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lides , et pour les vagabouds valides, des institutions qui, les enlevant à l'oisiveté dans laquelle ils étaient onéreux et pernicieux pour l'Etat, les ont rendus utiles à la société, en leur enseignant les arts qui lui sont nécessaires. Ces mêmes soins ont soulagé les communes, en leur faisant remise des prestations annuelles qu'elles accordaient aux élèves chassés des écoles; aidé les habitants des campagnes par la division de vastes domaines en petits fermages; secouru par les aumônes fixes de chaque jour les personnes honnêtes qui sont dans les besoin ; ajouté à ces premières mesures ou préparé un grand nombre d'autres cuvres dans l'intérêt public, pour le culte divin et les exercices de la religion. Maintenant que les biens de la Compagnie expulsée ont abondamment pourvu aux exigences de la piété publique, et quant aux sanctuaires , persuadé qu'il est temps aujourd'hui de répéter l’averlissement donné par Moïse, inspiré de Dieu et conducteur du peuple hébreu, de ne plus porter de présents à l'Arche sainte, jetant donc nos regards sur le moyen de sustenter les familles de nos sujets et sur leur besoin de sécurité à l'endroit des biens qu'elles possèdent , nous en sommes venu à résoudre et à déclarer par le présent édit la nullité de toutes les substitutions ou réclamations, non encore vérifiées, du chef des Jésuites expulsés, notre volonté royale étant que les biens com,

pris dans ces substitutions, ou qui feraient l'objet de ces réclamations, restent à la libre disposition du dernier possesseur laïque, après lequel les Jésuites auraient été appelés. – Naples, 28 juillet 1768. — Ferdinand, roi (1). ”

Le roi Ferdinand eut le temps d'apprendre, comme bien d'autres souverains, qu'on s'était honteusement trompé sur les véritables ennemis des trônes, et que, avec les Jésuites de moins, les révolutions politiques n'avaient pas disparu de la terre. Ce même prince qui, trop jeune pour agir par lui-même , avait chassé les Jésuites et confisqué leurs biens, vit sa couronne passer en des mains étrangères, et ce n'étaient ni les Jésuites, ni leurs partisans, qui la lui avaient ravie. Aussi, quand il fut remonté sur le trône, et que les circonstances le lui permirent, s'empressa-t-il de réparer ses torts envers la Compagnie de Jésus. Il demanda que le bref de Pie VII, en faveur des Jésuites de Russie, fût étendu à ses Etats, réclama ces Religieux qu'il avait proscrits, et offrit de leur rendre la portion de leurs biens qui n'avait pas été vendue. Pie VII accéda volontiers à sa demande, et, par un bref du 31 juillet 1804, adressé au P. Gruber, supérieur de la congrégation de Russie, et successeur du P. Kareu, il permit à tous les sujets du

(1) Colleta , Storia del Reame di Napoli, tom. II, pag. 8.

roi de Naples qui voudraient entrer dans l'Ordre, de le faire, d'y suivre la Règle de saint Ignace, d'y prêcher, d'y confesser avec l'approbation de l'ordinaire, et d'y élever la jeunesse dans les séminaires et les colléges.

Ce bref fut lu à Naples le 2 août, et y excita une satisfaction générale. Beaucoup de sujets demandèrent sur-le-champ à entrer dans l'Ordre. Les particuliers les plus riches s'empressèrent, ainsi que le souverain, de contribuer aux frais de l'établissement. En peu de temps, il se forma, dans Naples seulement , trois maisons de Jésuites, et l'ardeur avec laquelle on les accueillit dans cette ville et dans le reste du royaume, contrastait d'une manière bien frappante avec les mauvais traitements qu'ils y avaient essuyés près de quarante ans auparavant. C'était une espèce de révolution non moins étonnante que celle qui avait attaqué tout-à-coup, et presque anéanti cet Ordre si célèbre et si recommanda

ble (1).

La Révolution qui survint à Naples, peu de temps après (1805), détruisit sur le continent celte cuvre naissante; mais la Société subsista en Sicile, et déjà , en 1814, il y avait dans cette ile quatre colleges sans compter le noviciat (2). A cette même époque,

(1) Picol, Mémoires , lom. III , pag. 388.
(2) L'Ami de la Religion , tom. II, pag. 75.

les Jésuites de Sicile étaient au nombre de deux cents (1).

Maintenant, si l'on veut savoir ce que sont devenus les Colléges confiés aux Jésuites , le rapport d'un en. voyé du gouvernement français nous montrera que l'enseignement donné par ces Religieux, dans les DeuxSiciles, ne le cède ni en améliorations ni en succès à celui qui est imposé aux sujets du royaume trèschrétien.

A la fin de 1845, M. Petit de Baroncourt, chargé par le Ministre de l'instruction publique en France de visiter les divers établissements d'éducation dans le royau. me des Deux-Siciles, adresse son rapport au grandmaitre. Le Français est amené à comparer les résultats obtenus par les Universitaires napolitains et par les Jésuites, et s'exprime ainsi : « L'Université est subordonnée au ministère de l'intérieur, et n'a presque aucune influence dans la nomination de ses membres ; elle confère seulement les grades dans les divers Facultés, et tient sous sa juridiction les colléges et les écoles privées. A la tête se trouve un président de l'instruction publique , un conseil général ( giunta di publica instruzione), un secrétaire général de l'Université, des inspecteurs généraux et particuliers. Les cours publics

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des Facultés durent sept mois ; ceux de la Faculté des lettres n'ont qu'un cours de littérature grecque et un de littérature italienne; il n'existe pas de chaire d'histoire, lacune assez significative.

« Les Colléges de l'Université sont au nombre de dixsept : quatre portent le nom de lycées , parce qu'on y enseigne un peu de philosophie et les éléments des sciences physiques et mathématiques; les autres, voués exclusivement à l'étude du latin et du grec, conduisent les élèves jusqu'en rhétorique; encore l'étude du grec est-elle à peu près facultative, et ne l'exige-t-on dans les examens que des candidats qui se destinent à certaines professions spéciales , telles que la médecine. L'étude et la littérature italienne, la langue française , un peu de géographie et d'histoire sainte , complètent les indications précédentes.

« L'administration intérieure des colléges est confiée à des ecclésiastiques dont le chef prend le nom de Recleur; les professeurs seuls sont ou peuvent être laïques. Si l'on prend pour exemple le lycée del Salvatore, qui est placé dans la capitale, on se fera des colléges de l'Université de Naples une idée malheureusement peu satisfaisante.

« Ce lycée ne semble pas avoir une existence propre; il n'a aucun bâtiment qui lui soit spécialement affecté ; les élèves pensionnaires sont relégués au - dessus des

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