L'Énide: traduite en vers franais, 1

Hachette, 1839
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271 - En achevant ces mots pouvantables, Son ombre vers mon lit a paru se baisser ; Et moi je lui tendais les mains pour l'embrasser ; Mais je n'ai plus trouv qu'un horrible mlange D'os et de chairs meurtris, et trans dans la fange, Des lambeaux pleins de sang, et des membres affreux Que des chiens dvorants se disputaient entre eux.
23 - II n'et point de son livre illustr l'Italie , Si son sage hros , toujours en oraison , N'et fait que mettre enfin Satan la raison, Et si Renaud, Argant, Taucrde et sa matresse , N'eussent de son sujet gay la tristesse.
260 - II n'est point de serpent ni de monstre odieux, Qui, par l'art imit, ne puisse plaire aux yeux : D'un pinceau dlicat l'artifice agrable Du plus affreux objet fait un objet aimable.
137 - ... horribles. Tel, d'un coup incertain par le prtre frapp, Mugit un fier taureau de l'autel chapp, Qui, du fer suspendu victime dj prte, A la hache trompe a drob sa tte. Enfin, dans les replis de ce couple sanglant, Qui dchire son sein , qui dvore son flanc, H expire...
49 - Oronte, sur le sien, tel qu'un mont escarp, Voit fondre un large flot : par sa chute frapp, Le pilote tremblant, et la...
232 - Haec loca vi quondam et vasta convulsa ruina (tantum aevi longinqua valet mutare vetustas) 415 dissiluisse ferunt, cum protinus utraque tellus una foret: venit medio vi pontus et undis Hesperium Siculo latus abscidit, arvaque et urbes litore diductas angusto interluit aestu.
47 - Sur la face des eaux s'tend la nuit profonde ; Le jour fuit, l'clair brille, et le tonnerre gronde; Et la terre et le ciel , et la foudre et les flots , Tout prsente la mort aux ples matelots.
13 - Éne se montre par-tout humain et compatissant : Auguste, dans l'infme convention faite avec ses collgues Lpide et Antoine , pour l'abandon rciproque de leurs victimes, sacrifia lchement son tuteur, et Cicron , le plus ardent et le plus puissant promoteur de sa nouvelle domination. Aucun...
167 - O ma mre! Vnus ! quoi ! ton cruel secours De la flamme et du fer n'a donc sauv mes jours Que pour voir, douleur ! dsespoir extrme ! Dans son dernier abri prir tout ce que j'aime , Et mon fils, et ma femme, et mon pre, grands dieux ! Dans le sang l'un de l'autre immols mes yeux ! Eh bien , ddaignez donc mes prires , mes larmes ; Je pars : la mort pour moi n'eut jamais tant de charmes. Rendez-moi l'ennemi , rendez-moi les combats : Tous les...
145 - Et, tandis que ses flancs enfantent leurs cohortes, Des milliers d'ennemis se pressant sous nos portes, Fondent sur nos remparts flots plus dbords Qu'ils n'ont jamais paru dans nos champs inonds, Les uns courent au loin rpandre le carnage; D'autres, le fer en main, gardent chaque passage. L'affreux tranchant du glaive, et la pointe des dards, Prts a donner la mort, brillent de toutes parts; Et de gardes U'emblans peine un petit nombre Se dfend au hasard...