Histoire impartiale du procs de Louis XVI, ci-devant roi des Franais: ou recueil complet et authentique de tous les rapports faits la Convention nationale-- des diffrentes opinions des reprsentans du peuple ou des particuliers, pronces la Tribune nationale, ou publies par la voie de l'empression; enfin, de toutes les pices qui entreront dans l'instruction de ce grand procs, jusqu'au jugement dfinitif inclusivement, 7-8

Louis Franois Jauffret
C. F. Perlet, 1793
 

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315 - ... je prie tous ceux qui ont de la charit d'unir leurs prires aux miennes, pour obtenir de Dieu le pardon de mes pchs.
317 - ... j'prouve; qu'il ne peut faire le bonheur des peuples qu'en rgnant suivant les lois : mais en mme temps qu'un roi ne peut les faire respecter, et faire le bien qui est dans son cur, qu'autant qu'il a l'autorit ncessaire; et qu'autrement, tant li dans ses oprations et n'inspirant point de respect, il est plus nuisible qu'utile.
316 - ... -Je prie ma femme de me pardonner tous les maux qu'elle souffre pour moi et les chagrins que je pourrais lui avoir donns dans le cours de notre union , comme elle peut tre sre que je ne garde rien contre elle, si elle croyait avoir quelque chose se reprocher.
314 - Dieu de me pardonner tous mes pchs ; j'ai cherch les connatre scrupuleusement, les dtester et m'humilier en sa prsence. Ne pouvant me servir du ministre d'un prtre catholique, je prie Dieu de recevoir la confession que je lui en ai faite, et surtout le repentir profond que j'ai d'avoir mis mon nom (quoique cela ft contre ma volont) des actes qui peuvent estre contraires la discipline et la croyance de l'Église catholique, laquelle je suis toujours rest...
264 - Je dois mon honneur, je dois ma famille de ne point souscrire un jugement qui m'inculpe d'un crime que je ne puis me reprocher; en consquence je dclare que j'interjette appel la nation elle-mme du jugement de ses, reprsentants; je donne, par ces prsentes, pouvoir spcial mes dfenseurs officieux, et charge...
8 - Et moi, messieurs, je crois le veto du roi tellement ncessaire, que j'aimerais mieux vivre Constantinople qu'en France, s'il ne l'avait pas : oui, je le dclare, je ne connatrais rien de plus terrible que l'aristocratie souveraine de six cents personnes, qui demain pourraient se rendre inamovibles, aprs-demain hrditaires, et finiraient, comme les aristocrates de tous les pays du monde, par tout envahir.
316 - Je recommande mes enfants ma femme ; je n'ai jamais dout de sa tendresse maternelle pour eux; je lui recommande surtout d'en faire de bons chrtiens et d'honntes hommes ; de ne leur faire regarder les grandeurs de ce monde-ci ( s'ils sont condamns les prouver) que comme des biens dangereux et prissables , et de tourner leurs regards vers la seule gloire solide et durable de l'ternit.
313 - Paris , par ceux qui taient mes sujets, et priv de toute communication quelconque, mme, depuis le 1 1 du courant, avec ma famille ; de plus , impliqu dans un procs dont il est impossible de prvoir l'issue , cause des passions des hommes, et dont on ne trouve aucun prtexte ni moyens dans aucune loi existante , n'ayant que Dieu pour tmoin de mes penses, et auquel je puisse m'adresser, je dclare ici, en sa prsence, mes dernires volonts et mes sentiments.
316 - Je recommande mon fils, s'il avait le malheur de devenir roi, de songer qu'il se doit tout entier au bonheur de ses concitoyens, qu'il doit oublier toute haine et tout ressentiment, et nommment tout ce qui a rapport aux malheurs et aux chagrins que j'prouve; qu'il ne peut faire le bonheur des peuples qu'en rgnant suivant les lois...
258 - C'est la frugalit qui y est l'avarice, et non pas le dsir d'avoir. Autrefois, le bien des particuliers faisait le trsor public ; mais pour lors le trsor public devient le patrimoine des particuliers. La rpublique est une dpouille ; et sa force n'est plus que le pouvoir de quelques citoyens et la licence de tous.