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soient montrés récalcitrants, et aient été animés d'un certain esprit de républicanisme et d'opposition contre Ja Cour. Quand les Huguenots en furent éliminés, ce même esprit n'en sortit point avec eux; les Parlements étaient fiers de leur influence et de l'essai qu'ils avaient fait quelquefois de leurs forces. Cette cause n'est pas la seule de la conduite ultérieure des Parlements, mais elle y contribua. C'est donc au milieu d'eux que se réfugia l'esprit d'indépendance qui était resté dans la nation, et c'est là qu'elle le retrouva en 1788, quand des finances épuisées, une cour amollie, les principes de la liberté républicaine prêchés par quelques écrivains d'après les livres des Anglais Protestants, ou apportés de la Pensylvanie par l'armée française; quand mille circonstances enfin lui donnèrent l'impulsion qu'il prit alors, et qui se communiqua rapidement à toute la nation (1)..

En 1422, le Parlement de Paris prêla serment de fidélité au roi d'Angleterre. En 1429, il fit écarteler des sujets fidèles à Charles VII, seul roi légitime depuis près de huit ans.

Les membres de la Compagnie de Jésus ne devaient pas trouver fort étrange que les Parlements leur donnassent la dénomination de soi-disants Jésuites; cette expression n'avait pas été créée pour eux : elle était

(1) Essai sur l'espril et l'influence de la Reformation de Lulher; Paris, 1808, in-8°, pag. 167.

presque aussi ancienne que le Parlement de Paris, et, dans l'arrêt qu'il porta contre Charles VII, il ne l'appela que Charles, soi-disant roi de France, soi-disant Dauphin de Viennois, le déclarant indigne de toutes successions, nommément de la couronne de France, et banni à perpétuilé (1).

« Le malheur des temps, écrit Voltaire, fit que le premier arrêt que rendit la chambre du Parlement contre un pair, fut contre le premier des pairs, contre l'héritier nécessaire de la couronne, contre le fils unique du roi. Cet arrêt violait, en faveur de l'étranger et de l'ennemi de l'Etat, toutes les lois du royaume et celles de la nature : il abrogeait la loi Salique, auparavant gravée dans tous les cours (2). » Ripert de Monclar n'avait-il pas raison de dire que les Jésuites étaient au dessus des têtes couronnées, eux qui osaient trouver mauvais que le Parlement de Paris les traitât comme il avait traité ses rois ?

L'histoire a conservé les noms des magistrats que le fanatisme arma les premiers contre Henri III. Parmi ces noms, on voit figurer ceux de Bussi le Clerc, Emonet, La Chapelle, Louchard, La Morlière, Crucé, d'Orléans, tous gens de robe. A ces noms, l'histoire ajoute encore

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(1) Bayle, Dictionnaire historique, art. Philippe-le-Bon, duc de Bourgogne, tom. I, pag. 636.

(2) Histoire du Parlement, page 38, tom. XXII des OEuvres.

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La Bruyère, lieutenant particulier, Michel, Bart, Hate, Senant, le président Le Maitre et le président de Nully (1). Les Eoles et les Arcs-boutants (2) de la Ligue se trouvèrent ainsi du côté de la magistrature. Le Parlement de Paris déclara Henri IV indigne du trône, et faisait le procès à tous ceux qui se trouvaient tant seulement soupçonnés d'être serviteurs du Roi : on les appelait les Politiques. Il était défendu, sous peine de mort, d'avoir avec Henri de Bourbon la moindre correspondance (3)

Le Parlement de Toulouse et celui de Rouen, fidèles imitateurs de celui de Paris, tendaient à priver le Roi de la succession à la couronne, soit pour la crainte qu'ils avaient que la religion ne périclitât sous un prince hérétique, soit par l'appréhension des menées d'u .e insolente populace.

Celui de Toulouse déclara Henri de Bourbon, soidisant roi de France, indigne et incapable de la Cou ronne, à cause de crimes manifestes contenus dans la bulle d'excommunication du pape Sixte IV, condamna la mémoire de Henri III, et ordonna qu’une procession solennelle serait faite annuellement à perpétuité, le 1er août, jour auquel il fut assassiné.

(1) Dupleix, Histoire de Henri III.
(2) Expressions de Monclar, parlant des Jésuites.
(3) Voltaire, Histoire du Parlement, pag. 155,

Celui de Rouen, par un arrêt du 23 septembre , enjoignait à la noblesse de son ressort , et à tous ceux qui étaient capables de porter les armes , de les prendre pour la Sainte - Union, déclarant criminels de lèsemajesté divine et humaine les refusants. Les officiers du roi qui étaient sortis de la ville pour ne point participer à la rébellion des autres, furent privés de leurs offices et dignités (1).

Le même Parlement faisait très-expresses inhibitions et défense à toutes personnes , de quelque état, dignité et condition qu'elles fussent, sans nul excepter, de favoriser , en aucun acte et manière que ce soit , le parti de Henri de Bourbon ; mais s'en désister incontinent, à peine d'être pendues et étranglées (2).

Quant au Parlement d'Aix , il renvoya par le sieur de La Valette, gouverneur de la Provence, les lettres reçues de Henri IV. Tous les Ordres de la ville s'étant déjà déclarés de la Ligue contre son prédécesseur qui était catholique, ils n'avaient garde de rendre obéissance à Henri de Bourbon , qui était encore engagé dans l'hérésie (2).

(1) Mémoires de la Ligue , 100. IV, pag. 51. – Mézerai , tom. JI, pag. 857, édit, de Thierry.

(2) Dupleix, ibid., pag. 20.
(3), Dupleix, Histoire de Henri IV, pag. 21.

A une autre époque, lorsque la Provence se soumit à Philibert Emmanuel, duc de Savoie , ce fut surtout l'oeuvre du Parlement d'Aix, et les tribunaux de la province suivirent son exemple. « Le Duc arriva dans Aix le 14 novembre (1591). On lui présenta le dais, comme au roi ; tous les membres du Parlement lui baisèrent la main. Honoré du Laurens porta la parole pour toute la Compagnie ; on le reconnut pour protecteur de la province, et on lui prêta serment de fidélité (1). »

Pendant que les Eoles (2) des Parlements soufflaient Ja discorde, a les prédicateurs de la Société étaient ceux qui prêchaient avec plus d'ordre, plus de modestie, de décence et de tempérament (3), » dit un historien connu. Dans une Apologie adressée à Henri IV, et qui n'a pas été démentie, le P. Richeome écrivait : « Tout ce qui fut dit et fut fait dans ces temps-là par quelques particuliers Jésuites , fut contre la volonté des Supérieurs ; les villes où étaient ces Religieux témoignèrent qu'ils n'avaient cédé en modestie à aucuns autres Ecclésiastiques. Emond Augier, dans le fort de la Ligue,

(1) Voltaire, loc. cit.
(2) Expression de Ripert de Monclar.

(3) Matthieu , Hisloire de France , livre III. - M. l'abbé Genoude , qui édite, en ce moment, une Histoire de France, prétend que «s'il y a un grief réel contre la Compagnie, c'est ce qu'elle a fait contre Henri IV. > Gazette de France , 9 janvier 1846.

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