Oeuvres Compltes de Alfred de Musset: Edition Orne de 28 Gravures D'aprs Les Dessins de M. Bida, D'un Portrait Grav Par M. Flameng D'aprs L'original de M. Landelle Et Accompagne D'une Notice Sur Alfred de Musset, Par Son Frre ...

Charpentier, 1866
 

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194 - Je suis jeune ; j'arrive. A moiti de ma route, Dj las de marcher, je me suis retourn. La science de l'homme est le mpris sans doute ; C'est un droit de vieillard qui ne m'est pas donn. Mais qu'en dois-je penser...
247 - Mais je hais les pleurards, les rveurs nacelles, Les amants de la nuit, des lacs, des cascatelles, Cette engeance sans nom, qui ne peut faire un pas Sans s'inonder de vers, de pleurs et d'agendas.
151 - On en rit; c'est hasard s'il n'a heurt personne. Mais sa folie au front lui met une couronne, A l'paule une pourpre, et devant son chemin La flte et les flambeaux, comme un jeune Romain...
24 - Amour, flau du monde, excrable folie, Toi qu'un lien si frle la volupt lie, Quand par tant d'autres nuds tu tiens la douleur, Si jamais, par les yeux d'une femme sans cur, Tu peux m'entrer au ventre et m'empoisonner l'me, Ainsi que d'une plaie on arrache une lame, Plutt que comme un lche on me voie en souffrir, Je t'en arracherai, quand j'en devrais mourir...
5 - Il y parat, je le confesse, Et j'aurais pu le corriger. Mais quand l'homme change sans cesse, Au pass pourquoi rien changer? Va-t'en, pauvre oiseau passager; Que Dieu te mne ton adresse! Qui que tu sois, qui me liras, Lis-en le plus que tu pourras, Et ne me condamne qu'en somme. Mes premiers vers sont d'un enfant, Les seconds d'un adolescent, Les derniers peine d'un homme.
125 - S'allonge En croissant rtrci? Qui t'avait borgne L'autre nuit? T'tais-tu Cogne A quelque arbre pointu? Car tu vins, ple et morne, Coller sur mes carreaux Ta corne, A travers les barreaux. Va, lune moribonde, Le beau corps de Phb La blonde Dans la mer est tomb. Tu n'en es que la face, Et dj, tout rid, S'efface Ton front dpossd.
8 - J'aime vos profonds escaliers Qui, tournoyant dans les entrailles Des murailles, A l'hymne clatant des ouailles Font rpondre tous les piliers ! Oh ! lorsque l'ouragan qui gagne La campagne, Prend par les cheveux la montagne, Que le temps d'automne jaunit, Que j'aime, dans le bois qui crie Les vieux clochers de l'abbaye, Comme deux arbres de granit!
248 - Doutez de la vertu, de la nuit et du jour; Doutez de tout au monde, et jamais de l'amour. Tournez-vous...
161 - Je regardais Lucie. Elle tait ple et blonde. Jamais deux yeux plus doux n'ont du ciel le plus pur Sond la profondeur et rflchi l'azur.
174 - Ple toile du soir, messagre lointaine, Dont le front sort brillant des voiles du couchant, De ton palais d'azur, au sein du firmament, Que regardes-tu dans la plaine? La tempte s'loigne, et les vents sont calms; La fort, qui frmit, pleure sur la bruyre ; Le phalne dor, dans sa course lgre, Traverse les prs embaums. Que cherches-tu sur la terre endormie? Mais dj vers les monts je te vois t'abaisser; Tu fuis, en souriant, mlancolique amie, Et ton tremblant regard...