L'instruction publique en France pendant la rvolution: discours et rapports de Mirabeau, Talleyrand-Prigord, Condorcet, Lanthenas, Romme, Le Peletier, Saint-Fargeau, Cals, Lakanal, Daunou et Fourcroy

Clestin Hippeau
Didier, 1881 - 519
 

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215 - France, iie permet point d'admettre, dans l'instruction publique, un enseignement qui, en repoussant les enfants d'une partie des citoyens, dtruirait l'galit des avantages sociaux, et donnerait des dogmes particuliers un avantage contraire la libert des opinions. Il tait donc rigoureusement ncessaire de sparer de la morale les principes de toute religion particulire, et de n'admettre dans l'instruction publique l'enseignement d'aucun culte religieux.
209 - Vous devez la nation franaise une instruction au niveau de l'esprit du dix-huitime sicle, de cette philosophie qui, en clairant la gnration contemporaine , prsage , prpare et devance dj la raison suprieure laquelle les progrs ncessaires du genre humain appellent les gnrations futures. Tels ont t nos principes ; et c'est d'aprs cette philosophie , libre de toutes les chanes, affranchie de toute autorit, de toute habitude ancienne , que nous avons choisi...
216 - D'ailleurs combien n'est-il pas important de fonder la 'morale sur les seuls principes de la raison ! Quelque changement que subissent les opinions d'un homme dans le cours de sa vie...
366 - ... nombre d'individus. Dans l'institution publique, au contraire, la totalit de l'existence de l'enfant nous appartient; la matire, si je peux m'exprimer ainsi, ne sort jamais du moule ; aucun objet extrieur ne vient dformer la modification que vous lui donnez. Prescrivez, l'excution est certaine; imaginez une bonne mthode , l'instant elle est suivie ; crez une conception utile , elle se pratique compltement, continment et sans efforts. J'ai adopt un moyen que je crois trs-efficace...
249 - Égyptiens, dont les antiques connaissances nous tonnent encore, chez qui l'esprit humain fit tant de progrs dans des temps dont nous ne pouvons mme fixer l'poque , et qui retombrent dans l'abrutissement de la plus honteuse ignorance au moment o la puissance religieuse s'empara du droit d'instruire les hommes. Nous citerions la Chine, qui nous a prvenus dans les sciences et dans les arts , et chez qui le gouvernement en a subitement arrt tous les progrs depuis des milliers d'annes...
188 - Reprsentants du peuple, parce que de tous les pouvoirs, il en est le moins corruptible, le plus loign d'tre entran par des intrts particuliers, le plus soumis l'influence de l'opinion gnrale des hommes clairs, et surtout parce qu'tant celui de qui manent essentiellement tous les changements, il est ds lors le moins ennemi du progrs des lumires, le moins oppos aux amliorations que ce progrs doit amener.
213 - ... des discussions , soit mme quelques compositions ; qu'il est ncessaire de s'assurer s'ils entendent, s'ils retiennent , si leurs facults intellectuelles acquirent de l'activit et de la force; on pourra rserver dans chaque salle une place destine ceux qui , sans tre lves , sans tre par consquent assujettis aux questions qu'on leur fait , aux travaux qu'on leur impose , voudraient suivre un cours d'instruction , ou assister quelques leons.
354 - Ici s'lve une question bien importante. L'institution publique des enfants sera-t-elle d'obligation pour les parents, ou les parents auront-ils seulement la facult de profiter de ce bienfait national ? D'aprs les principes, tous doivent y tre obligs. - Pour l'intrt public, tous doivent y tre obligs.
369 - ... d'imposition. Enfin je donne l'autre cent mille livres de rente, pour lesquelles il paie une contribution de vingt mille livres. Maintenant j'value par aperu la taxe pour l'ducation commune des enfants une moiti en sus de la contribution directe.
362 - ... un langage qui ne soit point grossier, l'attitude et le port d'un homme libre, enfin des manires franches, galement distantes de la politesse et de la rusticit. Entre citoyens gaux d'une mme Rpublique, il faut que ces divers avantages de l'ducation soient rpartis tous : car on a beau dire, ces nuances, lorsqu'elles existent, crent d'incalculables diffrences et tablissent de trop relles ingalits entre les hommes.