Histoire des principaux crivains franais depuis l'origine de la littrature jusqu'a nos jours

Ch. Delagrave et Cie., 1868
 

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266 - Le premier qui ayant enclos un terrain s'avisa de dire Ceci est moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la socit civile. Que de crimes, de guerres, de meurtres, que de misres et d'horreurs n'et point pargns au genre humain celui qui, arrachant les pieux ou. comblant le foss, et cri ses semblables : Gardez-vous d'couter cet imposteur ; vous tes perdus si vous oubliez que les fruits sont tous, et que la terre n'est personne...
218 - Tout ce que je vois jette les semences d'une rvolution qui arrivera immanquablement, et dont je n'aurai pas le plaisir d'tre tmoin. Les Franais arrivent tard tout, mais enfin ils arrivent; la lumire s'est tellement rpandue de proche en proche, qu'on clatera la premire occasion et alors ce sera un beau tapage; les jeunes gens sont bien heureux, ils verront de belles choses.
146 - Quand les sauvages de la Louisiane veulent avoir du fruit, ils coupent l'arbre au pied, et cueillent le fruit. Voil le gouvernement despotique.
276 - Afin donc que le pacte social ne soit pas un vain formulaire, il renferme tacitement cet engagement, qui seul peut donner de la force aux autres, que quiconque refusera d'obir la volont gnrale y sera contraint par tout le corps, ce qui ne signifie autre chose sinon qu'on le forcera d'tre libre...
146 - Ceux dont il s'agit sont noirs depuis les pieds jusqu' la tte ; et ils ont le nez si cras qu'il est presque impossible de les plaindre. On ne peut se mettre dans l'esprit que Dieu, qui est un tre trs sage, ait mis une me, surtout une me bonne, dans un corps tout noir.
41 - Loin du trne nourri, de ce fatal honneur. Hlas ! vous ignorez le charme empoisonneur ; De l'absolu pouvoir vous ignorez l'ivresse, Et des lches flatteurs la voix enchanteresse. Bientt ils vous diront que les plus saintes...
42 - Entre le pauvre et vous vous prendrez Dieu pour juge ; Vous souvenant, mon fils, que, cach sous ce lin, Comme eux vous ftes pauvre, et comme eux orphelin.
84 - Fnelon au prtendant la couronne d'Angleterre1, ne forcez jamais vos sujets changer leur religion. Nulle puissance humaine ne peut forcer le retranchement impntrable de la libert du cur. La force ne peut jamais persuader les hommes; elle ne fait que des hypocrites. Quand les rois se mlent de religion, au lieu de la protger, ils la mettent en servitude.
201 - ... c'est vous qui me rendez le sjour de mon pays insupportable ; c'est vous qui me ferez mourir en terre trangre, priv de toutes les consolations des mourants, et jet, pour tout honneur, dans une voirie ; tandis que tous les honneurs qu'un homme peut attendre vous accompagneront dans mon pays. Je vous hais enfin, puisque vous l'avez voulu; mais je vous hais en homme encore plus digne de vous aimer, si vous l'aviez voulu.
149 - Tout serait perdu si le mme homme, ou le mme corps des principaux, ou des nobles, ou du peuple, exeraient ces trois pouvoirs : celui de faire des lois, celui d'excuter les rsolutions publiques, et celui de juger les crimes ou les diffrends des particuliers.