Les Quatre saisons du Parnasse, ou, Choix de posies lgeres depuis le commencement du XIXe sicle...

P. Didiot, l'ain, 1807
 

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193 - Il n'ya pour l'homme que trois vnements, natre, vivre et mourir : il ne se sent pas natre, il souffre mourir, et il oublie de vivre.
255 - C'est par elle qu'on marche la mort avec enthousiasme; elle a l'heureuse impuissance d'exprimer aucun sentiment bas, aucun artifice, aucun mensonge. Le malheur mme , dans le langage de la musique , est sans amertume, sans dchirement, sans irritation. La musique soulve doucement le poids qu'on a presque toujours sur le cur, quand on est capable d'affections srieuses...
46 - Le palmier se platt parmi nous. Vous y verrez courir la gazelle aux yeux doux. Vos mains , vos belles mains y fileront nos laines. Nos contes loin de vous carteront les peines. Nos dociles chameaux se courberont sous vous. Nous avons des bergers pour languir dans vos chanes.
213 - ... rien, car il ne pourrait excuter sa rsolution ; si un homme vrai l'avait prise, le plus difficile serait fait. Je regarde le visage d'un homme franc et j'coute les paroles d'un homme vrai.
93 - L'ennui ! Son bonheur pur nat du sein des travaux. Ses longs jours, couls loin du dieu d'Épidaure, Semblent braver les maux que dchana Pandore : S'il en connut jamais, ce fut par la piti.
27 - L'imptueux Eurus, l'aquilon mugissant, En vain contre sa masse ont dchan leur rage ; II rit de leurs efforts , et leur souffle impuissant Ne fait qu'agiter son feuillage. Cyble aussi n'a pas de nourrissons, De l'orme le plus fort au gent le plus mince, Qui des forts en lui ne respecte le prince : Tout l'admire aujourd'hui, tout, hormis les buissons.
27 - D'arbuste il devient arbre, et les sucs gnreux Qui fermentent sous son corce, De son robuste tronc ses rameaux nombreux Renouvelant sans cesse et la vie et la force, II grandit, il grossit, il...
140 - Il se taisait alors quelques moments, comme pour attendre la rponse ; et le bonnet ne rpondant rien, il le remettait sur sa tte et terminait l'entretien par ces mots : A prsent que vous tes convaincu, n'en parlons plus.
85 - En t'essayant, former tes premiers pas, Et puis grandir, et puis crotre en appas , En esprit juste, en douceur, en mrite, Avec des traits purs, nobles, dlicats, Et l'art de plaire. Or ce charme magique Qui nous attire, et nous touche, et nous pique , D'o te vient-il? C'est de n'y songer pas. Le chaste toit o le ciel nous fit natre , Qu'il nous fut cher ! Il nous a fait connatre Le sicle d'or, les murs de nos aeux.
19 - Et par des levains salutaires Combattant les plus noirs poisons, D'un venin toujours prs d'clore, Qui les infecte et les dvore, Voudrait prserver vos moutons. A toi, Voisin, le pauvre en larmes...