Nouvelle collection des mmoires pour servir l'histoire de France: depuis le XIIIe sicle jusqu' la fin du XVIIIe; prcds de notices pour caractriser chaque auteur des mmoires et son poque; suivi de l'analyse des documents historiques qui s'y rapportent

Joseph Fr. Michaud, Jean Joseph Franois Poujoulat
L'Editeur du commentaire analytique du code civil, 1838
 

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299 - Mazarin , m'envoya querir un matin de chez Prudhomme, baigneur, o il logeoit : c'toit vers la fin du mois de juillet. L'tant venu trouver, il me tira part et me dit que la connoissance qu'il avoit de mon affection et de ma probit l'obligeoit me donner une preuve de son amiti, qui me feroit voir que j'tois dans sa dernire confiance. Je repartis en peu de mots, selon ma coutume, que de quelque nature que ft la chose qu'il avoit me communiquer, il n'auroit jamais sujet de se...
303 - ... conviction qui l'obliget traiter le duc avec cette rigueur. Le cardinal , dsespr de ne pouvoir persuader les autres de ce dont il toit entirement assur, avoit un grand dsir de m'avoir entre ses mains. Il jugea nanmoins qu'il falloit me donner le temps de me rassurer afin de me prendre avec plus de facilit.
299 - ... dans l'excution. Fort surpris d'un si trange dessein , je repartis que lorsque je m'tois attach sa fortune j'avois rsolu de la suivre dans tous les accidens qui lui pourroient arriver, et de ne le point abandonner, quelque parti qu'il pt prendre; qu'en celui-ci , quelque injustice qui m'y part , je ne laisserois pas de lui faire voir qu'il n'avoit pas mal plac son secret. Beaupuis prit alors la parole pour reprsenter avec chaleur les maux que la trop grande autorit du cardinal...
301 - ... runis l'htel de Vendme, o nous logions tous : ce que j'excutai aussitt. Le duc allant, quelques heures aprs, en carrosse par la ville, rencontra le cardinal, qui retournoit chez lui. Il me le dit le soir, et je rpondis que l'on m'avoit tromp. Ma pense fut, lorsque je vis que je ne pouvois rompre ce dessein, de le retarder le plus que je pourrois...
301 - Royale, le dessein ne s'excuteroit pas ; mais il dit que , s'il toit seul , il falloil qu'il mourt. Le matin il fit prparer des chevaux et se tint dans les Capucins avec Beaupuis, prs de l'htel de Vendme, postant un valet de pied dans la rue pour l'avertir quand le cardinal...
249 - Rivire pour nous dire en gnral qu'il avoit failli , et avoit besoin de notre grce , sans spcifier particulirement en quoi. Nous rpondmes que bien qu'il dt tre las de nous offenser, et d'agir contre lui-mme agissant contre nous et contre l'Etat, nous ne voulions pas nous lasser d'user de notre clmence envers lui; qu'en cette considration nous dsirions qu'il nous donnt une entire et sincre confession de sa faute, une dclaration particulire de tous ses desseins...
301 - Je lui dis, jugeant que mes autres raisons seroient inutiles, que s'il se dfaisoit du cardinal en prsence du comte de Harcourt, il falloit se dcider les tuer tous deux, le second tant trop gnreux pour souffrir cette action sans prir avec le premier ; qu'il considrt qu'outre que l'assassinat du comte le...
251 - Bouillon : il accorda peu prs ce que disoit celui-ci, mais il nia ce que Monsieur disoit contre lui , comme aussi ce que disoit le lieutenant des gardes de M. de Bouillon, savoir, qu'il lui avoit un jour donn charge de dire M. de Bouillon qu'il et dsir le voir, car Monsieur toit un trange homme. Plusieurs de nous tions disposs ne le condamner pas sur ces preuves : mais il arriva que M. le grand, ou sur la sellette, dit que M. de Thou avoit su le trait d'Espagne, et...
303 - ... entre Paris et Charenton, pour quelque lgre indisposition. La duchesse se mit en pleurs, et alla pour parler la Reine, qui refusa de la voir. Je consultai avec les sieurs de Li et de Brillet, et leur proposai que nous allassions trouver le duc de Vendme, pour agir comme il le jugeroit propos. De Li, qui n'avoit paru qu' la premire assemble, cause de sa blessure, demeura; mais nous partmes aussitt Brillet et moi ; et sortant par la porte SaintHonor, de peur d'tre...
137 - Poiitoise, qui toit un lieu bien commode et bien situ pour vivre, et d'o mme l'on s'approchoit de la Normandie, qui toit reste dans l'obissance. On et bien pu trouver des endroits convenables au sjour de la cour, mais on craignoit de donner de la jalousie et du soupon M. de Longueville, qui faisoit...