Leons franaise de littrature et de morale

Hauman, 1835
 

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118 - Conscience! conscience! instinct divin, immortelle et cleste voix; guide assur d'un tre ignorant et born, mais intelligent et libre; juge infaillible du bien et du mal, qui rends l'homme semblable Dieu, c'est toi qui fais l'excellence de sa nature et la moralit de ses actions...
116 - L'ÉVANGILE. La majest des Écritures m'tonne ; la saintet de l'Évangile parle mon cur. Voyez les livres des philosophes avec toute leur pompe ; qu'ils sont petits prs de celui-l ! Se peut-il qu'un livre , la fois si sublime et si simple, soit l'ouvrage des hommes? Se peut-il que celui dont il fait l'histoire ne soit qu'un homme lui-mme ? Est-ce l le ton d'un enthousiaste ou d'un ambitieux sectaire?
166 - Au banquet de la vie, infortun convive, J'apparus un jour, et je meurs ; Je meurs, et sur ma tombe, o lentement j'arrive, Nul ne viendra verser des pleurs.
166 - J'ai pass les premiers peine. Au banquet de la vie peine commenc Un instant seulement mes lvres ont press La coupe en mes mains encor pleine. Je ne suis qu'au printemps, je veux voir la moisson, Et, comme le soleil, de saison en saison, Je veux achever mon anne. Brillante sur ma tige, et l'honneur du jardin, Je n'ai vu luire encor que les feux du matin ; Je veux achever ma journe.
122 - Nous avons beau enfler nos conceptions au del des espaces imaginables, nous n'enfantons que des atomes, au prix de la ralit des choses. C'est une sphre infinie dont le centre est partout, la circonfrence nulle part.
143 - ... c'est plutt une gloire cleste qu'une lumire : elle pntre plus subtilement les corps les plus pais, que les rayons du soleil ne pntrent le plus pur cristal ; elle n'blouit jamais ; au contraire, elle fortifie les yeux, et porte dans le fond de l'me je ne sais quelle srnit.
89 - Qui, brlants et priants, demandent chaque jour Et prchent la retraite au milieu de la cour ; Qui savent ajuster leur zle avec leurs vices, Sont prompts, vindicatifs, sans foi, pleins d'artifices, Et, pour perdre quelqu'un, couvrent insolemment De l'intrt du Ciel leur fier ressentiment...
4 - Quelque sujet qu'on traite, ou plaisant ou sublime, Que toujours le bon sens s'accorde avec la rime. L'un l'autre vainement ils semblent se har : La rime est une esclave et ne doit qu'obir. Lorsqu' la bien chercher d'abord on s'vertue, L'esprit la trouver aisment s'habitue ; Au joug de la raison sans peine elle flchit , Et , loin de la gner, la sert et l'enrichit.
4 - N'offrez rien au lecteur que ce qui peut lui plaire. Ayez pour la cadence une oreille svre ; Que toujours dans vos vers le sens coupant les mots Suspende l'hmistiche, en marque le repos.
178 - France, mais aujourd'hui obscurcies et couvertes de votre douleur comme d'un nuage ; venez voir le peu qui nous reste d'une si auguste naissance, de tant de grandeur, de tant de gloire. Jetez les yeux de toutes parts : voil tout ce qu'a pu faire la magnificence et la pit...