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porté vers la bibliographie et les langues étrangères. Il devint successivement sous-bibliothécaire à Ferrare, professeur de chaldéen à Bologne, et directeur de la bibliothèque Barberini , à Rome. Léopold l'appela à Florence, et se servit de lui pour la traduction des manuscrits arabes ; l'illustre Tiraboschi déclare qué ce Père était un des plus habiles polyglottes de l'Italie. Il se montra aussi vertueux que savant, et sa piété, sa douceur, l'innocence de ses moeurs lui concilièrent partout le respect et l'attachement de ses confrères, comme des gens du monde (1).

Une nouvelle révolution renversa encore ces heureux commencements : les Jésuites furent supprimés par un décret des Cortès, le 14 août 1820. Ce jour-là, les commissions réunies de finances et de législature firent un rapport sur celte affaire , en présentant un projet de décret qui fut discuté et adopté dans la même séance. Le comte de Maule fit valoir les services des Jésuites pour l'enseignement, et cita en exemple leur école de Cadix, où se rendaient alors plus de cinq cents élèves. Il demanda qu'on eût égard aux besoins et aux voeux des familles, et ne dissimula pas le mécontentement qu'exciterait l'abolition proposée. Quelques

(1) Ami de la Religion, tom. X, pag. 51. – Caballero, loc. cit. membres de l'assemblée, comme Sierra - Pampley , voulaient qu'on renvoyâl en Italie les Jésuites qui en avaient été rappelés cinq ans auparavant; mais son avis ne prévalut pas.

pag. 225.

Le décret portail donc que le rétablissement prononcé par Ferdinand resterait sans effet ; que les Jésuites revenus d’Italie se retireraient en tel lieu qu'ils choisiraient dans la Péninsule ; qu'ils seraient soumis aux ordinaires, sans pouvoir porter l'habit de leur Ordre, ni reconnaître un supérieur étranger ; qu'ils recevraient 300 ducats de pension annuelle, qui toute. fois seraient perdus pour eux, s'ils sortaient d'Espagne pour quelque motif que ce fût, même avec la permission du Gouvernement. Tous ceux qui étaient entrés dans la Compaguie depuis 1815, devaient se rendre au lieu de leur naissance. Ceux qui étaient dans les ordres sacrés , relèveraient de leur évêque , et toucheraient une pension de 375 francs, jusqu'à ce qu'ils eussent un bénéfice ; ceux qui n'étaient pas dans les ordres , rentreraient dans l'état laique, et seraient soumis aux autorités civiles; les étrangers devaient quitter l'Espagne. Le Chapitre de Saint-Isidore , à Madrid, qui aurait remplacé les Jésuites , serait rétabli; les Jésuites lui remettraient leurs effets et leurs biens, ainsi qu'aux missionnaires de l'Oratoire de SaintSauveur. Le trésor rentrerait en possession des biens

non vendus appartenant aux Jésuites, et qui leur avaient été restitués (1).

Résumons en quelques mots tout ce chapitre. Qu'avons-nous offert au lecteur impartial ?

Une condamnation dans laquelle se trahit l'aveuglement de la passion et de la colère ; car elle enveloppe dans des rigueurs barbares (2), elle va atteindre aux Indes et en Amérique des hommes évidemment innocents de ce qui avait pu se passer à Madrid.

Une indigne violation de toutes les règles de la justice. Pas un des accusés ne fut entendu , pas un motif ne fut produit; sous peine de mort, il fallut se taire !

Un récit qui , seul, peut expliquer l'étrange conduite de Charles Ill, et qui réunit en sa faveur les plus graves autorités, ainsi que tous les caratères de la vraisemblance; enfin, qui lave les Jésuites.

A la suite d'une solennelle enquête, la Compagnie de Jésus fut rétablie en Èspagne par Ferdinand VII. Il est vrai que cette Compagnie se trouva frappée de nouveau, mais avec la monarchie et par le même coup.

(1) Ami de la Religion, tom. XXV, pag. 127.

(2) Saint-Priest , pag. 65. Le poble écrivain ajoute nécessaires peul-être; mais on voit par l'exposé des fails si la barbarie pouvait dire nécessaire,

CHAPITRE X.

NAPLES ET PARME.

Charles III d'Espagne en Toscane. - Commencements de Bernardo Tanucci. —

Il devient ministre de Ferdinand IV, roi de Naples. — Idée de son ministère. --Charles III écrit à Ferdinand pour la suppression des Jésuites. - Le 3 na vembre 1767, leurs maisons fermées à Naples. Ils sont dirigés par mer vers les Etats ecclésiastiques. — Ordonnance du Roi sur les propriétés des Jésuites napolitains. — Ferdinand détrôné par la Révolution. — Une fois remonté sur le trône, il rétablit les Jésuites. Etat de leurs colléges dans le royaume de Naples,

Le ressentiment de Charles III atteignit les Jésuites jusque dans le royaume de Naples et dans le duché de Parme, gouvernés l'un par son fils, l'autre par son neveu. Une fois jetés sur la route de l'arbitraire, les gouvernants, enivrés de leur pouvoir, ne calculent plus rien, et n'écoutent, ce semble, ni les droits de la justice ni les cris de l'humanité. C'est ainsi que le docile instrument des passions de d’Aranda et de Choiseul poursuivit leurs victimes au delà même de ses Etats.

Lorsque l'infant Don Carlos, plus tard devenu roi d'Espagne, sous le nom de Charles III, traversait la Toscane, il y eut dans les rangs de son armée un soldat assassin qui chercha l'impunité derrière les murs d'un couvent. On n'osa pas violer l'asile, mais on le fit bloquer de manière que les Religieux, ne pouvant recevoir aucune provision, furent obligés de livrer leur prisonnier. Ce fut pour Don Carlos une occasion de faire examiner la nature du droit d'asile (1).

Il se trouvait alors à Pise un homme qui était professeur de droit public et avocat, Bernardo Tanucci, né en 1698, de parents pauvres, à Stia, petite terre du Casentino. C'était pour ces temps-là un libre penseur (2). On le chargea de l'examen du droit d'asile, et il établit que ce droit, étant contraire aux lois divines et humaines, devait être regardé comme subversif de tout pouvoir légitime. L'ouvrage de Tanucci le mit dans les bonnes grâces de Don Carlos, qui le nomma auditeur

(1) Duclos, Voyage en Ilalie , pag. 130.

(2) Libero pensatore de' tempi suoi. Colletla, Storia del Reame di Napoli, tom. I, pag. 20.

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