Cours de littrature franaise: tableau de la littrature au XVII-e sicle

 

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231 - LE premier qui ayant enclos un terrain s'avisa de dire -ceci est moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la socit civile. Que de crimes , de guerres , de meurtres , que de misres et d'horreurs n'et point pargns au genre humain celui qui , arrachant les pieux ou comblant le foss, et cri ses semblables : Gardez -vous d'couter cet imposteur; vous tes perdus si vous oubliez que les fruits sont tous , et que la terre n'est personne!
208 - Pour bien crire, il faut donc possder pleinement son sujet, il faut y rflchir assez pour voir clairement l'ordre de ses penses, et en former une suite, une chane continue, dont chaque point reprsente une ide; et lorsqu'on aura pris la plume, il faudra la conduire successivement sur ce premier trait, sans lui permettre de s'en carter, sans l'appuyer trop ingalement, sans lui donner d'autre mouvement que celui qui sera dtermin par l'espace qu'elle doit parcourir.
237 - Le souverain, n'tant form que des particuliers qui le composent, n'a ni ne peut avoir d'intrt qui soit contraire au leur; par consquent, la puissance souveraine n'a nul besoin de garant envers les sujets, parce qu'il est impossible que le corps veuille nuire tous ses membres... Le souverain, par cela seul qu'il est, est toujours ce qu'il doit tre.
208 - ... comptent pour peu le ton, les gestes et le vain son des mots, il faut des choses, des penses, des raisons; il faut savoir les prsenter, les nuancer, les ordonner: il ne suffit pas de frapper l'oreille et d'occuper les yeux; il faut agir sur l'me, et toucher le cur en parlant l'esprit.
207 - Elle est bien diffrente de cette facilit naturelle de parler qui n'est qu'un talent, une qualit accorde tous ceux dont les passions sont fortes, les organes souples et l'imagination prompte. Ces hommes sentent vivement, s'affectent de mme, le marquent fortement au dehors; et, par une impression purement mcanique, ils transmettent aux autres leur enthousiasme et leurs affections.
290 - ... forcer. Si vous faites en sorte qu'un Polonais ne puisse jamais devenir un Russe, je vous rponds que la Russie ne subjuguera pas la Pologne.
55 - Ce gnie tutlaire, une nation nombreuse le renferme toujours dans son sein ; mais quelquefois il tarde paratre. En effet il ne suffit pas qu'il existe , il faut qu'il soit connu ; il faut qu'il se connaisse lui-mme. Jusque-l toutes les tentatives sont vaines , toutes les menes...
11 - L'injure a fltri sa vertu; et il a t offens de ceux dont il ne pouvait prendre de vengeance. Ses talents, son travail continuel, son application bien faire n'ont pu flchir la duret de sa fortune.
208 - Le style n'est que l'ordre et le mouvement qu'on met dans ses penses. Si on les enchane troitement, si on les serre, le style devient ferme, nerveux et concis; si on les laisse se succder lentement, et ne se joindre qu' la faveur des mots, quelque lgants qu'ils soient, le style sera diffus, lche et tranant.
157 - Je hais ces curs glacs et morts pour leur pays Qui, voyant ses malheurs dans une paix profonde, S'honorent du grand nom de citoyens du...