Tableaux de la revolution franaise: an historical French reader

G.P. Putnam's sons, 1884 - 327
 

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295 - La Mort a des rigueurs nulle autre pareilles: On a beau la prier; La cruelle qu'elle est se bouche les oreilles, Et nous laisse crier. Le pauvre en sa cabane, o le chaume le couvre, Est sujet ses lois; Et la garde qui veille aux barrires du Louvre N'en dfend point nos rois.
252 - D'une prison sur moi les murs psent en vain. J'ai les ailes de l'esprance. Échappe aux rseaux de l'oiseleur cruel, Plus vive, plus heureuse, aux campagnes du ciel Philomle chante et s'lance. Est-ce moi de mourir ? Tranquille je m'endors, Et tranquille je veille ; et ma veille aux remords Ni mon sommeil ne sont en proie. Ma bienvenue au jour me rit dans tous les yeux ; Sur des fronts abattus, mon aspect dans ces lieux Ranime presque de la joie.
253 - Je veux achever mon anne. Brillante sur ma tige, et l'honneur du jardin, Je n'ai vu luire encor que les feux du matin ; Je veux achever ma journe.
252 - S'il est des jours amers, il en est de si doux ! Hlas ! quel miel jamais n'a laiss de dgots ? Quelle mer n'a point de tempte ? L'illusion fconde habite dans mon sein. D'une prison sur moi les murs psent en vain : J'ai les ailes de l'Esprance.
73 - ... mauvaise foi, vous avez entendu nagure ces mots forcens : Catilina est aux portes de Rome, et l'on dlibre ! Et certes, il n'y avait autour de nous ni Catilina, ni prils, ni factions, ni Rome... Mais aujourd'hui la banqueroute, la hideuse banqueroute est l ; elle menace de consumer, vous, vos proprits, votre honneur... et vous dlibrez!
43 - J'arrive de Versailles; M. Necker est renvoy: ce renvoi est le tocsin d'une Saint-Barthlemy de patriotes : ce soir tous les bataillons suisses et allemands sortiront du Champ-de-Mars pour nous gorger. Il ne nous reste qu'une ressource, c'est de courir aux armes et de prendre des cocardes pour nous reconnatre.
186 - Franais, qu'est donc devenu ce caractre national, ce caractre qui distinguait vos anciennes murs, ce caractre de grandeur et de loyaut? Mettriez-vous votre puissance combler l'infortune d'un homme qui a eu le courage de se confier aux reprsentants de la nation elle-mme?
250 - Ptres, chiens et moutons, toute la bergerie Ne s'informe plus de son sort. Les enfants qui suivaient ses bats dans la plaine, Les vierges aux belles couleurs Qui le baisaient en foule, et sur sa blanche laine Entrelaaient rubans et fleurs, Sans plus penser lui, le mangent s'il est tendre. Dans cet abme enseveli J'ai le mme destin. Je m'y devais attendre. Accoutumons-nous ...
252 - L'pi naissant mrit de la faux respect ; Sans crainte du pressoir, le pampre tout l't Boit les doux prsents de l'aurore : Et moi, comme lui belle, et jeune comme lui, Quoi que l'heure prsente ait de trouble et d'ennui, Je ne veux pas mourir encore.
49 - Dites-lui que toute la nuit ces satellites trangers, gorgs d'or et de vin, ont prdit, dans leurs chants impies, l'asservissement de la France, et que leurs vux brutaux invoquaient la destruction de l'assemble nationale. Dites-lui que, dans son palais mme...