Ouverture des États-gnraux, faite Versailles le 5 mai 1789

De l'Imprimerie ordinaire du Roi, Quatrier de la Krautenau n0 15., 1789 - 114
 

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3 - Messieurs, ce jour que mon cur attendait depuis longtemps est enfin arriv, et je me vois entour des reprsentants de la nation laquelle je me fais gloire de commander. Un long intervalle s'tait coul depuis la dernire tenue des États gnraux ; et quoique la convocation de ces assembles part tre tombe en dsutude, je n'ai pas balanc rtablir un usage dont le royaume peut tirer une nouvelle force, et qui peut ouvrir la nation une nouvelle source de bonheur.
5 - Rois a toujours fait le caractre distinctif : j'loignerai tout autre souvenir. Je connois l'autorit et la puissance d'un Roi juste au milieu d'un peuple fidelle et attach de tout temps aux principes de la Monarchie : ils ont fait la gloire et l'clat de la France ; je dois en tre le soutien, et je le serai constamment.
6 - Puisse, messieurs, un heureux accord rgner dans cette assemble, et cette poque devenir jamais mmorable pour le bonheur et la prosprit du royaume ! c'est le souhait de mon cur, c'est le plus ardent de mes vux, c'est enfin le prix que j'attends de la droiture de mes intentions et de mon amour pour mes peuples.
4 - C'est dans cette confiance. Messieurs, que je vous ai rassembls, et je vois avec sensibilit qu'elle a dj t justifie par les dispositions que les deux premiers Ordres ont montres renoncer leurs privilges pcuniaires.
3 - La dette de l'État, dj immense mon avnement au trne, s'est encore accrue sous mon rgne. Une guerre dispendieuse, mais honorable , en a t la cause; l'augmentation des impts en a t la suite ncessaire, et a rendu plus sensible leur ingale rpartition. Une inquitude gnrale...
13 - ... donc pas une manire de partager l'impt, ou plutt n'tait-ce pas un impt rel que ce service militaire que l'on a mme vu plusieurs fois concourir avec des contributions volontaires? Aujourd'hui que l'Église a des richesses considrables, que la noblesse obtient des rcompenses honorifiques et pcuniaires, les possessions de ces deux ordres doivent subir la loi commune. Nous aimons le rpter, leur acquiescement cette loi eut, dans sa premire forme, toute la vivacit...
4 - J'ai dj ordonn dans les dpenses des retranchemens considrables. Vous me prsenterez encore cet gard des ides que je recevrai avec empressement ; mais , malgr la ressource que peut offrir l'conomie la plus svre , je crains . Messieurs , de ne pouvoir pas soulager mes sujets aussi promptement que je le dsirerais. Je ferai mettre sous vos yeux la situation exacte des finances , et quand vous l'aurez examine , je suis assur d'avance que Vous me proposerez les moyens les...
106 - ... du moins en obscurcir l'clat, que de soumettre cette dcision la dlibration des trois ordres runis : une possession qui remonte aux temps les plus reculs de la monarchie est un titre qui devient encore plus digne de respect au moment o ceux qui en jouissent sont disposs y renoncer. Il est donc juste, il est raisonnable que les dputs des communes laissent aux reprsentants des deux premiers ordres tout l'honneur d'un tel sacrifice.
65 - ... il fallait appeler de nouveaux garans de la scurit publique , et placer, pour ainsi dire, l'ordre des finances sous la garde de la nation entire. C'est alors, en effet, qu'on cessera de rapporter le crdit des circonstances passagres ; c'est alors que les inquitudes sur l'avenir ne troubleront...
13 - ... grands frais d'une extrmit du royaume l'autre, avec leurs armes, leurs hommes, leurs chevaux, leurs quipages de guerre ; de supporter des pertes souvent ruineuses, et, quand le sort des combats avait mis leur libert la merci d'un vainqueur avare, de payer une ranon toujours mesure sur son insatiable avidit...