Philosophie sensualiste au XVIIIe sicle

Didier, 1866 - 360
 

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170 - Conscience ! conscience ! instinct divin, immortelle et cleste voix ; guide assur d'un tre ignorant et born, mais intelligent et libre ; juge infaillible du bien et du mal, qui rend l'homme semblable Dieu, c'est toi qui fais l'excellence de sa nature et la moralit de ses actions...
170 - Mais si , comme on n'en peut douter , l'homme est sociable par sa nature , ou du moins fait pour le devenir , il ne peut l'tre que par d'autres sentiments inns, relatifs son espce ; car, ne considrer que le besoin physique , il doit certainement disperser les hommes au lieu de les rapprocher.
170 - Chacun, dit-on, concourt au bien public pour son intrt; mais d'o vient donc que le juste y concourt son prjudice? Qu'est-ce qu'aller la mort pour son intrt? Sans doute nul n'agit que pour son bien...
31 - ... peut-tre ne serons-nous jamais capables de connatre si un tre purement matriel pense ou non, par la raison qu'il nous est impossible de dcouvrir par la contemplation de nos propres ides, sans rvlation, si Dieu n'a point donn quelque amas de matire, dispose comme il le trouve propos, la puissance d'apercevoir et de penser, ou s'il a joint et uni la matire ainsi dispose une substance immatrielle qui pense.
169 - Ame abjecte, c'est ta triste philosophie qui te rend semblable elles : ou plutt tu veux en vain t'avilir, ton gnie dpose contre tes principes, ton cur bienfaisant dment ta doctrine, et l'abus mme de tes facults prouve leur excellence en dpit de toi.
122 - Pourquoi donc n'y tomberoit-elle pas ? Cette moralit consiste uniquement dans la conformit de nos actions avec les lois : or ces actions sont visibles, et les lois le sont galement, puisqu'elles sont des conventions que les hommes ont faites.
166 - Si le jugement de ce rapport n'tait qu'une sensation, et me venait uniquement de l'objet, mes jugements ne me tromperaient jamais, puisqu'il n'est jamais faux que je sente ce que je sens.
50 - ... les oprations , observer avec quel art elles se combinent, et comment nous devons les conduire, afin d'acqurir toute l'intelligence dont nous sommes capables.
169 - Il est donc au fond des mes un principe inn de justice et de vertu, sur lequel, malgr nos propres maximes, nous jugeons nos actions et celles d'autrui comme bonnes ou mauvaises; et c'est ce principe que je donne le nom de conscience.
215 - Ce mouvement agrable est nomm amour relativement l'objet qui l'excite. Mais lorsque ce mouvement affaiblit ou arrte le mouvement vital, on le nomme douleur. Et, relativement l'objet qui le produit, on le dsigne sous le nom de han<e.