Études sur les principaux philosophes: rdiges confermment aux programmes officials du 31 mai 1902, l'usage de la classe de philosophie et des candidats au baccalaurat

Librairie Hachette, 1903 - 575
 

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187 - Le premier tait de ne recevoir jamais aucune chose pour vraie que je ne la connusse videmment tre telle; c'est--dire d'viter soigneusement la prcipitation et la prvention, et de ne comprendre rien de plus en mes jugements que ce qui se prsenterait si clairement et si distinctement mon esprit que je n'eusse aucune occasion de le mettre en doute.
206 - Tous les corps, le firmament, les toiles, la terre et ses royaumes, ne valent pas le moindre des esprits; car il connat tout cela, et soi; et les corps, rien. Tous les corps ensemble, et tous les esprits ensemble, et toutes leurs productions, ne valent pas le moindre mouvement de charit; cela est d'un ordre infiniment plus lev.
415 - Celui qui ose entreprendre d'instituer un peuple doit se sentir en tat de changer pour ainsi dire la nature humaine, de transformer chaque individu, qui par lui-mme est un tout parfait et solitaire, en partie d'un plus grand tout dont cet individu reoive en quelque sorte sa vie et son tre...
407 - Trouver une forme d'association qui dfende et protge de toute la force commune la personne et les biens de chaque associ, et par laquelle chacun, s'unissant tous, n'obisse pourtant qu' lui-mme et reste aussi libre .qu'auparavant.
209 - ... par laquelle, connaissant la force et les actions du feu, de l'eau, de l'air, des astres, des deux et de tous les autres corps qui nous environnent, aussi distinctement que nous connaissons les divers mtiers de nos artisans, nous les pourrions employer en mme faon tous les usages auxquels ils sont propres, et ainsi nous rendre comme matres et possesseurs de la nature.
437 - ... j'ai en quelque faon premirement en moi la notion de l'infini que du fini, c'est--dire de Dieu que de moi-mme ; car comment serait-il possible que je pusse connatre que je doute et que je dsire, c'est--dire qu'il me manque quelque chose et que je ne suis pas tout parfait, si je n'avais en moi aucune ide d'un tre plus parfait que le mien, par la comparaison duquel je connatrais les dfauts de ma nature?
415 - ... d'un plus grand tout dont cet individu reoive en quelque sorte sa vie et son tre; d'altrer la constitution de l'homme pour la renforcer; de substituer une existence partielle et morale l'existence physique et indpendante que nous avons tous reue de la nature.
372 - Les lois, dans la signification la plus tendue, sont les rapports ncessaires qui drivent de la nature des choses ; et, dans ce sens, tous les tres ont leurs lois : la divinit a ses lois, le monde matriel a ses lois, les intelligences suprieures l'homme ont leurs lois, les btes ont leurs lois, l'homme a ses lois.
188 - Le second, de diviser chacune des difficults que j'examinerais en autant de parcelles qu'il se pourrait et qu'il serait requis pour les mieux rsoudre. Le troisime, de conduire par ordre mes penses, en commenant par les objets les plus simples et les plus, aiss connatre, pour monter peu peu comme par degrs jusques la connaissance des plus composs, et supposant mme de l'ordre entre ceux qui ne se prcdent point naturellement les uns les autres.
410 - On convient que tout ce que chacun aline , par le pacte social, de sa puissance, de ses biens, de sa libert, c'est seulement la partie de tout cela dont l'usage importe la communaut; mais il faut convenir aussi que le souverain seul est juge de cette importance.