L'tat moderne et son droit, 1

A. Fontemoing, 1904 - 223
 

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208 - L'homme n'est esclave ni de sa race, ni de sa langue, ni de sa religion, ni du cours des fleuves, ni de la direction des chanes de montagnes. Une grande agrgation d'hommes, saine d'esprit et chaude de cur, cre une conscience morale qui s'appelle une nation.
152 - Mais quand il se fait des brigues, des associations partielles aux dpens de la grande, la volont de chacune de ces associations devient gnrale par rapport ses membres, et particulire par rapport l'État : on peut dire alors qu'il n'ya plus autant de votants que d'hommes, mais seulement autant que d'associations.
151 - ... tous les particuliers qu'un intrt commun runit en composent autant d'autres, permanentes ou passagres, dont la force n'est pas moins relle pour tre moins apparente, et dont les divers rapports bien observs font la vritable connaissance des murs.
151 - Socit politique est compose d'autres plus petites de diffrentes espces dont chacune a ses intrts et sus maximes ; mais ces Socits que chacun aperoit parce qu'elles ont une forme extrieure et autorise, ne sont pas les seules qui existent rellement dans l'État; tous les particuliers qu'un intrt commun runit en composent autant d'autres, permanentes ou passagres, dont la force n'est pas moins relle pour tre moins apparente et dont les divers rapports bien observs...
217 - La doctrine juridique nous affirme que l'État, dans sa souverainet, est au-dessus de tout autre pouvoir organis, et qu'il n'est soumis aucun; mais le souverain est lui-mme l'esclave de forces sociales puissantes, et celles-ci n'agissent pas sous la forme d'une volont consciente.
76 - Les institutions, les murs, les usages une fois crs changent petit petit leur finalit; peu h pendes destinations nouvelles se viennent ajouter aux anciennes ; souvent elles arrivent les recouvrir compltement et les liminer. Ainsi, par le changement et le dveloppement des fins qu'elle poursuit, une institution prend naturellement une forme que ne pouvaient souponner ceux qui ont assist ses origines. Les effets d'une volont consciente se trouvent un moment donn...
75 - C'est d'une faon consciente que s'accomplit, mme chez les peuples les moins civiliss, la satisfaction des besoins de nourriture, d'habitation et de scurit; c'est un but conscient que poursuivent l'origine toutes les institutions et tous les usages en vigueur chez ces peuplades. Peut-tre ce but est-il draisonnable ou nuisible ; peu importe, il rpond une, ncessit psychologique qu'on retrouve partout. La science moderne a reuni sur ce point des documents nombreux.
218 - La naissance, la vie et la mort des Etats ne relvent que de l'histoire. A elle seule il appartient de les juger et ses lois ne sont certainement pas celles du juriste. 1. Cf. Hegel, Grumllinien der Philosophie des Reclits (uvres, vol. \'\\ i 2 d., 1840, p. 423 et suiv.). TABLE DES MATIÈRES Pages...
77 - En logique, l'État prcde l'individu, puisque la partie ne saurait tre envisage qu'en considration du tout. L'tre qui vit en dehors de l'Etat ne saurait donc tre qu'un animal ou un Dieu. Toutefois, ces philosophes considrent que l'Etat se forme dans l'histoire par l'initiative d'individus conscients de leurs actions. La division du travail, d'aprs Platon, oblige l'homme se runir 1 ; il sent qu'il ne peut raliser seul toute la tche.
75 - Elle affirme la cration naturelle de l'État et du droit; elle les considre comme la manifestation, en quelque sorte mystique, de l'me du peuple, ou encore comme le rsultat de forces aveugles. Mais en raisonnant ainsi, elle ne tient pas compte d'une ide essentielle : aucune institution ne saurait natre en J'absence d'uneactivit consciente dubutqu'elle poursuit.