Lettres du XVIIIe sicle

Albert Cahen
A. Colin, 1894 - 536
 

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A Servan 25 dcembre 1792 A la veille dune
37
A M le comte dArgental 2 dcembre 1757
40
Au mme 2 janvier 1739 Lettre daffaires
42
A milord Hervey 1740 Sur le Sicle de Louis XIV
48
A M le prsident Hnault 14 septembre 1744
56
A M Dupont 7 juin 1769 Sur ltat de lagricul
63
A Madame Denis 28 octobre 1750 Le sjour Ber
64
A Franois Ier empereur dAllemagne 5 juin 1753
70
A M J J Rousseau 30 aot 1755 A propos
76
A M le comte dArgental 13 septembre 1756
82
de la guerre de Sept ans
89
A Madame de Lordelot 1er octobre 1750 Sur
96
A M Duclos 1er mai 1761 Sur son projet de
103
A M Élie de Beaumont 11 juin 1762 Surlaffaire Calas
110
A M le comte dArgental 16 juillet 1766 Laf
122
A M de Belloy 19 avril 1767 Remerciements
134
lui lever une statue
146
A M labb Baudeau 1775 Remerciements
153
A M dAlembert 1778 Affaires acadmiques
159
Au prsident Hnault 2 juillet 1742 Larrive
167
A Voltaire Sur la mort de Formont compli
175
de lui accorder une entrevue
180
A Voltaire 16 mai 1764 Lennui
181
Au mme 18 juillet 1764 A propos du Commen taire sur Corneille
183
Au mme 28 fvrier 1766 Ennui et scepticisme
184
A Horace Walpole 25 mai 1766 Reproches ami caux sur la condamnation de LallyTollendal
186
Au mme 27 mai 1766 Le suisse de M de Praslin
188
A M Crawford 3 juin 1766 Causerie
189
A Horace Walpole 27 octobre 1766 Sur Montaigne
192
Au mme 18 janvier 1767 Nouvelles mondaines
194
Les Anglais et les Franais sur Bajazet
196
Au mme 27 octobre 1767 Nouvelles une lettre du roi lvque dOrlans
198
Au mme 21 mars 1788 Sur Madame de Mainte non sur Ptrarque nouvelles
200
A Voltaire 16 juillet 1769 Sur le Dserteur
203
A Walpole 17 dcembre 1770 Reproches nouvelles ennui
204
A Voltaire 28 dcembre 1770 Sur la disgrce de Choiseul
206
A la duchesse de Choiseul 22 juillet 1771 Rponse un reproche
208
A la mme 27 septembre 1771 Remerciements causerie
209

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407 - Si jamais quelque chose a ressembl une inspiration subite, c'est le mouvement qui se fit en moi cette lecture : tout coup je me sens l'esprit bloui de mille lumires ; des foules d'ides vives s'y prsentent la fois avec une force et -une confusion qui me jeta dans un trouble inexprimable; je sens ma tte prise par un tourdissement semblable l'ivresse.
412 - Je m'en formais une socit charmante dont je ne me sentais pas indigne, je me faisais un sicle d'or ma fantaisie ; et, remplissant ces beaux jours de toutes les scnes de ma vie qui m'avaient laiss de doux souvenirs, et de toutes celles que mon cur pouvait dsirer encore, je m'attendrissais jusqu'aux larmes sur les vrais plaisirs de l'humanit, plaisirs si dlicieux, si purs, et qui sont dsormais si loin des hommes.
411 - ... pu doubler un certain coin, avec quel battement de cur, avec quel ptillement de joie je commenais respirer en me sentant sauv, en me disant : Me voil matre de moi pour le reste de ce jour!
50 - L'vque Burnet avoue que ce got, acquis en France par les courtisans de Charles II, rforma chez vous jusqu' la chaire, malgr la diffrence de nos religions; tant la saine raison a partout d'empire ! Dites-moi si les bons livres de ce temps n'ont pas servi l'ducation de tous les princes de l'empire. Dans quelles cours de l'Allemagne n'at-on pas vu des thtres franais?
81 - On n'a jamais employ tant d'esprit vouloir nous rendre btes. Il prend envie de marcher quatre pattes, quand on lit votre ouvrage. Cependant, comme il ya plus de soixante ans que j'en ai perdu l'habitude, je sens malheureusement qu'il m'est impossible de la reprendre ; et je laisse cette allure naturelle ceux qui en sont plus dignes que vous et moi.
243 - Pour moi, je suis de mon pays; seulement le sjour de la capitale et l'application assidue m'ont un peu corrig.
250 - Un jour, au fond d'une fort, il s'leva une contestation sur le chant entre le rossignol et le coucou. Chacun prise son talent Quel oiseau, disait le coucou, a le chant aussi facile, aussi simple, aussi naturel et aussi mesur que moi? Quel oiseau, disait le rossignol, l'a plus doux, plus vari, plus clatant, plus lger, plus touchant que moi? Le coucou : Je dis peu de choses; mais elles ont du poids, de l'ordre, et on les retient.
412 - J'allais alors d'un pas plus tranquille chercher quelque lieu sauvage dans la fort, quelque lieu dsert o rien ne montrant la main des hommes n'annont la servitude et la domination...
401 - Je vous hais enfin , puisque vous l'avez voulu ; mais je vous hais en homme encore plus digne de vous aimer, si vous l'aviez voulu. De tous les sentiments dont mon cur toit pntr pour vous, il n'y reste que l'admiration qu'on ne peut refuser votre beau gnie, et l'amour de vos crits.
412 - L'or des gents et la pourpre des bruyres frappaient mes yeux d'un luxe qui touchait mon cur; la majest des arbres qui me couvraient de leur ombre, la dlicatesse des arbustes qui m'environnaient, l'tonnante varit des herbes et des fleurs que je foulais sous mes pieds, tenaient mon esprit dans une alternative continuelle d'observation et d'admiration.