Esprit des lois

 

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lxxviii - Les lois, dans la signification la plus tendue, sont les rapports ncessaires qui drivent de la nature des choses ; et, dans ce sens, tous les tres ont leurs lois : la divinit a ses lois, le monde matriel a ses lois, les intelligences suprieures l'homme ont leurs lois, les btes ont leurs lois, l'homme a ses lois.
243 - La libert politique dans un citoyen est cette tranquillit d'esprit qui provient de l'opinion que chacun a de sa sret ; et pour qu'on ait cette libert , il faut que le gouvernement soit tel qu'un citoyen ne puisse pas craindre un autre citoyen...
35 - L'ambition dans l'oisivet, la bassesse dans l'orgueil, le dsir de s'enrichir sans travail, l'aversion pour la vrit, la flatterie, la trahison, la perfidie, l'abandon de tous ses engagements, le mpris des devoirs du citoyen, la crainte de la vertu du prince, l'esprance de ses faiblesses, et, plus que tout cela, le ridicule perptuel jet sur la vertu, forment, je crois, le caractre du plus grand nombre des courtisans, marqu dans tous les lieux et dans tous les temps.
241 - États modrs : elle n'y est que lorsqu'on n'abuse pas du pouvoir; mais c'est une exprience ternelle, que tout homme qui a du pouvoir est port en abuser; il va jusqu' ce qu'il trouve des limites. Qui le diroit! la vertu mme a besoin de limites. . .Pour qu'on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrte le pouvoir.
247 - Il faut mme que les juges soient de la condition de l'accus, ou ses pairs, pour qu'il ne puisse pas se mettre dans l'esprit qu'il soit tomb entre les mains de gens ports lui faire violence'.
lxxi - J'ai d'abord examin les hommes, et j'ai cru que, dans cette infinie diversit de lois et de murs, ils n'toient pas uniquement conduits par leurs fantaisies. J'ai pos les principes, et j'ai vu les cas particuliers s'y plier comme d'eux-mmes , les histoires de toutes les nations n'en tre que les suites , et chaque loi particulire lie avec une autre loi , ou dpendre d'une autre plus gnrale.
lxxiii - Si je pouvais faire en sorte que tout le monde et de nouvelles raisons pour aimer ses devoirs, son prince, sa patrie, ses lois; qu'on pt mieux sentir son bonheur dans chaque pays, dans chaque gouvernement, dans chaque poste o l'on se trouve, je me croirais le plus heureux des mortels.
203 - Je parle de la rpublique fdrative. Cette forme de gouvernement est une convention par laquelle plusieurs corps politiques consentent devenir citoyens d'un tat plus grand qu'ils veulent former. C'est une socit de socits , qui en font une nouvelle , qui peut s'agrandir par de nouveaux associs qui se sont unis.
lxxx - Avant qu'il y et des lois faites, il y avait des rapports de justice possibles. Dire qu'il n'ya rien de juste ni d'injuste que ce qu'ordonnent ou dfendent les lois positives, c'est dire qu'avant qu'on et trac de cercle, tous les rayons n'taient pas gaux. Il faut donc avouer des rapports d'quit antrieurs la loi positive qui les tablit...
xi - Quand j'ai voyag dans les pays trangers, je m'y suis attach comme au mien propre ; j'ai pris part leur fortune, et j'aurois souhait qu'ils fussent dans un tat florissant.