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salles de l'Université, au troisième étage; ils couchent dans de vastes dortoirs, au milieu desquels sont placées les salles d'études; de telle façon que le bout des tables louche au pied des lils. Les classes se font au premier étage , dans les salles qui font suite aux bureaux de l'Université et donnent sur une arrière-cour. Celui des Jésuites renferme de vastes jardins, une haute église qui touche à quatre rues différentes, et dont la principale façade est une des plus belles de Naples, après le palais du roi. Et, si l'on regarde au nombre des élèves, la différence n'est pas moins frappante. L'un des Colléges est en pleine prospérité, tandis que l'autre se traîne et languit, bien qu'il ait réduit le prix de la pension à six ducats par mois. »

Le parallèle établi entre l'Université sicilienne et la Société de Jésus continue ; il s'étend jusqu'au corps enseignant de France. Le plan suivi par les enfants de saint Ignace est le même que celui de tous les Colleges de l'Institut. A Naples seulement, il agit sur des natures que la beauté du climat doit rendre plus efféminées et moins propres aux sciences. M Pelit de Baroncourt ajoute :

« Arrivons maintenant aux établissements qui ne sont pas placés sous la surveillance de l'Etat.

Ce sont d'abord les deux Colléges dirigés à Naples par les Pères Barnabites et celui qui appartient aux

Frères des Ecoles pies (Scolopii); mais les plus dignes d'attention sont les établissements gouvernés par les Pères de la Compagnie de Jésus. Ceux-ci possèdent quatre Colléges dans le royaume de Naples, savoir : à Naples , à Lecce, à Aquila et à Salerne; ils ont en outre quinze Colléges en Sicile. Celui de Palerme, entre autres, est un établissement magnifique, dont les richesses sont considérables et dont la bibliothèque fait l'admiration des étrangers.

« La maison de Naples (1) contient environ quatrevingts élèves pensionnaires; on lui donne le nom de Collège des Nobles, parce qu'on n'y admet que des enfants appartenant aux premières familles. Elle admet en outre dans les classes plus de douze cents externes

(1) Le Collége de Naples dont il est question dans le rapport universitaire s'appelle il convitto de' Nobili; il fut ouvert le 3 décembre 1823. C'est un ancien couvent de Basiliens que le roi François 1er accorda aux Jésuites par décret du 15 septembre 1826. Sa munificence fit reslaurer l'établissement; lé Monarque voulut que la majson füt diguement appropriée à l'usage auquel il la destinail. Le roi Ferdinand II l'a prise sous sa protection, et il ne cesse d'encourager les Pères dans la mission qu'ils s'imposent. Afin de leur témoigoer la bienveillance spéciale qu'il porle aux lettres , aux sciences et aux honnes études , le Roi accorde des priviléges aux élèves qui se distinguent par leur travail ou leur piété. Sous la direction du Père Latini, cet établissement est devenu un modèle de régularité, de perfectionnement , de progrès littéraires et scientifiques. Il compte parmi ses élèves actuels les enfants des plus grandes familles du royaume et les fils de trois ministres du Roi, le chevalier de Santangelo, le prince di Trabja et le prince di Comitini.

qui suivent les cours gratuitement. Cette année même, au dire d'un des Pères, savant professeur de l'établissement, ils ont refusé d'en recevoir plus de cinq cents, faute de place. A quelques pas de là, le lycée universitaire del Salvatore n'a pas cinquante externes.

« Les classes sont divisées en classes élémentaires et en classes supérieures; les premières s'étendent jusqu'à la rhétorique inclusivement. Elles comprennent trois années, ou quatre au plus, pour les classes dites de grammaire, qui embrassent l'étude des principes du latin, du grec et de l'italien; une année pour la classe dite d'Humanités , qui correspond à la seconde de nos colléges, et une année pour la rhétorique; en tout cinq ans, ou six ans au plus. Les classes supérieures comprennent deux ans, pendant lesquels les élèves étudient la philosophie, les principes du droit naturel et du droit civil, la physique, la chimie et les mathématiques élémentaires. Il existe une troisième année pour les classes supérieures, dans laquelle on étudie la langue hébraïque, l'éloquence et les lettres sacrées, le droit canon, la théologie et les mathématiques transcendantes; mais presque toujours le cours des études est regardé comme fini au bout de la seconde année, surtout pour les élèves qui doivent entrer dans les carrières civiles. Cette distribution des études, comparée à celle des classes de l'Université de France, contient,

comme on le voit, des différences notables : l'étude des langues anciennes est comprise dans un espace de cinq ou, à la rigueur, de six années, au lieu de sept et même de huit années employées au même objet dans nos Colléges; secondement, à partir de la philosophie, l'étude élémentaire des sciences est concentrée en deux années pleines, au lieu d'être intercalée dans le cours des lettres anciennes, à partir de la quatrième classe.

« Quant à la force des études , les élèves dans les classes d'Humanités peuvent soutenir la comparaison avec ceux de nos Colléges pour le latin; mais il n'en est pas de même pour la langue grecque. La seule langue moderne qui y soit enseignée est la langue française; car la France, selon la pittoresque expression d'un révérend Père du Collége de Salerne, est la seconde patrie de tout le monde. A la rhétorique est joint un cours d'archéologie et d'architecture grecque et romaine. Quant aux cours scientifiques, ils sont, vis-àvis des nôtres , d'une supériorité incontestable (1).

(1) Cité par Crétineau-Joly, tom. VI, pag. 562-566.

CHAPITRE XI.

NÉGOCIATIONS DES COURS BOURBOXXIENNES

POUR LA SUPPRESSION GÉNÉRALE.

La Cour de France et celle d'Espagne résolvent ensemble la suppression des Jé

suites. - Ferdinand, duc de Parmie, les supprime dans ses Etats; diverses inesures qu'il prend contre Rome. - Bref de Clément XIII déclarant le duc de

Parme déchu. – Irritation des Cours. - Celle de France en vahit le comtat Venaissin ; celui de Naples , Ponte-Corvo et Bénévent. — Choiseul avait eu le dessein d'affamer Rome. - Singulier jugement de M. Saint-Priest sur la conduite de ce ministre. — Il accuse les Jésuites d'avo ir intrigué pour l'élection d'un nouveau Pape. - Ganganelli ( Clément XIV ) : son caractère. Avail-il promis, avant son exaltation, d'accéder à la suppression de l'Ordre? Révélations de l'abbé Clément , Janseniste , sur les ressorts que la diplo. matie fit jouer. – Suivant Bourgoing, ce fut le comte de Florida Blanca qui arracha à Clément XIV le Bref de 1773. – Ce que disent sur le même sujet Carraccioli et l'abbé Georgel. – Lettre du cardinal de Bernis sur les temporisations du Pape. - Tanucci , ministre de Naples, fait enlever les (marbres du palais Farnèse, pour humilier le Pape. — Le duc de Toscane imite cet exempple pour la villa Medici. – Chute de Choiseul.- Indigne conduite de son

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