Les Helviennes: ou Lettres provinciales philosophiques, 2

Mquignon fils ain, et Boiste pre, 1823
 

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69 - Que si quelqu'un, aprs avoir reconnu publiquement ces mmes dogmes, se conduit comme ne les croyant pas, qu'il soit puni de mort ; il a commis le plus grand des crimes, il a menti devant les lois.
63 - C'est dans ce grand et sublime livre que j'apprends servir et adorer son divin auteur. Nul n'est excusable de n'y pas lire, parce qu'il parle tous les hommes une langue intelligible tous les esprits.
95 - Mais la philosophie claire par la rvlation, ayant acquis des ides plus saines de la Divinit, ne spare plus ces ides de son existence. Croire Dieu ce qu'il n'est pas , est pour le sage peu prs la mme chose que de ne pas croire qu'il existe.
260 - Ce n'est donc pas tant l'entendement qui fait parmi les animaux la distinction spcifique de l'homme que sa qualit d'agent libre. La nature commande tout animal , et la bte obit. L'homme prouve la mme impression , mais il se reconnot libre d'acquiescer ou de rsister; et c'est surtout dans la conscience de cette libert que se montre la spiritualit de son me...
203 - Si la substance intelligente est matire, la partie de mon ame qui voit le fate de ce chne, n'est plus celle qui voit ses rameaux ; et celle-ci n'est point celle qui voit le tronc qui les supporte. Autant je distingue de feuilles sur cet arbre, autant il est en moi d'tres pensants : il en est des millions, puisque la partie qui pense droite, n'est point celle qui pense gauche; puisqne celle qu'affecte la vue et la pense des feuilles suprieures, n'est point celle...
137 - Il est croire que les vnements particuliers ne sont rien aux yeux du matre de l'univers, que sa providence est seulement universelle; qu'il se contente de conserver les genres et les espces, et de prsider au tout, sans s'inquiter de la manire dont chaque individu passe cette courte vie.
258 - Il est vident que si l'homme n'est pas libre, ou que si ses dterminations instantanes, ou mme ses oscillations, naissant de quelque chose de matriel qui soit extrieur son me, son choix n'est point l'acte pur d'une substance incorporelle et d'une facult simple de cette substance; il n'y aura ni bont ni mchancet raisonnes, quoiqu'il puisse y avoir bont et mchancet animales; il n'y aura ni bien ni mal moral, ni juste ni injuste, ni obligation ni droit.
345 - D'o peut venir cette uniformit dans tous les ouvrages des animaux? Pourquoi chaque espce ne fait-elle jamais que la mme chose de la mme faon , et pourquoi chaque individu ne la fait-il ni mieux ni plus mal qu'un autre individu ? Y at-il de plus forte preuve que leurs oprations ne sont que des rsultats mcaniques et purement matriels...
161 - Il nous est impossible d'apercevoir notre me autrement que par la pense : cette forme n'a rien de divisible, rien d'tendu, rien d'impntrable, rien de matriel ; donc le sujet de cette forme, notre me, est indivisible et immatriel. Notre corps, au contraire, et tous les autres corps, ont plusieurs formes ; chacune de ces formes est compose, divisible, variable, destructible...
64 - Les premires causes du mouvement ne sont point dans la matire; elle reoit le mouvement et le communique , mais elle ne le produit pas. Plus j'observe l'action et raction des forces de la nature agissant les...