La fin du dix-huitime sicle: tudes et portraits, 2

Hachette, 1880
 

 - 

.

-

320 - Sont rputs gens suspects, i ceux qui , soit par leur conduite, soit par leurs relations , soit par leurs propos ou leurs crits , se sont montrs partisans de la tyrannie ou du fdralisme, et ennemis de la libert ; 2...
360 - La loi donne pour dfenseurs aux patriotes calomnis des jurs patriotes : elle n'en accorde point aux conspirateurs.
55 - Mais quand j'ai pens de plus prs, et qu'aprs avoir trouv la cause de tous nos malheurs, j'ai voulu en dcouvrir la raison, j'ai trouv qu'il y en a une bien effective, qui consiste dans le malheur naturel de notre condition faible et mortelle, et si misrable, que rien ne peut nous consoler, lorsque nous y pensons de prs.
331 - L'illusion fconde habite dans mon sein. D'une prison sur moi les murs psent en vain, J'ai les ailes de l'esprance.
353 - Sauvez-moi. Conservez un bras Qui lance votre foudre, un amant qui vous venge. Mourir sans vider mon carquois! Sans percer, sans fouler, sans ptrir dans leur fange Ces bourreaux barbouilleurs de lois! Ces vers cadavreux de la France asservie, Égorge! O mon cher trsor, O ma plume! fiel, bile, horreur, Dieux de ma vie!
331 - Pales encore a des asiles verts, Les Amours des baisers, les Muses des concerts, Je ne veux point mourir encore.' Ainsi, triste et captif, ma lyre toutefois S'veillait, coutant ces plaintes, cette voix, Ces vux d'une jeune captive ; Et secouant le faix de mes jours languissants, Aux douces lois des vers je pliai les accents De sa bouche aimable et nave.
246 - S'garant son gr, mon ciseau vagabond Achve ce pome ou les pieds ou le front, Creuse l'autre les flancs, puis l'abandonne et vole Travailler cet autre ou la jambe ou l'paule. Tous, boiteux, suspendus, tranent; mais je les vois Tous bientt sur leurs pieds se tenir la fois. Ensemble lentement tous couvs sous mes ailes, Tous ensemble quittant leurs coques maternelles, Sauront d'un beau plumage ensemble se couvrir, Ensemble sous le bois voltiger et courir.
236 - Tantt chez un auteur j'adopte une pense, Mais qui revt, chez moi souvent entrelace, Mes images, mes tours, jeune et frais ornement; Tantt je ne retiens que les mots seulement; J'en dtourne le sens, et l'art sait les contraindre Vers des objets nouveaux qu'ils s'tonnent dpeindre.
335 - Les enfants qui suivaient ses bats dans la plaine, Les vierges aux belles couleurs Qui le baisaient en foule, et sur sa blanche laine Entrelaaient rubans et fleurs, Sans plus penser lui, le mangent s'il est tendre. Dans cet abme enseveli, J'ai le mme destin.
331 - Je ne suis qu'au printemps, je veux voir la moisson, Et, comme le soleil, de saison en saison, Je veux achever mon anne. Brillante sur ma tige, et l'honneur du jardin, Je n'ai vu luire encor que les feux du matin ; Je veux achever ma journe.