Collection complte des uvres de J.J. Rousseau: Emile

 

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151 - Je regarde toutes les religions particulires comme autant d'institutions salutaires qui prescrivent dans chaque pays une manire uniforme d'honorer Dieu par un culte public, et qui peuvent toutes avoir leurs raisons dans le climat, dans le gouvernement, dans le gnie du peuple, ou dans quelque autre cause locale qui rend l'une prfrable l'autre...
150 - Du sein du plus furieux fanatisme la plus haute sagesse se fit entendre, et la simplicit des plus hroques vertus honora le plus vil de tous les peuples.
24 - Chacun fait bien que fon fyftme n'eft pas mieux fond que les autres ; mais il le foutient parce qu'il eft lui. Il n'y en a pas un feul, qui , venant connotre le vrai & le faux , ne prfrt le menfonge qu'il a trouv , la vrit dcouverte par un autre. O eft le Philofophe , qui , pour fa gloire , ne tromperoit pas volontiers le genre...
69 - Une si choquante dissonance dans l'harmonie universelle me ferait chercher la rsoudre. Je me dirais : Tout ne finit pas pour nous avec la vie, tout rentre dans l'ordre la mort.
116 - Dans les livres. Et qui a fait ces livres ? Des hommes. Et qui a vu ces prodiges ? Des hommes qui les attestent. Quoi ! toujours des tmoignages humains ! toujours des hommes qui me rapportent ce que d'autres hommes ont rapport ! que d'hommes entre Dieu et moi 14 ! Voyons toutefois, examinons, comparons, vrifions.
109 - Les plus grandes ides de la divinit nous viennent par la raison seule. Voyez le spectacle de la nature, coutez la voix intrieure. Dieu n'at-il pas tout dit nos yeux, notre conscience, notre jugement?
22 - ... prtendu , n'ignorant rien , ne prouvant rien , fe moquant les uns des autres; & ce point commun tous, me parut le feul fur lequel ils ont tous raifon.
69 - O Brutus! mon fils! ne souille point ta noble vie en la finissant; ne laisse point ton espoir et ta gloire avec ton corps aux champs de Philippes. Pourquoi dis-tu , La vertu nest rien, quand tu vas jouir du prix de la tienne? Tu vas mourir, penses-tu : non , tu vas vivre, et c'est alors que je tiendrai tout ce que je t'ai promis.
111 - Dieu veut tre ador en esprit et en vrit : ce devoir est de toutes les religions, de tous les pays, de tous les hommes. Quant au culte extrieur, s'il doit tre uniforme pour le bon ordre, c'est purement une affaire de police; il ne faut point de rvlation pour cela.
110 - C'est avoir une vanit bien folle de s'imaginer que Dieu prenne un si grand intrt la forme de l'habit du prtre, l'ordre des mots qu'il prononce, aux gestes qu'il fait l'autel, et toutes ses gnuflexions.