Textes classiques de la litterature francaise: extraits des grands crivains francais avec notices biographiques et bibliographiques, apprciations littraires et notes explicatives; recueil servant de complment l'Histoire de la littrature francaise et compose d'aprs les programmes secondaire spcial (troisime anne)

Hachette, 1872
 

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75 - Les lois, dans la signification la plus tendue, sont les rapports ncessaires qui drivent de la nature des choses ; et, dans ce sens, tous les tres ont leurs lois : la divinit a ses lois, le monde matriel a ses lois, les intelligences suprieures l'homme ont leurs lois, les btes ont leurs lois, l'homme a ses lois.
118 - L'pi naissant mrit de la faux respect; Sans crainte du pressoir, le pampre tout l't Boit les doux prsents de l'aurore ; Et moi , comme lui belle , et jeune comme lui , Quoi que l'heure prsente ait de trouble et d'ennui , Je ne veux pas mourir encore.
86 - Si les ouvrages qui les contiennent ne roulent que sur de petits objets, s'ils sont crits sans got, sans noblesse et sans gnie, ils priront, parce que les connaissances, les faits et les dcouvertes s'enlvent aisment, se transportent, et gagnent mme tre mis en uvre par des mains plus habiles. Ces choses sont hors de l'homme ; le style est l'homme mme.
90 - La plus noble conqute que l'homme ait jamais faite, est celle de ce fier et fougueux animal, qui partage avec lui les fatigues de la guerre et la gloire des combats : aussi intrpide que son matre, le cheval voit le pril et l'affronte ; il se fait au bruit des armes, il l'aime, il le cherche, et s'anime de la mme ardeur.
111 - Mes amis, coutez un mot, un seul mot. Deux sicles de dprdations et de brigandages ont creus le gouffre o le royaume est prs de s'engloutir ; il faut le combler, ce gouffre effroyable. Eh bien ! voici la liste des propritaires franais ; choisissez parmi les plus riches , afin de sacrifier moins de citoyens.
36 - C'est moins un livre que des matriaux pour orner un livre. On lut avidement ce petit recueil ; il accoutuma penser et renfermer ses penses dans un tour vif, prcis, et dlicat. C'tait un mrite que personne n'avait eu avant lui en Europe, depuis la renaissance des lettres.
119 - La coupe en mes mains encor pleine. Je ne suis qu'au printemps ; je veux voir la moisson, Et, comme le soleil, de saison en saison, Je veux achever mon anne. Brillante sur ma tige et l'honneur du jardin, Je n'ai vu luire encor que les feux du matin ; Je veux achever ma journe.
11 - Des dieux que nous servons connais la diffrence : Les tiens t'ont command le meurtre et la vengeance, Et le mien quand ton bras vient de m'assassiner, M'ordonne de te plaindre et de te pardonner.
210 - Auprs d'Andr Chnier avant que de descendre J'lverai la tombe o manquera sa cendre, Mais o vivront du moins et son doux souvenir, Et sa gloire, et ses vers dicts pour l'avenir.
102 - ... sentir avec plaisir mon existence, sans prendre la peine de penser. De temps autre naissait quelque faible et courte rflexion sur l'instabilit des choses de ce monde dont la surface des eaux m'offrait l'image ; mais bientt ces impressions lgres s'effaaient dans l'uniformit du mouvement continu qui me berait, et qui sans aucun concours actif de mon me, ne laissait pas de m'attacher, au point qu'appel par l'heure et par le signal convenu, je ne pouvais m'arracher de l sans...