Philosophie du droit social

E. Plon, Nourrit et cie, 1885 - 323
 

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91 - Celui qui ose entreprendre d'instituer un peuple doit se sentir en tat de changer pour ainsi dire la nature humaine , de transformer chaque individu , qui par lui-mme est un tout parfait et solitaire, en partie d'un plus grand tout dont cet individu reoive en quelque sorte sa vie et son tre; d'altrer la constitution de l'homme pour la renforcer ; de substituer une existence partielle et morale l'existence physique et indpendante que nous avons tous reue de la nature.
84 - Il ya donc une profession de foi purement civile dont il appartient au souverain de fixer les articles, non pas prcisment comme dogmes de religion, mais comme sentiments de sociabilit, sans lesquels il est impossible d'tre bon citoyen ni sujet fidle.
323 - HARVARD LAW LIBRARY FROM THE LIBRARY OF RAMON DE DALMAU Y DE OLIVART MARQUÉS DE OLIVART RECEIVED DECEMBER 31, 1911...
74 - La plus ancienne de toutes les socits, et la seule naturelle, est celle de la famille : encore les enfants ne restent-ils lis au pre qu'aussi longtemps qu'ils ont besoin de lui pour se conserver. Sitt que ce besoin cesse, le lien naturel se dissout. Les enfants, exempts de l'obissance qu'ils devaient au pre ; le pre, exempt des soins qu'il devait aux enfants, rentrent tous galement dans l'indpendance.
84 - L'existence de la Divinit puissante, intelligente, bienfaisante, prvoyante et pourvoyante, la vie venir, le bonheur des justes, le chtiment des mchants, la saintet du contrat social et des lois...
101 - Ces clauses bien entendues se rduisent toutes une seule, savoir l'alination totale de chaque associ avec tous ses droits toute la communaut...
76 - Si donc on carte du pacte social ce qui n'est pas de son essence, on trouvera qu'il se rduit aux termes suivants: " Chacun de nous met en commun sa personne et toute sa puissance sous la suprme direction de la volont gnrale; et nous recevons en corps chaque membre comme partie indivisible du tout.
82 - ... sans pouvoir obliger personne les croire, il peut bannir de l'tat quiconque ne les croit pas ; il peut le bannir, non comme impie , mais comme insociable , comme incapable d'aimer sincrement les lois, la justice, et d'immoler au besoin sa vie son devoir.
83 - Chacun peut avoir au surplus telles opinions qu'il lui plat, sans qu'il appartienne au souverain d'en connatre. Car comme il n'a point de comptence dans l'autre monde, quel que soit le sort des sujets dans la vie venir ce n'est pas son affaire, pourvu qu'ils soient bons citoyens dans celle-ci.