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successeur le duc d'Aiguillon, envers les Jésuites et le cardinal de Bernis. M. de Saint-Priest et ses jugements sur les complaisances des Jésuites pour le duc d'Aiguillon et Mme Dubarry.-Bernardine Benuzzi s'érigeant en prophétesse, et annonçant la vacance du Saint-Siége.- Persistance des ministres espagnols à demander la suppression et à menacer le Pape. - Réponse de Clément XIV à une proposition de Florida Blanca.- Il se tourne vers la Cour de Vienne, en désespoir de cause. – Enfin, le Bref de suppression est rédigé. Paroles de Clément XIV, après qu'il l'eut signé. — Dispositions du Pape concernant les Jésuites. — Condescendance secrète envers le P. Castaguti. – La Cour d'Espagne, après la mort de Cléinent XIV, demande à disposer des Jé. suites renfermés au château Saint-Ange. – Mémoire de Madame Louise à Louis XV.- Démarches de Malvin de Montazet , archevêque de Lyon, contre les Jésuites. — Une lettre de Bernis au duc d'Aiguillon.

Dès le temps de Clément XIII, l'impiété haineuse des philosophes et la foi séduite des monarques avaient imploré contre la Compagnie de Jésus le secours du Saint-Siége; mais le Pape, au lieu de maudire une des tribus d'Israël , répondait toujours par de nouvelles bénédictions.

Dans un monument authentique, le rapport du fiscal Guttierez, dont les éléments furent empruntés, en 1815, aux archives mêmes du cabinet espagnol, on voit que, dès le 13 octobre et le 30 novembre 1767, la cour de France et celle d'Espagne avaient résolu de poursuivre l'entière extinction de la Société de Jésus. Elles avaient seulement remis l'accomplissement de leur dessein jusqu'au jour où l'on trouverait les moyens opportuns (1).

(1) Le P. Cahour, des Jésuites, 2° partie , pag. 262 et suiv. Lamache , pag. 168.

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Le 3 février 1768, Ferdinand, duc de Parme, imitant l'exemple du Portugal, de la France, de l'Espagne et de Naples, avait enjoint aux Jésuites de quitter surle-champ ses Etats. Avant cette époque déjà , imitant la conduite de son père qui, dès le 25 octobre 1761, lui avait donné de si funestes leçons, il publia en 1765 un Edit par lequel il statuait : – Premièrement, que nul de ses sujets ne pourrait à l'avenir porter une cause quelconque devant des tribunaux étrangers, ni recevoir des bénéfices ou des dignités ecclésiastiques, sans son agrément; secondement, que les dignités et bénéfices ne pourraient être possédés, dans ses Elats, par des étrangers , non plus que les abbayes, pensions et charges emportant juridiction; – troisièmement, que tout écrit, leltre, sentence, décret, bulle ou bref, venant de Rome, ou de quelque pays que ce fût, était nul et sans effet, à moins d'être vevêtu du royal erequatur de la cour de Parme. Clément XIII regardant ces mesures comme souverainement attentatoires aux immunités ecclésiastiques et à l'autorité ecclésiastique, dans un Etat surtout que le Saint-Siége soutenait lui appartenir par un droit légitime (1), ne put rester plus long-temps dans cette prudente longanimité qui n'avait

(1) Novaes, Vita di Clem. XI, tom. XII, pag. 285 de ses Elementi della Storia de' Sommi Pontefici.

le

rien apaisé, et voulut recourir à tous les moyens capables de réparer tant de maux. Il publia done, 30 janvier, un Bref qu'il savait bien ne pouvoir pénétrer en toute sûreté dans les Etats de Parme, de Plaisance et de Guastalla, mais qui fut affiché à Rome aux endroits accoutumés. Par ce Bref, le Pape condamnait un Edit promulgué, disait-il, dans son duché de Parme, par une autorité séculière illégitime. En vertu donc des saints canons, des décrets des conciles généraux et des constitutions apostoliques, principalement de la bulle in Cæna Domini, il déclarait atteint de censures les auteurs et exécuteurs de cet Edit , s'ils ne se rétraciaient , et finissait par enjoindre aux évêques de Parme, de Plaisance et de Borgo San Donino , qu'ils eussent à ne pas permettre l'exécution de lois ainsi condamnées (1).

Le duc de Parme invoqua l'appui des cours Bourbonniennes, qui protestèrent de la nullité de ce Bref, parce que, disaient-elles, il n'avait pas été accepté par les couronnes de France et d'Espagne, et ne sollicitèrent que plus vivement du Pape le retrait de son Bref contre le duché de Parme, puis la suppression totale des Jésuites. Schoell retrace ainsi cette première scène d'intimida

(1) Constit. Alias ad apostolatus, etc., dans Guerra, Epit. Bullar.; tom. II, pag. 426.

tion : « L'ambassadeur d'Espagne remit au Pape le mémorial des trois cours. Sans lui laisser le temps de parler, le Pape dit qu'il était résolu de ne pas agir contre sa conscience, comme il serait obligé de faire en se rétractant. « La menace d'entrer à force armée dans nos « Etats, ajouta-t-il, est inutile. Quand même nous aua rions assez de troupes pour nous y opposer, nous ne « nous en servirions pas. Père commun des fidèles , je « n'aurai jamais la guerre avec des princes chrétiens, » moins encore avec des catholiques. Mes sujets étant « étrangers à cette affaire, j'espère que les souverains « ne leur feront pas éprouver l'effet de leur méconten« tement. Que s'ils en veulent à ma personne, et que « Jeur dessein soit de m'expulser de Rome, je déclare « que, à l'exemple de mes prédécesseurs, je choisirai « l'exil plutôt que de trahir la cause de la religion et « de l'Eglise. » Après avoir cessé de parler; le souverain Pontife, sans permettre à l'ambassadeur d'Espagne de répliquer, ordonna qu'on ouvrit les portes, en signe que l'audience était finie (1). »

Clément XIII n'avait pas été heureux du côté de Naples ; il avait, en effet, ordonné à l'évèque Sanseverino de quitler la Cour, et de se retirer dans son diocèse ; mais, sous prétexte que cet évêque avail eté

(1) Cours d'histoire , etc., tom. XLIV.

nommé confesseur du roi, on trouva moyen d'ôter au Pape jusqu'à cette faible satisfaction (1). En même temps , Ferdinand IV ordonna à un corps de troupes d'envahir Ponte-Corvo, sur les confins de l'Etat ecclésiastique, et le duché de Bénévent, que l'Eglise romaine possédait depuis l'an 1052, époque à laquelle la ville fut donnée par l'empereur Henri III à Léon IX, contre le dégrèvement d'une redevance de cent marcs d'argent et d'une haquenée. Cette somme devait se payer annuellement au Souverain Pontife par la cathédrale de Bamberg, fondée par le même empereur Henri, sous le pontificat de Benoit VIJI, dont il la rendit feudataire (2).

D'un autre côté, un corps de troupes françaises, avec le président du Parlement de Provence et huit conseillers, était aller tout-à-coup se saisir d'Avignon et de Carpentras, dans le Comtat Venaissin. Pourtant, ce petit Etat, où les Jésuites se trouvaient encore en possession de leurs maisons, appartenait au SaintSiége, depuis près de quatre siècles ; Clément VI l'avait légitimement acquis, pour la somme de quatre-vingt mille florins, en 1348, de Jeanne I d'Anjou, reine de Naples, comtesse de Provence (3) ; la vente avait été

(1) Novaes , tom. XV, pag. 116.
(2) Ibid., tom. II, page 241.-tom. XV, pag. 137.
(3) Ibid., lom. IV, pag. 147.

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