Les fleurs de la posie franaise: depuis le commencement du XVIe sicle jusqu' nos jours, avec une notice sur chaque pote

A. Mame et cie, 1859 - 388
 

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91 - C'est lui-mme; il m'chauffe, il parle : mes yeux s'ouvrent, Et les sicles obscurs devant moi se dcouvrent. Lvites, de vos sons prtez-moi les accords, Et de ses mouvements secondez les transports. LE CHOEUR chante au son de toute la symphonie des instruments. Que du Seigneur la voix se fasse entendre, Et qu' nos curs son oracle divin Soit ce qu' l'herbe tendre Est, au printemps, la fracheur du matin.
125 - C'est ma seule prison qui t'a ravi ta foi. Ma fille, tendre objet de mes dernires peines, Songe au moins, songe au sang qui coule dans tes veines! C'est le sang de...
156 - Mon beau voyage encore est si loin de sa fin ! Je pars, et des ormeaux qui bordent le chemin J'ai pass les premiers peine. Au banquet de la vie peine commenc, Un instant seulement mes lvres ont press La coupe en mes mains encor pleine...
25 - Vritablement hommes, Et meurent comme nous. Ont-ils rendu l'esprit, ce n'est plus que poussire Que cette majest si pompeuse et si fire Dont l'clat orgueilleux tonnait l'univers; Et dans ces grands tombeaux o leurs mes hautaines Font encore les vaines, Ils sont mangs des vers.
29 - Je suis vaincu du temps ; je cde ses outrages ; Mon esprit seulement, exempt de sa rigueur, A de quoi tmoigner en ses derniers ouvrages Sa premire vigueur. Les puissantes faveurs dont Parnasse m'honore Non loin de mon berceau commencrent leur cours ; Je les possedai jeune, et les possde encore A la fin de mes jours.
125 - C'est le sang des hros dfenseurs de ma loi ; C'est le sang des martyrs.... O fille encor trop chre! Connais-tu ton destin? sais-tu quelle est ta mre? Sais-tu bien qu' l'instant que son flanc mit au jour Ce triste et dernier fruit d'un malheureux amour, Je la vis massacrer par la main forcene, Par la main des brigands qui tu t'es donne...
156 - L'illusion fconde habite dans mon sein. D'une prison sur moi les murs psent en vain, J'ai les ailes de l'esprance.
49 - Ont jadis dans mon camp tenu les premiers rangs ; A ceux qui de leur sang m'ont achet l'empire, Et qui m'ont conserv le jour que je respire ; De la faon enfin qu'avec toi j'ai vcu, Les vainqueurs sont jaloux du bonheur du vaincu.
95 - Fontenay, lieu dlicieux O je vis d'abord la lumire, Bientt au bout de ma carrire, Chez toi je joindrai mes aeux. Muses, qui dans ce lieu champtre Avec soin me ftes nourrir, Beaux arbres, qui m'avez vu natre, Bientt vous me verrez mourir ! Cependant du frais de votre ombre...
73 - , entre mille roseaux , Le Rhin tranquille et fier du progrs de ses eaux , Appuy d'une main sur son urne penchante , Dormait au bruit flatteur de son onde naissante : Lorsqu'un cri , tout coup suiri de mille cris , Vient d'un calme si doux retirer ses esprits.