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nous lie au Saint-Siege comme au centre de l'unité catholique. »

0. Joly de Fleury faisait profession ouverte de RESPECTER le Pape comme premier vicaire de Jésus-Christ sur la terre, expression du conventicule que les Jansénistes avaient tenu à Utrecht, le 13 septembre 1763, afin de concourir avec les parlements à la destruction de la Société (1). Cette expression, adoptée pour confondre le Chef de l'Eglise avec les membres mêmes , était inconnue aux Pères, à ceux, entre autres, dont on invoquait l'autorité. Ainsi, Joly de Fleury avait nommé saint Bernard, qui est bien loin de favoriser les erreurs des ennemis du Saint-Siége.

« Pierre, disait-il au pape Eugène, Pierre marchant sur les eaux à l'exemple du Seigneur, s'est annoncé pour le vicaire UNIQUE de Jésus-Christ, parce qu'il devait commander non pas à un peuple seulement, mais à tous; car la multitude des eaux figure la multitude des peuples. Ainsi, chaque évêque, ayant sa barque particulière à conduire, c'est à Vous qu'a été confié le trèsgrand vaisseau qui est un , formé de tous les autres,

(1) Examen raisonné des deux Requisitions de M. Omer Joly de Fleury, avocal-général au Parlement de Paris. Du 11 février 1765, et de quelques autres écrits contre les Jésuites, 1765, in-42 , pag. 65.-Picot,"Mémoires, tom. II, pag. 440.

« Malgré les efforts des extracteurs pour donner un air de nouveauté à ce recueil, écrivit, le 31 août 1762, l'évêque d'Uzès, et le rendre par là plus propre à faire une espèce de commotion dans le public, on aurait bientôt démontré que ce n'est qu'un réchauffé de pareilles collections mises en quyre, d'abord contre l'Eglise catholique par des auteurs protestants, et ensuite contre les Jésuites, par des écrivains intéressés à tirer les Jésuites de la foule (1). .

L'archevêque de Paris, Christophe de Beaumont, dans sa célèbre Instruction pastorale sur les atteintes données à l'autorité de l'Eglise par les jugements des tribunaux séculiers, dans l'affaire des Jésuites (2), élablit que les prétendus Extraits avaient été compilés à la hâte par des prêtres jansenistes, et mal vérifiés par des magistrals peu aples à ce travail ; que ce recueil était rempli de citations fausses, de passages tronqués ou mal entendus, d'objections prises pour des réponses, d'erreurs et d'infidélités de tout genre. Les archevêques et évêques du royaume, excepté cinq, souscrivirent cette Instruction. Comment le parlement de Paris accueillit-il ces manifestations de la sollicitude pastorale ? En se livrant

(1) Documents historiques, etc., concernant la Compagnie de Jésus, tom. II, n° 15, pag. 16.

(2) Paris, 1763, en 1 in-12 dc 320 pages.-Donnée à Conflans le 28 octobre 1763.

à un examen plus attentif, à une vérification plus scrupuleuse ? - Non; mais en faisant lacérer et brûler le mandement de son archevêque par la main du bourreau (1), en traitant de factieux , de fanatique, de tyran de ses subalternes, d'homme qui ne s'était signalé que par des vexations et des scandales, de sujet révolté et visant à l'indépendance , etc. le prélat le plus pénétré de l'étendue de ses devoirs, et, en tout cas, le plus courageux. Le 1er juin 1764, Voltaire lui-même écrivait à Damilaville, un de ses confidents les plus avancés : J'ailu, enfin, le mandement de l'archevêque; je vous assure qu'il m'a paru modéré et raisonnable. Otez le nom de Jésuite, il n'y aurait rien à répliquer; mais il n'y a pas moyen d'avoir raison quand on soutient une Société qui avait trouvé le secret, malgré sa politique , de déplaire à la nation depuis deux cents ans. (2). » Singu- . lière logique ! Il n'y a rien à répliquer , mais il n'y a pas moyen d'avoir raison. La Société déplait depuis deux siècles, et celui qui l'affirme est un de ceux à qui il est échappé d'en faire un pompeux éloge.

Le roi, pour apaiser sa cour de justice, fut obligé d'exiler à la Trappe le courageux de Beaumont (3).

(1) Picot, Mémoires , tom. II, pag. 449, ann. 1764.- Lamache, Parmi les cinq évêques dissidents, se trouvaient celui de Grenoble, celui d'Angers et celui d'Alais. Ils publièrent des mandements au sujet du livre des Assertions, qui leur semblait parfaitement juste et convenable. Clément XIII adressa, le 19 septembre 1764, à chacun de ces évêques, un bref aussi noble qu'énergique. Il les blåmait d'avoir approuvé un livre rédigé par des hommes depuis long-temps ennemis de l'Eglise ; d'avoir condamné sans choix ni distinction une foule prodigieuse de propositions entassées dans cet ouvrage, et d'oublier qu'il était proscrit par leurs collègues dans l'épiscopat.

pag. 131.

(2) Tom. LXI, pag. 455. (3) Documents historiques, etc., concernant la Compagnie de

Omer Joly de Fleury, avocat-général au parlement de Paris, prononça, le 11 février 1765, un réquisitoire contre les brefs adressés aux trois prélats, et montra de reste quel désordre le Jansenisme avait porté dans les opinions de la magistrature. C'était un pêle-mêle d'assertions tranchantes, de décisions doctorales, et l'orateur demandait fièrement « de quel droit la cour de Rome viendrait censurer les évêques de l'Eglise de France ? » Puis, à côté de ce langage de sectaire, il faisait intervenir le « tendre et sincère attachement qui

Jesus , tom. III, 0° 18, préface de l'éditeur (M. de Saint-Victor), pag. xxj et xxij.—Le P. Cabour, des Jésuites, 2e part, pag. 207.

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nous lie au Saint-Siege comme au centre de l'unité catholique. »

0. Joly de Fleury faisait profession ouverte de RESPECTER le Pape comme premier vicaire de Jésus-Christ sur la terre, expression du conventicule que les Jansénistes avaient tenu à Utrecht, le 13 septembre 1763, afin de concourir avec les parlements à la destruction de la Société (1). Cette expression, adoptée pour confondre le Chef de l'Eglise avec les membres mêmes , était inconnue aux Pères, à ceux, entre autres, dont on invoquait l'autorité. Ainsi, Joly de Fleury avait nommé saint Bernard, qui est bien loin de favoriser les erreurs des ennemis du Saint-Siége.

« Pierre, disait-il au pape Eugène, Pierre marchant sur les eaux à l'exemple du Seigneur, s'est annoncé pour le vicaire UNIQUE de Jésus-Christ, parce qu'il devait commander non pas à un peuple seulement, mais à tous; car la multitude des eaux figure la multitude des peuples. Ainsi, chaque évêque, ayant sa barque particulière à conduire, c'est à Vous qu'a été confié le trèsgrand vaisseau qui est un , formé de tous les autres,

(1) Examen raisonné des deux Requisitions de M. Omer Joly de Fleury, avocat-général au Parlement de Paris. Du 11 février 1765, et de quelques autres écrits contre les Jésuites, 1765, in-42 , pag. 65.-Picot,"Mémoires, tom. II, pag. 440.

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