Du contrat social, ou Principes du droit politique;: suivi des Considrations sur le gouvernement de Pologne, et sur sa rformation projette

Chez Defer de Maisonneuve, 1790 - 444
 

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42 - Le souverain peut bien dire, Je veux actuellement ce que veut un tel homme, ou du moins ce qu'il dit vouloir; mais il ne peut pas dire, Ce que cet homme voudra demain, je le voudrai encore...
69 - Celui qui ose entreprendre d'instituer un peuple doit se sentir en tat de changer pour ainsi dire la nature humaine, de transformer chaque individu, qui par lui-mme est un tout parfait et solitaire, en partie d'un plus grand tout dont cet individu reoive en quelque sorte sa vie et son tre...
66 - De lui-mme le peuple veut toujours le bien, mais de lui-mme il ne le voit pas toujours. La volont gnrale est toujours droite, mais le jugement qui la guide n'est pas toujours clair.
259 - Il ya donc une profession de foi purement civile dont il appartient au souverain de fixer les articles, non pas prcisment comme dogmes de religion, mais comme sentiments de sociabilit sans lesquels il est impossible d'tre bon citoyen ni sujet fidle.
119 - Ajoutons qu'il n'ya pas de gouvernement si sujet aux guerres civiles et aux agitations intestines que le dmocratique ou populaire , parce qu'il n'y en a aucun qui tende si fortement et si continuellement changer de forme , ni qui demande plus de vigilance et de courage pour tre maintenu dans la sienne.
7 - Mais l'ordre social est un droit sacr qui sert de base tous les autres. Cependant ce droit ne vient point de la nature; il est donc fond sur des conventions.
13 - S'il faut obir par force on n'a pas besoin d'obir par devoir, et si l'on n'est plus forc d'obir on n'y est plus oblig. On voit donc que ce mot de droit n'ajoute rien la force; il ne signifie ici rien du tout.
7 - Tant qu'un peuple est contraint d'obir et qu'il obit, il fait bien; sitt qu'il peut secouer le joug et qu'il le secoue, il fait encore mieux: car, recouvrant sa libert par le mme droit qui la lui a ravie, ou il est fond la reprendre, ou l'on ne l'tait point la lui ter.
69 - ... lui-mme est un tout parfait et solitaire, en partie d'un plus grand tout dont cet individu reoive en quelque sorte sa vie et son tre; d'altrer la constitution de l'homme pour la renforcer; de substituer une existence partielle et morale l'existence physique et indpendante que nous avons tous reue de la nature. Il faut en un mot, qu'il te l'homme ses forces propres pour lui en donner qui lui soient trangres et dont il ne puisse faire usage sans le secours d'autrui.
138 - LA libert, n'tant pas un fruit de tous les climats, n'est pas la porte de tous les peuples. Plus on mdite ce principe tabli par Montesquieu, plus on en sent la vrit; plus on le conteste, plus on donne occasion de l'tablir par de nouvelles preuves.