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ple, et, comme s'exprime l'Ecriture, d'employer la détraction contre les dieux (1). »

Personne n'ignore quels éloges la Ligue donna à l'attentat commis sur la personne d'Henri III. Le savant P. Petau s'explique d'une bien autre manière que les Ligueurs, car il traite d'horrible parricide l'action du meurtrier de Henri : Immani parricidio trucidatur. - Le même écrivain, parlant de la mort d'Ilenri IV, ne trouve pas de termes pour exprimer son indignation et sa douleur. « Je frémis, dit-il, d'avoir à rappeler la mort du plus vaillant et du meilleur des rois qu'ait ens l'Empire français. Dans le temps où tous ses sujets auraient souhaité qu'il fût immortel, il leur fut enlevé par le fer d'un exécrable parricide (2). »

Le P. de Bussière, dans son Histoire de la Monarchie française, écrit que c'est de l'enfer même que sortit cette affreuse opinion, qui s'était emparée des esprits, et leur faisait croire qu'il est permis de tuer un tyran (3).

Le P. Jouvency, Jésuite français, continuateur de

(1) De virtute el viliis , tom. IV, pag. 606-609, édil. de 1695.

(2) Horret animus referre fortissimi clementissimique post hoc conditum Imperium Regis, quem quum omnes immortalem cuperent, unius detestandi sicarii parricidium abstulit. Ralion. lemp. I p., l. 9, pag. 594.

(3) Emissa e Tartaro letra opinio licere tyrannum opprimere. Tom. II, pag. 483.- Ibid., lib. XXIII, pag. 583 et 584.

l'Histoire de la Compagnie, s'exprime en ces termes sur la doctrine du tyrannicide : « Nous la détestons comme contraire aux lois divines et humaines ; nous la condamnons par des lois qui nous sont propres , et voulons que tous les nôtres la réprouvent (1).

Le P. Daniel, si connu par son Histoire de France et par d'autres ouvrages, rapporte ainsi la mort de Henri III : . Ce fut le lendemain du jour auquel l'armée avait commencé à prendre les quartiers autour de Paris, que ce détestable parricide fut commis par Jacques Clément, jeune religieux Dominicain, natif du village de Sorbonne, dans le Sénonais , homme d'un esprit faible, fort ignorant , qui s'était laissé transporter à cette fureur par les continuelles et horribles invectives des prédicateurs de Paris contre le roi, et par l'abominable doctrine qui eut alors grand cours, et qui se débitait dans les chaires, que l'on pouvait en conscience ôter la vie à un tyran, tel que les docteurs de la Ligue dépeignaient en toute occasion Henri de Valois (2). »

Le P. Daniel n'a pas oublié l'épisode de Jean Petit, et il en profite pour manifester d'une manière non équivoque ses sentiments de respect envers les rois, et d'hor

(1) Hanc vero doctrinam el detestamur ut divinis humanisque legibus vetitam, et propriis legibus condemnamus. Alst. Societ. Jesu, part. V“, lib. XII, pag. 54.

(2) Histoire de France , in-fol., pag. 1402.

reur pour le parricide. Voici comment il s'exprime : « Le docteur Jean Petit entra en matière par de grands lieux communs qui tendaient tous à établir la doctrine détestable du régicide. Cette harangue, également insolente et détestable pour les maximes qu'elle contenait , fut écoutée avec un grand silence (1). »

Dans la Préface de son Histoire, le même P. Daniel rend compte de ses sentiments sur l'indépendance de nos rois, et de la manière dont il a rapporté les démêlés qu'ils eurent quelquefois avec les Papes. « Je me suis regardé, dit-il, comme Français, comme enfant de l'Eglise, comme historien. Comme Français , j'ai établi, dans les occasions qui se sont présentées , les droits légitimes de nos rois ; je me suis bien gardé d'y donner atteinte et d'autoriser en aucune manière les prétentions de quelques Papes sur le temporel des Souverains. »

Le P. Griffet, à qui nous devons la dernière édition de cette Histoire, n'a pas témoigné moins d'horreur pour ces détestables maximes (2).

Ce même Religieux, qui a parsemé l'Histoire de France d'expressions fortes, de judicieuses réflexions

(1) Règne de Henri III , apnée 1589.

(2) Voir les Observations sur l'Histoire de France du P. Daniel, lom, XII, pag. 60 et 647. Voir aussi l'Histoire de Louis XIII, par le P. Griffet.

contre des maximes qui s'en prennent à la majesté des rois, n'a pas apporté moins d'attention à développer les principes de la bonne morale , dans son Année chrétienne, livre de piété fait pour être tous les jours aux mains des fidèles. Voici comment il s'exprime, en. commentant l’Epitre de saint Pierre :

a Rien de plus recommandé dans la religion que la soumission à l'autorité légitime des souverains et de ceux qui les représentent. L'Evangile n'autorise jamais l'esprit de rébellion et de révolte. La loi de Jésus-Christ est une loi d'obéissance, d'humilité et de patience : ainsi, le plus parfait chrétien ne peut manquer d'être le sujet le plus docile et le plus soumis, et tout homme qui se révolte contre son souverain, se révolte contre Dieu.

» La différence de religion qui peut se trouver quelquefois entre le souverain et le peuple ne saurait justifier la rébellion de l'on contre l'autorité de l'autre. Lorsque saint Pierre prescrivait aux fidèles l'obéissance au souverain , il n'y avait encore dans le monde que des souverains idolâtres; c'est cependant de ces princes impies qu'il dit : Obéissez-leur par amour pour Dieu. Lorsque des souverains d'une religion différente abusent de leur pouvoir pour forcer le peuple fidèle à violer les lois, ou à renoncer aux principes de la vraie religion, on ne doit pas leur obéir dans une chose qui est véri

tablement criminelle et injuste ; mais, en conservant sa religion, on doit toujours respecter leur autorité. Toute la ressource qui restait aux fidèles dans le temps des persécutions, était la prière et la patience. C'est par là qu'ils faisaient taire l'ignorance des hommes insensés qui les accusaient d'affecter dans tout une criminelle indépendance. A la vérité, ils aimaient mieux mourir

que de renoncer à leur religion ; mais en même temps ils aimaient mieux mourir que d'être rebelles. »

Parmi les nombreux prédicatears, dont nous pourrions citer les paroles, nous choisirons de préférence le P. Bourdaloue. Voici ce qu'il disait, en prêchant sur la sainteté et la force de la loi chrétienne , « cette loi de Jésus-Christ qui autorise toutes les lois humaines, puisque, outre l'obligation civile et politique de les garder, elle y en ajoute une de conscience qui est inviolable et qui subsiste toujours ; puisqu'elle fait respecter les Supérieurs légitimes, non pas en qualité d'hommes, mais comme les lieutenants et les ministres de Dieu ; puisqu'elle maintient leur autorité, non-seulement quand ils sont chrétiens et fidèles, mais quand ils seraient païens et idolâtres ; non-seulement, dit saint Pierre , quand ils seraient vertueux et parfaits , mais même quand ils sont doux et favorables , mais quand ils seraient importuns et fâcheux, puisque hors ce qui est positivement et évidemment contre Dieu ,

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