Histoire des ides morales et politiques en France au XVIIIe sicle, 2

G. Baillire, 1867
 

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224 - Trouver une forme d'association qui dfende et protge de toute la force commune la personne et les biens de chaque associ, et par laquelle chacun, s'unissant tous, n'obisse pourtant qu' lui-mme et reste aussi libre .qu'auparavant.
274 - Ces clauses bien entendues se rduisent toutes une seule, savoir l'alination totale de chaque associ avec tous ses droits toute la communaut...
256 - Celui qui ose entreprendre d'instituer un peuple doit se sentir en tat de changer pour ainsi dire la nature humaine, de transformer chaque individu, qui par lui-mme est un tout parfait et solitaire, en partie d'un plus grand tout dont cet individu reoive en quelque sorte sa vie et son tre...
131 - Conscience! conscience! instinct divin, immortelle et cleste voix; guide assur d'un tre ignorant et born, mais intelligent et libre; juge infaillible du bien et du mal, qui rends l'homme semblable Dieu, c'est toi qui fais l'excellence de sa nature et la moralit de ses actions...
32 - ... tout coup je me sens l'esprit bloui de mille lumires; des foules d'ides vives s'y prsentent la fois avec une force et une confusion qui me jeta dans un trouble inexprimable; je sens ma tte prise par un tourdissement semblable l'ivresse. Une violente palpitation m'oppresse, soulve ma poitrine; ne pouvant plus respirer en marchant, je me laisse tomber sous un des arbres de l'avenue, et j'y passe une demi-heure dans une telle agitation, qu'en me relevant j'aperus tout le...
280 - Il ya donc une profession de foi purement civile dont il appartient au souverain de fixer les articles, non pas prcisment comme dogmes de religion, mais comme sentiments de sociabilit, sans lesquels il est impossible d'tre bon citoyen ni sujet fidle.
128 - Il est donc au fond des mes un principe inn de justice et de vertu, sur lequel, malgr nos propres maximes, nous jugeons nos actions et celles d'autrui comme bonnes ou mauvaises, et c'est ce principe que je donne le nom de conscience.
283 - ... sans lesquels il est impossible d'tre bon citoyen ni sujet fidle. Sans pouvoir obliger personne les croire, il peut bannir de l'État quiconque ne les croit pas; il peut le bannir, non comme impie, mais comme insociable, comme incapable d'aimer sincrement Ls lois, la justice, et d'immoler au besoin sa vie son devoir.
281 - Les sujets ne doivent donc compte au souverain de leurs opinions qu'autant que ces opinions importent la communaut.
474 - Ce Philinte est le sage de la pice; un de ces honntes gens du grand monde dont les maximes ressemblent beaucoup celles des fripons; de ces gens si doux, si modrs, qui trouvent toujours que tout va bien , parce qu'ils ont intrt que rien n'aille mieux...