Philosophie: Logique, 1

C. Douniol, 1868
 

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550 - Mais aprs qu'elle a fait son dernier effort pour les rendre bien subtils et bien dlis ; ne sentezvous pas en mme temps qu'il sort du fond de notre me une lumire cleste qui dissipe tous ces fantmes, si minces et si dlicats que nous ayons pu les figurer? Si vous la pressez davantage, et que vous lui demandiez ce que c'est, une voix s'lvera du centre de l'me : Je ne sais pas ce que c'est ; mais nanmoins ce n'est pas cela. Quelle force, quelle nergie, quelle secrte vertu...
178 - C'est donc en lui d'une certaine manire qui m'est incomprhensible, c'est en lui, dis-je, que je vois ces vrits ternelles; et les voir, c'est me tourner celui qui est immuablement toute vrit et recevoir ses lumires.
309 - Voici ce principe : II n'est pas possible que la mme chose soit et ne soit pas en mme temps ; et de mme pour toutes les autres oppositions absolues. Il n'ya pas de dmonstration relle de ce principe ; cependant on peut rfuter celui qui le nie.
430 - Ainsi, l'affirmation mettant l'ide de l'attribut dans le sujet, c'est proprement le sujet qui dtermine l'extension de l'attribut dans la proposition affirmative, et l'identit qu'elle marque regarde l'attribut comme resserr dans une tendue gale celle du sujet, et non pas dans toute sa gnralit, s'il en a une plus grande que le sujet; car il est vrai que les lions sont tous animaux, c'est--dire que chacun des lions...
418 - J'ai fait autrefois, & propos d'une discussion mathmatique avec un fort savant homme, l'exprience que voici. Nous cherchions l'un et l'autre la vrit, et nous avions chang plusieurs lettres avec beaucoup de courtoisie, mais non cependant sans nous plaindre l'un de l'autre, chacun de nous reprochant son adversaire de dnaturer, involontairement sans doute, le sens et les paroles de l'autre.
546 - ... de nous-mmes, une tristesse sur le vide de notre cur, une faim et une soif de la vrit, une disposition sincre supposer facilement qu'on se trompe, et croire qu'on a besoin de secours pour ne se tromper plus. On peut remarquer ceci en tudiant de prs certains hommes. Par exemple, on en trouvera deux auxquels on se mprendra aisment. L'un aura beaucoup plus d'activit et de pntration d'esprit que...
178 - C'est une chose tonnante, que l'homme entende tant de vrits, sans entendre en mme temps que toute vrit vient de Dieu, qu'elle est en Dieu, qu'elle est Dieu mme. Mais c'est qu'il est enchant par ses sens et par ses passions trompeuses ; et il ressemble celui qui, renferm...
205 - Dieu, les vices intellectuels sont des vices analogues aux vices moraux de l'me qui ne cherche pas la sagesse avec l'ensemble de ses facults. De mme que la plupart des mes cherchent plutt avec l'intelligence qu'avec la volont, de mme, et par consquent, le premier et principal vice de la philosophie, c'est de cesser d'tre pratique, pour devenir exclusivement spculative. La vraie philosophie est spculative et pratique. Pourquoi Socrate at-il rgnr la philosophie grecque?...
418 - A partir de ce moment mme, toute plainte cessa; chacun des deux comprit l'autre, non sans grand profit pour tous les deux. Je suis persuad que si l'on en agissait plus souvent ainsi, si l'on s'envoyait mutuellement des syllogismes et des prosyllogismes avec les rponses en forme, on pourrait par l trs souvent, dans les plus importantes questions scientifiques, en venir au fond des choses, et se dfaire de beaucoup d'imaginations et de rves; l'on couperait court, par la nature mme...
547 - ... n'errer jamais en rien. Au contraire, l'autre, avec beaucoup moins d'intelligence, occupe son esprit de la vrit, et non de son esprit mme; il va d'une dmarche simple et directe vers la vrit, sans se replier sur soi par complaisance; il a une secrte disposition se dfier de soi, sentir sa faiblesse, vouloir tre redress. Celui qui...