uvres compltes, 34

 

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242 - Quand le soir approchait je descendais des cimes de l'le et j'allais volontiers m'asseoir au bord du lac, sur la grve, dans quelque asile cach ; l le bruit des vagues et l'agitation de l'eau fixant mes sens et chassant de mon me toute autre agitation la plongeaient dans une rverie dlicieuse o la nuit me surprenait souvent sans que je m'en fusse aperu.
285 - Mille serments couvrent le papier, o se refltent les roses de l'aurore ; mille baisers sont dposs sur les mots qui semblent natre du premier regard du soleil; pas une ide, une image, une rverie, un accident, une inquitude qui n'ait sa lettre. Voici qu'un matin quelque chose de presque insensible se glisse sur la beaut de cette passion comme une premire ride sur le front d'une femme adore. Le souffle et le parfum de l'amour expirent dans ces pages de la jeunesse, comme une...
243 - Au banquet de la vie, infortun convive, J'apparus un jour, et je meurs; Je meurs, et sur ma tombe, o lentement j'arrive Nul ne viendra verser des pleurs.
242 - Le flux et le reflux de cette eau, son bruit continu mais renfl par intervalles, frappant sans relche mon oreille et mes yeux, supplaient aux mouvements internes que la rverie teignait en moi, et suffisaient pour me faire sentir avec plaisir mon existence, sans prendre la peine de penser.
87 - Bientt ils vous diront que les plus saintes lois, Matresses du vil peuple, obissent aux rois; Qu'un roi n'a d'autre frein que sa volont...
300 - Qu'on accueille ta dernire heure Ainsi que tes premiers moments ; Que les fronts y soient sans nuage ; Que rien n'y rvle un tombeau, Quand on est pur comme ton ge Le dernier jour est le plus beau.
285 - D'abord les lettres sont longues, vives, multiplies; le jour n'y suffit pas : on crit au coucher du soleil; on trace quelques mots au clair de la lune, chargeant sa lumire chaste, silencieuse, discrte, de couvrir de sa pudeur mille dsirs. On s'est quitt l'aube; l'aube on pie la premire clart pour crire ce que l'on croit avoir oubli de dire.
241 - N'en peuvent suspendre le cours. Dj la vieillesse s'avance; Et je verrai dans peu la mort Excuter l'arrt du sort Qui m'y livre sans esprance. Fontenay, lieu dlicieux O je vis d'abord la lumire, Bientt au bout de ma carrire, Chez toi je joindrai mes aeux. Muses, qui dans ce lieu champtre Avec soin me ftes nourrir, Beaux arbres, qui m'avez vu natre, Bientt vous me verrez mourir...
243 - Je meurs, et sur ma tombe, o lentement j'arrive, Nul ne viendra verser des pleurs. Salut, champs que j'aimais, et vous, douce verdure, Et vous, riant exil des bois ! Ciel, pavillon de l'homme^ admirable nature, Salut pour la dernire fois ! Ah ! puissent voir longtemps votre beaut sacre, Tant d'amis sourds mes adieux ! Qu'ils meurent pleins de jours, que leur mort soit pleure, Qu'un ami leur ferme les yeux.
286 - N'importe : c'est l'amour qui meurt avant l'objet aim. Vivent les romans en lettres et sans lettres , o les sentimens ne se dtruisent que par la violence, o ils ne cdent jamais ce travail cach au fond de la nature humaine ; fivre lente du temps qui produit le dgot et la lassitude, qui dissipe toute illusion et tout enchantement, qui mine nos passions , fane nos amours et change nos curs, comme elle change nos cheveux et nos annes.