Textes classiques de la littrature franaise, extraits des grands crivains franais, avec notices biographiques et bibliographiques, apprciations littraires et notes explicatives: recueil servant de complment l'Histoire de la littrature franaise et compos d'aprs les programmes officiels pour l'enseignement secondaire spcial

L. Hachette et cie, 1880 - 864
 

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54 - La mort a des rigueurs nulle autre pareilles ; On a beau la prier, La cruelle qu'elle est se bouche les oreilles, Et nous laisse crier. Le pauvre en sa cabane, o le chaume le couvre, Est sujet ses lois ; Et la garde qui veille aux barrires du Louvre N'en dfend point nos Rois. De murmurer contre elle et perdre patience Il est mal propos; Vouloir ce que Dieu veut est la seule science Qui nous met en repos.
258 - Ah ! c'est moi ! Mon esprit est troubl, et j'ignore o je suis, qui je suis, et ce que je fais. Hlas ! mon pauvre argent ! mon pauvre argent ! mon cher ami ! on m'a priv de toi ; et, puisque tu m'es enlev, j'ai perdu mon support, ma consolation, ma joie : tout est fini pour moi, et je n'ai plus que faire au monde. Sans toi, il m'est impossible de vivre. C'en est fait : je n'en puis plus ; je me meurs ; je suis mort ; je suis enterr.
231 - Quel besoin si pressant avez-vous de rimer? Et qui diantre vous pousse vous faire imprimer? Si l'on peut pardonner l'essor d'un mauvais livre, Ce n'est qu'aux malheureux qui composent pour vivre. Croyez-moi, rsistez vos tentations. Drobez au public ces occupations ; Et n'allez point quitter, de quoi que l'on vous somme, Le nom que, dans la cour, vous avez d'honnte homme, Pour prendre de la main d'un avide imprimeur Celui de ridicule et misrable auteur.
273 - Il n'est pas bien honnte, et pour beaucoup de causes ' Qu'une femme tudie et sache tant de choses. Former aux bonnes murs l'esprit de ses enfants, Faire aller son mnage, avoir l'il sur ses gens', Et rgler la dpense avec conomie, Doit tre son tude et sa philosophie.
439 - Le premier tait de ne recevoir jamais aucune chose pour vraie que je ne la connusse videmment tre telle ; c'est--dire d'viter soigneusement la prcipitation et la prvention , et de ne comprendre rien de plus en mes jugements que ce qui se prsenterait si clairement et si distinctement mon esprit que je n'eusse aucune occasion de le mettre en doute.
387 - Plus d'amour; partant, plus de joie. Le lion tint conseil, et dit : Mes chers amis, Je crois que le ciel a permis Pour nos pchs cette infortune. Que le plus coupable de nous Se sacrifie aux traits du cleste courroux; Peut-tre il obtiendra la gurison commune.
388 - Que m'avaient-ils fait ? Nulle offense ; Mme il m'est arriv quelquefois de manger Le berger. Je me dvouerai donc, s'il le faut ; mais je pense Qu'il est bon que chacun s'accuse ainsi que moi ; Car on doit souhaiter, selon toute justice, Que le plus coupable prisse.
335 - II n'est point de serpent ni de monstre odieux, Qui, par l'art imit, ne puisse plaire aux yeux : D'un pinceau dlicat l'artifice agrable Du plus affreux objet fait un objet aimable.
259 - H ! de quoi est-ce qu'on parle l ? de celui qui m'a drob? Quel bruit fait-on l-haut? Est-ce mon voleur qui y est? De grce, si l'on sait des nouvelles de mon voleur, je supplie que l'on m'en dise-. N'est-il point cach l parmi vous? Ils me regardent tous, et se mettent rire. Vous verrez qu'ils ont part, sans doute, au vol que l'on m'a fait. Allons, vite, des commissaires, des archers, des prvts, des juges, des gnes, des potences, et des bourreaux ! Je veux faire pendre tout...
336 - En vain vous talez une scne savante : Vos froids raisonnements ne feront qu'attidir Un spectateur, toujours paresseux d'applaudir, Et qui, des vains efforts de votre rhtorique Justement fatigu, s'endort ou vous critique. Le secret est d'abord de plaire et de toucher : Inventez des ressorts qui puissent m'attacher.