Essai sur l'histoire des doctrines du contrat social

Imprimerie cooprative "La Laborieuse", 1906 - 432
 

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326 - Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'homme. Ces droits sont la libert, la proprit, la sret et la rsistance l'oppression.
298 - Par la premire , le prince ou le magistrat fait des lois pour un temps ou pour toujours, et corrige ou abroge celles qui sont faites. Par la seconde, il fait la paix ou la guerre , envoie ou reoit des ambassades, tablit la sret, prvient les invasions.
275 - Trouver une forme d'association qui dfende et protge de toute la force commune la personne et les biens de chaque associ, et par laquelle chacun, s'unissant tous, n'obisse pourtant qu' lui-mme, et reste aussi libre qu'auparavant!
281 - Les clauses de ce contrat sont tellement dtermines par la nature de l'acte, que la moindre modification les rendrait vaines et de nul effet; en sorte que, bien qu'elles n'aient peut-tre jamais t formellement nonces, elles sont partout les mmes, partout tacitement admises et reconnues...
326 - La proprit est le droit de jouir et disposer des choses de la manire la plus absolue, pourvu qu'on n'en fasse pas un usage prohib par les lois ou par les rglements.
138 - Celui qui rgne dans les cieux, et de qui relvent tous les empires, qui seul appartient la gloire, la majest et l'indpendance, est aussi le seul qui se glorifie de faire la loi aux rois, et de leur donner, quand il lui plat, de grandes et de terribles leons...
271 - Conscience! conscience! instinct divin, immortelle et cleste voix; guide assur d'un tre ignorant et born, mais intelligent et libre; juge infaillible du bien et du mal, qui rends l'homme semblable Dieu! c'est toi qui fais l'excellence de sa nature et la moralit de ses actions...
273 - Il ya deux sortes de dpendances : celle des choses, qui est de la nature; celle des hommes, qui est de la socit. La dpendance des choses, n'ayant aucune moralit, ne nuit point la libert, et n'engendre point de vices : la dpendance des hommes tant dsordonne * les engendre tous, et c'est par elle que le matre et l'esclave se dpravent mutuellement.
276 - Renoncer sa libert, c'est renoncer sa qualit d'homme , aux droits de l'humanit, mme ses devoirs. Il n'ya nul ddommagement possible pour quiconque renonce tout. Une telle renonciation est incompatible avec la nature de l'homme; et c'est ter toute moralit ses actions que d'ter toute libert sa volont.
301 - Je suppose trois dfinitions, ou plutt trois faits : l'un, que le gouvernement rpublicain est celui o le peuple en corps, ou seulement une partie du peuple, a la souveraine puissance ; le monarchique, celui o un seul gouverne, mais par des lois fixes et tablies ; au lieu que, dans le despotique, un seul, sans loi et sans rgle, entrane tout par sa volont et par ses caprices . Voil ce que j'appelle la nature de chaque gouvernement.