La Pleade franoise ou l'esprit des sept plus grands potes, 1

Les libraires associs [i.e., 1754
 

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116 - Prsente, je vous fuis : -absente, je vous trouve; Dans le fond des forts votre image me suit; La lumire du jour, les ombres de la nuit, Tout retrace mes yeux les charmes que j'vite ; Tout vous livre l'envi le rebelle Hippolyte.
3 - Amants, heureux amants, voulez-vous voyager ? Que ce soit aux rives prochaines, Soyez-vous l'un l'autre un monde toujours beau, Toujours divers, toujours nouveau ; Tenez-vous lieu de tout, comptez pour rien le reste.
43 - Seigneur, de vos bonts il faut que je l'obtienne ; Elle a trop de vertus pour n'tre pas chrtienne : Avec trop de mrite il vous plut la former, Pour ne vous pas connatre et ne vous pas aimer, Pour vivre des enfers esclave infortune, Et sous leur triste joug mourir comme elle est ne.
306 - O le plaisant dtour ! Ils ont bien ennuy le roi, toute la cour Sans que le moindre dit ait, pour punir leur crime, Retranch les auteurs ou supprim la rime.
66 - Sur tous mes frres morts se faisant un passage; Et de sang tout couvert chauffant le carnage Songe aux cris des vainqueurs, songe aux cris des mourants, Dans la flamme touffs sous le fer expirants.
93 - Et son salut dpend de la perte d'un homme, Si l'on doit le nom d'homme qui n'a rien d'humain, A ce tigre altr de tout le sang romain. Combien pour le rpandre at-il form de brigues, Combien de fois chang de partis et de ligues ! Tantt ami d'Antoine et tantt ennemi, Et jamais insolent ni cruel demi.
116 - Moi-mme, pour tout fruit de mes soins superflus, Maintenant je me cherche, et ne me trouve plus': Mon arc, mes javelots, mon char, tout m'importune...
167 - Sa voix redoutable Trouble les enfers ; Un bruit formidable Gronde dans les airs; Un voile effroyable Couvre l'univers ; La terre tremblante Frmit de terreur ; L'onde turbulente Mugit de fureur ; La lune sanglante Recule d'horreur.
208 - T'ouvrent leurs bras sanglants tendus du haut des cieux. Ton Dieu que tu trahis, ton Dieu que tu blasphmes, Pour toi, pour l'univers, est mort en ces lieux mmes, En ces lieux o mon bras le servit tant de fois, En ces lieux o son sang te parle par ma voix. Vois ces murs, vois ce temple envahi par tes matres; Tout annonce le Dieu qu'ont veng tes anctres.
274 - Ma cruaut se lasse, et ne peut s'arrter; Je veux me faire craindre, et ne fais qu'irriter. Rome a pour ma ruine une hydre trop fertile : Une tte coupe en fait renatre mille; Et le sang rpandu de mille conjurs Rend mes jours plus maudits, et non plus assurs.