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vres, de Rohan ; - par les archevêques de Rheims, de Cambray, de Narbonne, d'Embrun, d'Ausch, de Bordeaux, d'Arles, de Toulouse ; -- par les évêques de Langres, du Mans, de Valence, de Mâcon, de Noyon, de Bayeux, d'Amiens , de Saint-Malo, de Comminges, de Clermont, de Rhodez, d'Orléans, de Chartres, de Blois, de Meaux, d'Arras, d'Angoulême, de Metz, de Verdun, de Senlis, d’Autun , de Vence, d'Apollonie, de Sarlat, de Die, de Saint-Paul-de-Léon , de SaintPapoul, de Rennes, de Lectoure, d'Evreux, d'Angers; de Canople, coadjuteur de Strasbourg, et par celui de Digne ; - enfin, par les deux agents du clergé, MM. de Broglie et de Juigné. Le 1er janvier 1762, l'archevêque de Paris adressa au roi une lettre spéciale d'adhésion (1).

Fitz-James envoya son opinion dans une lettre particulière. Il traitait fort mal les Jésuites, el cependant il ajoutait : « Quant à leurs moeurs, elles sont pures. On leur rend volontiers la justice de reconnaitre qu'il n'y a peut-être point d'Ordre dans l'Eglise dont les Religieux soient plus réguliers et plus austères dans leurs mours (2). » Restait à savoir comment il était possible que toute une société fût pure dans ses moeurs , et professât pourtant des principes corrompus.

(1) Page 48 de l'Avis. (2) Page 20 de l'Avis.

au

Les Jésuites de Paris crurent alors qu'une déclaration publique et solennelle de la manière dont ils interprétaient leurs règles était nécessaire pour répondre aux calomnies de leurs accusateurs. Ils signèrent tous, nombre de cent seize, le 19 décembre, une protestation adressée aux prélats assemblés par ordre de Louis XV, dans laquelle ils proclamèrent leur horreur pour Ja doctrine du régicide, leurs égards pour les quatre propositions de l'assemblée de 1682, leur soumission aux évêques, et enfin les limites de leur obéissance à leur Général, dans le cas où il leur donnerait des ordres contraires aax lois du royaume et aux droits des évêques. • Persuadés , dirent-ils, que nous ne pourrions y déférer sans péché, nous regarderions ces ordres comme illégitimes, nuls de plein droit, et auxquels même nous ne pourrions ni ne devrions obéir en vertu des règles de l'obéissance en général, telle qu'elle est prescrite par nos Constitutions. »

Le clergé de France adopta cette déclaration et la tit imprimer dans ses Mémoires (1). Elle était de nature à rassurer les esprits les plus prévenus; mais nous allons voir les attestations mêmes de l'Eglise de France rejetées

(1) Collection des procès-verbaux des assemblées générales du Clergé de France, tom. VIII, 2° parl. Pièces justificalives, no 1, pag. 349-351.

par des juges décidés à ne rien entendre en faveur des accusés.

Le clergé, dans son Avis à Louis XV, répondait avec candeur et fermeté aux quatre points dont il s'agissait.

Le premier point, l'utilité des Jésuites , était jugé déjà par les approbations successives du Saint-Siège, par les Pères du Concile de Trente, par des évêques comme saint Charles Borromée, par les ambassadeurs que les princes avaient envoyés au Concile; par la conduite du clergé de France, qui plus d'une fois les avait efficacement protégés contre la haine de l'hérésie et les rivalités des autres Ordres; par les Etats-Généraux de 1614 et 1615, qui les avaient réclamés pour l'enseignement de la jeunesse ; par l'assemblée du Clergé, en 1617; par la puissante autorité de Louis XIV, qui, en leur permettant d'ouvrir le collége de Clermont, disait a qu'il cherchait à favoriser les soins que les Jésuites prennent si utilement pour élever la jeunesse dans la connaissance des bonnes lettres , et lui apprendre ses véritables obligations envers Dieu et envers ceux qui sont préposés pour gouverner les peuples. »

On ne cachait pas quelques actes d'opposition, même notable, comme celui d'Eustache du Bellay, évêque de Paris ; mais on mettait en regard l'éclatante manifestation de Henri de Gondi, qui occupa le même siége en 1610 : « Les Jésuites, disait encore l'épiscopat, sont très-utiles à nos diocèses, pour la prédication, pour la conduite des ames, pour établir , conserver et renouveler la foi et la piété par les missions, les congrégations, les retraites qu'ils font avec notre approbation et sous notre autorité. , On leur rendait un témoignage tout aussi flatteur pour les cent colléges qu'ils occupaient alors en France.

Sur le second point, la manière dont ils enseignaient, et la nature de leurs opinions relativement à la sûrelé de la personne des souverains, les évêques répondaient que des accusations vieilles de plus cent cinquante ans, devaient enfin être méprisées ; qu'il existait, au sujet de l'inviolabilité du pouvoir royal, des déclarations formelles de la Société, et que ceux qui fréquentaient les colléges, les missions, les congrégations, les retraites des Jésuites, n'avaient assurément rien entendu qui fût contraire à la sûrelé des souverains, ni aux maximes du royaume. Nous reviendrons sur cet article dans un chapitre spécial.

Quant au troisième point, la conduite des Jésuites sur la subordination due aux évêques, si on rappelait des priviléges conférés par le Saint-Siége, on faisait observer en même temps qu'ils ne pouvaient avoir aucun effet sans l'autorisation des évêques, et que, en ce qui regardait l'administration des Etats, ils ne pouvaient non plus recevoir aucune exécution sans le consente

ment des souverains; que, du reste, la Société avait renoncé à ces priviléges qui, la plupart, n'étaient qu'accessoires à l'Institut , et que ces Religieux avaient satisfait à tout ce qu'on pouvait exiger d'eux sur ce point. Le clergé proposait ensuite un règlement en quatorze articles, pour déterminer et préciser les rapports ultérieurs des Jésuites avec leurs Ordinaires.

Restait le quatrième point, le temperament à apporter en France à l'autorité du Général des Jésuites. C'est peut-être, dans les Constitutions, le point dont on s'est le plus préoccupé, et il est douloureux de voir que la raison n'ait pu triompher entièrement de l'entêtement des calomniateurs.

« Dans toute société, dit le P. de Ravignan, il faut un gouvernement et un pouvoir; dans la Société de Jésus, pour maintenir la vigueur des lois et l'unité d'esprit et de but, pour conserver l'harmonie des moyens et la subordination de membres nombreux, au milieu des travaux les plus divers, il fallait une autorité. Le Général de la Compagnie en est dépositaire. Il ne l'exerce toutefois, quoi qu'on ait pu avancer à ce sujet, que suivant la grande loi catholique, c'est-à-dire, dans la plus parfaite dépendance à l'égard du Vicaire de Jésus-Christ, chef suprême de l'Eglise (1). »

(1) De l'existence et de l'instltut des Jésuiles, pag. 77 de l'édition in-8°.

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