Les contemporains: Lamartine; Victor Hugo; de Lamennais; Musset; Branger; Pierre Dupont

 

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32 - De colline en colline en vain portant ma vue, Du sud l'aquilon, de l'aurore au couchant, Je parcours tous les points de l'immense tendue, Et je dis: " Nulle part le bonheur ne m'attend.
24 - Je ne fais pas grand cas, pour moi, de la critique. Toute mouche qu'elle est, c'est rare qu'elle pique. On m'a dit l'an pass que j'imitais Byron : Vous qui me connaissez, vous savez bien que non. Je hais comme la mort l'tat de plagiaire ; Mon verre n'est pas grand, mais je bois dans mon verre. C'est bien peu, je le sais, que d'tre homme de bien. Mais toujours est-il vrai que je n'exhume rien.
54 - Dors-tu content, Voltaire, et ton hideux sourire Voltige-t-il encor sur tes os dcharns ? Ton sicle tait, dit-on, trop jeune pour te lire; Le ntre doit te plaire, et tes hommes sont ns. Il est tomb sur nous, cet difice immense Que de tes larges mains tu sapais nuit et jour. La Mort devait t'attendre avec impatience, Pendant quatre-vingts ans que tu lui fis ta cour; Vous devez vous aimer d'un infernal amour.
51 - Regrettez-vous le temps o le ciel sur la terre Marchait et respirait dans un peuple de dieux...
70 - Quand j'ai pass par la prairie, J'ai vu, ce soir, dans le sentier, Une fleur tremblante et fltrie, Une ple fleur d'glantier. Un bourgeon vert ct d'elle Se balanait sur l'arbrisseau ; J'y vis poindre une fleur nouvelle ; La plus jeune tait la plus belle : L'homme est ainsi, toujours nouveau.
81 - Non, mes amis, non, je ne veux rien tre ; Semez ailleurs places, titres et croix. Non, pour les cours Dieu ne m'a pas fait natre : Oiseau craintif, je fuis la glu des rois. Que me faut-il ? matresse fine taille, Petit repas et joyeux entretien. De mon berceau prs de bnir la paille, En me crant Dieu m'a dit : Ne sois rien.
77 - Et au milieu de la salle s'levait un trne compos d'ossements, et au pied du trne, en guise d'escabeau, tait un crucifix renvers ; et devant le trne, une table d'bne, et sur la table un vase plein de sang rouge et cumeux, et un crne humain. Et les sept hommes couronns...
81 - Ne marchez point la tte baisse: il faut lever les yeux pour reconnatre sa route. Votre patrie, c'est le ciel; et quand vous regardez le ciel, est-ce qu'en vous il ne se remue rien? est-ce que nul dsir ne vous presse ? ou ce dsir est-il muet? Il en est qui disent: A quoi bon prier? Dieu est trop au-dessus de nous pour couter de si chtives cratures.
62 - La faute en est nous; toi, riche! ton or ! Cette fange d'ailleurs contient l'eau pure encor. Pour que la goutte d'eau sorte de la poussire, Et redevienne perle en sa splendeur premire, II suffit, c'est ainsi que tout remonte au jour. D'un rayon de soleil ou d'un rayon d'amour ! Septcioiire 4836.
91 - C'est la Pologne et son peuple fidle Qui tant de fois a pour nous combattu ; Elle se noie au sang qui coule d'elle , Sang qui s'puise en gardant sa vertu. Comme ce chef mort pour notre patrie, Corps en lambeaux dans l'Elster retrouv, Au bord du gouffre un peuple entier nous crie : Rien qu'une main, (bis) Franais, je suis sauv !