Thtre complet de Beaumarchais: La folle journe; ou, Le mariage de Figaro

Acadmie des Bibliophiles, 1870
 

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248 - Parce que vous tes un grand seigneur, vous vous croyez un grand gnie! . . . noblesse, fortune, un rang, des places; tout cela rend si fier! qu'avez-vous fait pour tant de biens? vous vous tes donn la peine de natre, et rien de plus; du reste homme assez ordinaire! tandis que moi, morbleu! perdu dans la foule obscure, il m'a fallu dployer plus de science et de calculs pour subsister seulement, qu'on n'en a mis depuis cent ans gouverner toutes les Espagnes; et vous voulez joter . ....
3 - LA FOLLE JOURNÉE, / ou / LE MARIAGE DE FIGARO, / Comdie en cinq Actes, en Prose, / Par M. de Beaumarchais. / Reprsente pour la premire fois par les Comdiens / Franais ordinaires du Roi, le Mardi 27 avril 1784.
250 - Le dsespoir m'allait saisir; on pense moi pour une place, mais par malheur j'y tais propre: il fallait un calculateur, ce fut un danseur qui l'obtint.
27 - Quand une bonne disgrce a cuv son orgueil, je lui dirais... que les sottises imprimes n'ont d'importance qu'aux lieux o l'on en gne le cours ; que, sans la libert de blmer, il n'est point d'loge flatteur ; et qu'il n'ya que les petits hommes qui redoutent les petits crits...
55 - Mon sexe est ardent, mais timide : un certain charme a beau nous attirer vers le plaisir, la femme la plus aventure sent en elle une voix qui lui dit : Sois belle si tu peux, sage si tu veux ; mais sois considre, il le faut.
xxxviii - Figaro, le drle son patron Si scandaleusement ressemble, II est si frappant qu'il fait peur Et, pour voir la fin tous les vices ensemble, Le parterre en chorus a demand l'auteur.
250 - On se dbat, c'est vous, c'est lui, c'est moi, c'est toi, non, ce n'est pas nous; eh! mais qui donc? (Il retombe assis.) O bizarre suite d'vnements ! Comment cela m'est-il arriv ? Pourquoi ces choses et non pas d'autres? Qui les a fixes sur ma tte? Forc de parcourir la route o je suis entr...
249 - Madrid un systme de libert sur la vente des productions, qui s'tend mme celles de la presse; et que, pourvu que je ne parle en mes crits ni de l'autorit, ni du culte, ni de la politique, ni de la morale, ni des gens en place, ni des corps en crdit, ni de l'Opra, ni des autres spectacles, ni de personne qui tienne quelque chose, je puis tout imprimer librement, sous l'inspection de deux ou trois Censeurs.
196 - Dans les rangs mme plus levs , les femmes n'obtiennent de vous qu'une considration drisoire. Leurres de respects apparents, dans une servitude relle ; traites en mineures pour nos biens, punies en majeures pour nos fautes; ah ! sous tous les aspects , votre conduite avec nous fait horreur ou piti.
248 - ... mis une pierre au cou ! Je broche une comdie dans les murs du srail ; auteur espagnol, je crois pouvoir y fronder Mahomet, sans scrupule : l'instant, un envoy... de je ne sais o, se plaint que j'offense...