu.

J'apprends en même tems que la maladie règne depuis longtems dans la paroisse d'Audruicq, mais que l'opiniatreté et l'esprit de révolte des habitans n'a pas pernis jusqu'a ce moment de reconnaitre toute l'étendue du mal. On m'instruit que le nommé Baclu un des magistrats d’Audruicq a tenu hautement les propos les plus séditieux, qu'il a menacé le st Breton de sonner la cloche à son arrivée pour armer tout le village contre lui, et le faire assommer lui même. Il est absolument necessaire qu'une punition prompte de ce magistrat séditieux lui fasse sentir son imprudence et donne un exemple aux autres. Il ne l'est pas moins d'autoriser le si Breton à se faire donner par la maréchaussée, et par les troupes les secours qui luy sont nécessaires, je lui écris à ce sujet, et vous ne devés pas differer de donner des ordres conformes.

Un foyer de contagion ainsi établi et abandonné à luy même menace continuellement tous les pays qu'on vient de purifier. Il est donc indispensable que vous soyés sur les lieux tant pour faire cesser toute espèce de soulevement que pour être instruit plus précisement que vous ne l'étiés en dernier lieu de l'état de la contagion dans votre généralité. Je suis très parfaitement...

(Arch. Dat., F. 12, 152.)

N° 68. – Lettre de Turgot à La Boulaye, intendant d’Auch, au sujet de l'épizootie. (V. liv. III, ch. XIII, p. 488.)

30 avril. - M. DE LA BOULLAYE. Le voyage que vous avez fait à Bordeaux, Monsieur, ne peut être que trèsutile; les avis de M. de Clugny sont fondés sur l'expérience qu'il a acquise dans le temps où l'administration de votre Province était la plus difficile. Rien n'est d'ailleurs plus à désirer dans la circonstance présente que l'uniformité des principes et de conduite; elle augmente la sécurité (?) et affaiblit les motifs de réclamations ou de plainte. L'état de votre généralité donne des espérances et les soins que vous vous donez sont bien capables de les confirmer.

On ne peut former que des conjectures sur la première origine de la contagion; elle a régné longtemps en Hongrie, en Hollande; elle existe encore dans plusieurs contrées de l'Allemagne; partout elle a été trop négligée dans les commencements et est devenue plus difficile à arrêter. Je ne pense pas qu'on doive se porter jusqu'a défendre l'importation des cuirs non tanés venant de l'étranger. Il y a des moyens d'assurer la désinfection des cuirs verts, sans bannir du commerce une matière nécessaire pour alimenter nos fabriques, il est sage et même nécessaire d'établir et faire observer une police de précaution dans les lieux où les cuirs sont importés, et de s'assurer de leur desinfection, avant de les laisser approcher des lieux où la contagion est à craindre.

J'apprends avec bien de la satisfaction que les habitans de votre province conservent le courage, et que la culture vous a paru en bon état. Il est bien a désirer qu'ils s'accoutument au service des chevaux, et qu'ils reconnaissent combien leur travail est préférable à celui des Bæufs; mais il faudrait pour les instruire à cet égard, vaincre le préjugé qu'ils marquent contre les charrues, et le seul moyen me parait être d'avoir des charretiers qui labourent sous leurs yeux et leur fassent connaître ce genre de culture. Les charrues seraient peu utiles si elles n'étaient, comme vous me l'annoncez, qu'entre les mains de quelques curieux.

Quant aux charrettes qui ont été envoyées, et qui paraissent trop larges et trop pesantes pour les chemins, elles reuvent au moins servir de modèles pour en construire de plus légères, mais d'une forme moins incommode que celle qni était en usage. Je suis...

(Arch. nat., F. 12, 152.)

N° 69.

Lettre de Turgot à Esmangard, intendant de Bordeaux, au sujet de l'envoi d'un traitement contre le Ténia. (V. liv. III, ch. XIII, p. 490.)

Versailles, 17 août 1775. Je vous envoye, Monsieur, plusieurs exemplaires d'un traitement contre le ténia ou vers solitaire, dont le roy a fait acquisition et qu'il a fait imprimer.

Je vous prie de le faire répandre dans votre généralité, et de veiller à ce qu'il soit bien administré. Si les médecins qui auront employé ce traitement y trouvent quelque difficulté, ils peuvent s'adresser à un des médecins qui ont signé ce rapport, ou au sr Cadet apoticaire à Paris. Je suis, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur,

TURGOT.

(Sim, autog.) (Arch, dép. Gir., C. 74.)

N° 70. Lettre de Turgot à Esmangard, intendant de Bordeaur, au sujet du mal vénérien chez les nouveaux nés. (V. liv. III, ch. XII, p. 490.)

Paris, 11 juillet 1775. Une question, Monsieur, formée par les Recteurs de l'hôpital des Enfants trouvés d'Aix, a donné lieu à la consultation cy jointe de la faculté de médecine. Elle a pour objet de parvenir à connoître ce que la pratique a pu apprendre de plus certain sur la réalité des signes de l'existence du mal venerien dans les enfants al moment de leur naissance; la méthode la plus prompte et la plus efficace de les traiter de cette maladie et les moyens de les nourir au deffaut du lait de femmes et d'animaux. Je vous remets un certain nombre d'exemplaires de cette consultation et de la lettre écrite par le Doyen de la faculté de Paris aux différents administrateurs des hôpitaux qui doit

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