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Le fameux abbé Terray, puis de l'Averdy, qu'on vit arriver en 1763 au contrôle général, où il trouva moyen de s'enrichir , mais d'où son impéritie le fit descendre pour trainer dans l'oubli une vie inutile, qui se termina à la guillotine en 1793 (1), avaient élé nommés rapporteurs. Ce choix annonçait assez quel devait être le résultat de l'enquête.

Le 2 juin était le jourindiqué par l'arrêt du 17 avril pour "entendre le rapport de messieurs les gens du roi ; mais le samedi matin, 30 mai, arriva un ordre de Louis XV, lequel portait que Sa Majesté « voulant prendre connaissance par elle-même des Constitutions de la Société des Jésuites, ordonnait au Parlement de lui envoyer à Marly, le lendemain dimanche, le premier président avec deux présidents et les gens du roi, qui lui apporteraient l'exemplaire desdites Constitutions remises au greffe par les Jésuites. »

vrai, mais dont l'écriture montre évidemment une plume du siècle dernier.

En ipsissimum exemplar quod, postulante Cauvellino, jubenie parisiensis senalus janseniana factione, allatum ab optimo riro Patre de Montigny, S. I., et apud acta depositum, ansam præbuil, ficto Instituti crimine, Societatem eximiam PP. Jesuitarum in Gal. lia funditus disperdendi, stimulante R. pellice aliisque pessimis mule adulaloribus. Ilodie mihi tanquam lestamento nuncupatum el tradilum ab eodem P. de Montigny, 120 kalendas maias 1762, les Jésuites, ire part., pag. 15.

(1) Georgel, Mémoires, tom. I, pag. 50 cl 59. - Biogr. univ. de Michaud, art, AYERDY (DB L')

Le 8 juillet, autre discours de l'abbé Chauvelin, pour dénoncer « les opinions pernicieuses, tant dans le dogme que dans la morale, de plusieurs théologiens jésuites , anciens et modernes ; » d'où le judicieux magistrat concluait que « tel était l'enseignement constant el non interrompu de la Société. » On ordonna encore des informations sur cette assertion de l'abbé.

Cependant, le roi avait fait dire au parlement qu'il comptait que l'on ne statuerait rien sans connaitre ses intentions. Le 2 août 1761 , il rendit une déclaration qui prescrivait à chaque maison de Jésuites de remettre au conseil les titres de son établissement, et qui enjoignait au Parlement de sursoir pendant un an à staluer sur l'Institut et les Constitutions de ces Religieux. Celle ordonnance n'empêcha pas que, quatre jours après , le procureur-général au parlement ne fût reçu , appelanı comme d'abus.... : généralement de toules bulles, bress, lettres apostoliques, concernant les prêtres et écoliers de la Société se disant de Jésus..., notamment en ce que son Institut serait altentatoire à l'autorité de l'Eglise, à celle des conciles généraux et particuliers, à celle du SaintSiege , de tous les supérieurs ecclésiastiques et du Souverain (1). On condamna au feu vingt-quatre ouvrages

(1) Procédure contre l'Instilul et les Constitutions des Jésui, les, etc., recueillie par un membre du Parlement, et publiée par M. Gilbert de Voisins , pag. 47 et 49. Paris, 1825.

de divers Jésuites, comme séditieux, destructifs de la morale chrétienne, et entachés d'une doctrine meurtrière. On déclara que tel était l'enseignement constant et non interrompu de la Société, et que tous désaveux et rétractations à ce sujet étaient inutiles ou illusoires. Enfin, on défendit aux Jésuites de tenir des colléges, et aux sujets du roi d'y étudier, ou de s'agréger à la Compagnie. Le roi ayant suspendu, par lettres patentes du 29 août, l'exécution de ces différentes mesures , les magistrats stipulèrent dans l'enregistrement que cette suspension ne passerait pas le 1er avril 1762.

D'après les termes mêmes de l'arrêt, il s'agissait donc, avant tout, d'une question de discipline ecclésiastique et de doctrine théologique. Evidemment le droit , comme les convenances, attribuait aux évêques, sinon un vote exclusif, du moins une grande, trèsgrande autorité, pour résoudre un débat ainsi posé. L'épiscopat eut deux fois l'occasion de s'expliquer pendant le cours du procès, et il ne fut tenu aucun compte de l'opinion des évêques du royaume.

L'Arrêt du 6 août renfermait en substance toutes les plus graves accusations qui aient été intentées à la Compagnie de Jésus. Il fut discuté avec une remarquable modération et une parfaite décence, dans un écrit que l'on croit être des PP. de Menoux et Griffet (1).

(1) Coup-d'æil sur l'Arrest du Parlement de Paris, du siz ao al Ce qu'ils réfutaient d'abord, c'étaient les conclusions des gens du roi. Ceux-ci, en effet , proposaient de donner aux Jésuites quelques règlements nouveaux , et de faire à leur Institut plusieurs changements. Mais à qui serait dévolue cette tâche ? Jamais autorité séculière n'avait entrepris de donner des règlements à un Corps religieux, sans l'intervention de la puissance spirituelle. On avait toujours laissé à cette puissance le soin de faire et d'approuver les Constitutions des Ordres réguJiers, sauf à déclarer abusifs ceux des règlements qui sembleraient contraires aux lois de l'Etat, et à en empêcher l'exécution (1).

Les gens du roi proposaient de faire à l'Institut divers changements dont les uns, en petit nombre, pouvaient être admis sans difficulté, dont les autres étaient absolument inadmissibles. Il n'y avait, par exemple, aucune difficulté à ordonner que les Jésuites ne pourraient sortir du royaume sans la permission du roi. Ce règlement était pour le moins inutile. Même inutilité dans celui qui aurait eu pour but d'ôter au Général de l'Ordre la propriété des biens que les Jésuites possédaient en France, propriété que le Général n'avait pas,

1761, concernant l'Institut des Jésuiles, imprimé à Prague, en 1757. Avignon, chez J. Chambeau , in-12 de 244 pages. (1) Coup-d'ail, etc., pag. 4.

qu'il n'eut jamais, et qu'il ne peut jamais avoir , ni en France, ni ailleurs.

On voulait abolir la distinction des vous simples et des væux solennels. Cette distinction cependant était établie et admise dans tous les peuples de la chrétienté par les bulles des papes et les diplômes des souverains ; elle avait été reconnue et approuvée en France par l'édit de Henri IV donné en 1603, et la déclaration de Louis XIV donnée en 1715. Ces changements, les PP. de Menoux et Griffet les déclaraient inadmissibles. Pourquoi , après tout, renverser des lois si sages ? pourquoi ôter aux Jésuites le droit de congédier, avant l'émission des derniers væux solennels, les sujets dyscoles et déréglés qui auraient pu s'introduire parmi eux, ou qui auraient perdu leur première vocation ? Ni les familles, ni les particuliers n'avaient droit de se plaindre d'un arrangement qui était connu. D'ailleurs, il eût sallu encore ici l'intervention de la puis. sance spirituelle, puisqu'il était question de changer la nature des voux (1).

Les autres changements proposés par les gens du roi tendaient à rendre les Jésuites de France indépendants de leur Général. On aurait voulu qu'ils tinssent des assemblées capitulaires pour se choisir des supérieurs, et pour leur demander compte de leur administration ;

(1) Coup-act + 8+

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