Oeuvres, 2

Lefvre, 1844
 

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170 - ... natre, ayant achev de parcourir le cercle des sciences humaines, s'aperut de leur nant, et tourna ses penses vers la religion ; qui, depuis ce moment jusqu' sa mort, arrive dans sa trente-neuvime anne, toujours infirme et souffrant, fixa la langue que parlrent Bossuet et Racine, donna le modle de la plus parfaite plaisanterie comme du raisonnement le plus fort; enfin qui, dans les courts intervalles, de ses maux, rsolut par abstraction un des plus hauts problmes de la...
283 - Un jour le laboureur, dans ces mmes sillons O dorment les dbris de tant de bataillons, Heurtant avec le soc leur antique dpouille, Trouvera, plein d'effroi, des dards rongs de rouille, Verra de vieux tombeaux sous ses pas s'crouler, Et des soldats romains les ossements rouler.
114 - C'est toi, divin caf, dont l'aimable liqueur Sans altrer la tte panouit le cur. Aussi, quand mon palais est mouss par l'ge, Avec plaisir encor je gote ton breuvage. Que j'aime prparer ton nectar prcieux ! Nul n'usurpe chez moi ce soin dlicieux. Sur le rchaud brlant moi seul, tournant ta graine, A l'or de ta couleur fais succder l'bne; Moi seul contre la noix, qu'arment ses dents de iy, Je fais, en le broyant, crier ton fruit amer...
354 - Le cristal d'un ruisseau qui rajeunit les prs, Et roule une eau d'argent sur des sables dors, Rien ne peut des troupeaux ranimer la faiblesse ; Leurs flancs sont dcharns ; une morne tristesse De leurs stupides yeux teint le mouvement, Et leur front affaiss tombe languissamment.
169 - II y avait un homme qui, douze ans, avec des barres et des ronds, avait cr les mathmatiques ; qui, seize, avait fait le plus savant trait des coniques qu'on et vu depuis l'antiquit ; qui, dix-neuf, rduisit en machine une science qui existe tout entire dans l'entendement...
336 - Kidle - ses besoins, ses travaux docile, La terre lui fournit un aliment facile. Sans doute il ne voit pas, au retour du soleil, De leur patron superbe adorant le rveil, Sous les lambris pompeux de ses toits magnifiques. Des flots d'adulateurs inonder ses portiques; II ue voit pas le peuple y dvorer des yeux De riches tapis d'or, des vases prcieux ; D'agrables poisons ne brlent point ses veines; Tyr n'altra jamais' la blancheur de ses laines ; II n'a point tous ces arts qui trompent...
115 - Suis d'un il attentif tes lgers tourbillons. Enfin, de ta liqueur lentement repose, Dans le vase fumant la lie est dpose ; Ma coupe, ton nectar, le miel amricain, Que du suc des roseaux exprima l'Africain, Tout est prt : du Japon l'email reoit tes ondes. Et seul tu runis les tributs des deux mondes. Viens donc, divin nectar, viens donc, inspire-moi ! Je ne veux qu'un dsert, mon Antigone, et toi.
369 - M'entrane loin du jour, hlas ! et loin de toi. Elle dit, et soudain dans les airs s'vapore ; Orphe en vain l'appelle , en vain la suit encore, ll n'embrasse qu'une ombre : et l'horrible nocher De ces bords dsormais lui dfend d'approcher. Alors deux fois priv d'une pouse si chre, O porter sa douleur? o traner sa misre?
169 - ... dmontra les phnomnes de la pesanteur de l'air et dtruisit une des grandes erreurs de l'ancienne physique; qui, cet ge o les autres hommes commencent peine de natre, ayant achev de parcourir le cercle des sciences humaines, s'aperut de leur nant et tourna ses...
368 - Il chantait; et, ravis jusqu'au fond des enfers, Au bruit harmonieux de ses tendres concerts, Les lgers habitants de ces obscurs royaumes, Des spectres plissants, de livides fantmes, Accouraient, plus...