Textes classiques de la littrature franaise: extraits des grands crivains franćais. Moyen Âge, XVIe et XVIIe sicles, 1

Hachette, 1889 - 559
 

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429 - Le second, de diviser chacune des difficults que j'examinerais en autant de parcelles qu'il se pourrait et qu'il serait requis pour les mieux rsoudre. Le troisime, de conduire par ordre mes penses, en commenant par les objets les plus simples et les plus, aiss connatre, pour monter peu peu comme par degrs jusques la connaissance des plus composs, et supposant mme de l'ordre entre ceux qui ne se prcdent point naturellement les uns les autres.
429 - Le premier tait de ne recevoir jamais aucune chose pour vraie que je ne la connusse videmment tre telle; c'est--dire d'viter soigneusement la prcipitation et la prvention, et de ne comprendre rien de plus en mes jugements que ce qui se prsenterait si clairement et si distinctement mon esprit que je n'eusse aucune occasion de le mettre en doute.
447 - Celui qui rgne dans les cieux, et de qui relvent tous les empires, qui seul appartient la gloire, la majest et l'indpendance, est aussi le seul qui se glorifie de faire la loi aux rois, et de leur donner, quand il lui plat, de grandes et de terribles leons...
438 - Qu'un ciron lui offre, dans la petitesse de son corps, des parties incomparablement plus petites, des jambes avec des jointures, des veines dans ces jambes, du sang dans ces veines, des humeurs dans ce sang, des gouttes dans ces humeurs, des...
405 - L'ne vint son tour, et dit : J'ai souvenance Qu'en un pr de moines passant, La faim, l'occasion, l'herbe tendre, et, je pense, Quelque diable aussi me poussant, Je tondis de ce pr la largeur de ma langue. Je n'en avais nul droit, puisqu'il faut parler net.
250 - J'entre en une humeur noire, en un chagrin profond, Quand je vois vivre entre eux, les hommes comme ils font ; Je ne trouve partout, que lche flatterie, Qu'injustice, intrt, trahison, fourberie; Je n'y puis plus tenir, j'enrage, et mon dessein Est de rompre en visire tout le genre humain.
384 - LE CHÊNE ET LE ROSEAU Le chne un jour dit au roseau : "Vous avez bien sujet d'accuser la nature : Un roitelet pour vous est un pesant fardeau. Le moindre vent qui d'aventure Fait rider la face de l'eau Vous oblige baisser la tte : Cependant que mon front, au Caucase pareil, Non content d'arrter les rayons du soleil, Brave l'effort de la tempte.
290 - Hlas ! mon pauvre argent ! mon pauvre argent ! mon cher ami ! on m'a priv de toi ; et, puisque tu m'es enlev, j'ai perdu mon support, ma consolation, ma joie : tout est fini pour moi, et je n'ai plus que faire au monde. Sans toi, il m'est impossible de vivre. C'en est fait : je n'en puis plus ; je me meurs ; je suis mort ; je suis enterr.
405 - J'ai dvor force moutons. Que m'avaient-ils fait ? nulle offense. Mme il m'est arriv quelquefois de manger Le berger. Je me dvouerai donc, s'il le faut : mais je pense Qu'il est bon que chacun s'accuse ainsi que moi ; Car on doit souhaiter, selon toute justice, Que le plus coupable prisse.
362 - II n'est point de serpent ni de monstre odieux, Qui, par l'art imit, ne puisse plaire aux yeux : D'un pinceau dlicat l'artifice agrable Du plus affreux objet fait un objet aimable.