Le Parnasse de la jeunesse ou Nouveau choix de posies franaises, par l'diteur du Manuel pistolaire l'usage des demoiselles anglaises

 

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72 - La Mort a des rigueurs nulle autre pareilles: On a beau la prier; La cruelle qu'elle est se bouche les oreilles, Et nous laisse crier. Le pauvre en sa cabane, o le chaume le couvre, Est sujet ses lois; Et la garde qui veille aux barrires du Louvre N'en dfend point nos rois.
50 - Htez-vous lentement, et, sans perdre courage, Vingt fois sur le mtier remettez votre ouvrage. Polissez-le sans cesse et le repolissez : Ajoutez quelquefois, et souvent effacez.
49 - Surtout qu'en vos crits la langue rvre Dans vos plus grands excs vous soit toujours sacre. En vain vous me frappez d'un -son mlodieux Si le terme est impropre, ou le tour vicieux. Mon esprit n'admet point un pompeux barbarisme...
27 - Encor si vous naissiez l'abri du feuillage Dont je couvre le voisinage, Vous n'auriez pas tant souffrir ; Je vous dfendrais de l'orage : Mais vous naissez le plus souvent Sur les humides bords des royaumes du vent. La nature envers vous me semble bien injuste.
192 - C'est ma seule prison qui t'a ravi ta foi. Ma fille, tendre objet de mes dernires peines, Songe au moins, songe au sang qui coule dans tes veines ! C'est le sang de...
27 - Le chne un jour dit au roseau : Vous avez bien sujet d'accuser la nature ; Un roitelet pour vous est un pesant fardeau ; Le moindre vent qui d'aventure Fait rider la face de l'eau. Vous oblige baisser la tte ; Cependant que mon front, au Caucase pareil, Non content d'arrter les rayons du soleil, Brave l'effort de la tempte.
85 - Cependant mon amour pour notre nation A rempli ce palais de filles de Sion , Jeunes et tendres fleurs par le sort agites, Sous un ciel tranger comme moi transplantes. Dans un lieu spar de profanes tmoins, Je mets les former mon tude et mes soins ; Et c'est l que, fuyant l'orgueil du diadme, Lasse des vains honneurs et me cherchant moi-mme, Aux pieds de l'Éternel je viens m'humilier, Et goter le plaisir de me faire oublier.
88 - Quoi ? Lorsque vous voyez prir votre patrie, pour quelque chose, Esther, vous comptez votre vie ! Dieu parle, et d'un mortel vous craignez le courroux ! Que dis-je ? Votre vie, Esther, est-elle vous ? N'est-elle pas au sang dont vous tes issue...
30 - S'il ne m'en laisse assez pour avoir un cochon. Le porc s'engraisser cotera peu de son ; II tait, quand je l'eus, de grosseur raisonnable : J'aurai, le revendant, de l'argent bel et bon. Et qui m'empchera de mettre en notre table, Vu le prix dont il est*, une vache et son veau, Que je verrai sauter au milieu du troupeau ? Perrette l-dessus saute aussi, transporte : Le lait tombe ; adieu veau, vache, cochon, couve.
33 - J'ai dvor force moutons. Que m'avaient-ils fait ? nulle offense. Mme il m'est arriv quelquefois de manger Le berger. Je me dvorai donc, s'il le faut ; mais je pense Qu'il est bon que chacun s'accuse ainsi que moi, Car on doit souhaiter, selon toute justice, Que le plus coupable prisse.