Tableaux de la rᤶolution fran

Thomas Frederick Crane, Samuel Jacques Brun
G.P. Putnam's sons, 1884 - 311
 

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190 - Je n'ai jamais craint que ma conduite ft examine publiquement; mais mon cur est dchir de trouver dans l'acte d'accusation l'imputation d'avoir voulu faire rpandre le sang du peuple, et surtout que les malheurs du 10 aot me soient attribus! J'avoue que les preuves multiplies que j'avais donnes dans tous les temps de mon amour pour le peuple, et la manire dont je m'tais toujours conduit, me paraissaient devoir prouver que je craignais peu de m'exposer pour pargner son sang,...
254 - D'une prison sur moi les murs psent en vain. J'ai les ailes de l'esprance. Échappe aux rseaux de l'oiseleur cruel, Plus vive, plus heureuse, aux campagnes du ciel Philomle chante et s'lance. Est-ce moi de mourir ? Tranquille je m'endors, Et tranquille je veille ; et ma veille aux remords Ni mon sommeil ne sont en proie. Ma bienvenue au jour me rit dans tous les yeux ; Sur des fronts abattus, mon aspect dans ces lieux Ranime presque de la joie.
255 - Je veux achever mon anne. Brillante sur ma tige, et l'honneur du jardin, Je n'ai vu luire encor que les feux du matin ; Je veux achever ma journe.
254 - S'il est des jours amers, il en est de si doux ! Hlas ! quel miel jamais n'a laiss de dgots ? Quelle mer n'a point de tempte ? L'illusion fconde habite dans mon sein. D'une prison sur moi les murs psent en vain : J'ai les ailes de l'Esprance.
181 - Je recommande mes enfants ma femme, je n'ai jamais dout de sa tendresse maternelle pour eux, je lui recommande surtout d'en faire de bons chrtiens et d'honntes hommes, de ne leur faire regarder les grandeurs de ce monde-ci (s'ils sont condamns les prouver) que comme des biens dangereux et prissables, et de tourner leurs regards vers...
45 - J'arrive de Versailles; M. Necker est renvoy: ce renvoi est le tocsin d'une Saint-Barthlemy de patriotes : ce soir tous les bataillons suisses et allemands sortiront du Champ-de-Mars pour nous gorger. Il ne nous reste qu'une ressource, c'est de courir aux armes et de prendre des cocardes pour nous reconnatre.
76 - ... mauvaise foi, vous avez entendu nagure ces mots forcens : Catilina est aux portes de Rome, et l'on dlibre. Et certes, il n'y avait autour de nous ni Catilina, ni prils, ni factions, ni Rome... Mais aujourd'hui la banqueroute, la hideuse banqueroute est l; elle menace de consumer vous, vos proprits, votre honneur... et vous dlibrez...
188 - Franais, qu'est donc devenu ce caractre national, ce caractre qui distinguait vos anciennes murs, ce caractre de grandeur et de loyaut? Mettriez-vous votre puissance combler l'infortune d'un homme qui a eu le courage de se confier aux reprsentants de la nation elle-mme?
252 - Ptres, chiens et moutons, toute la bergerie Ne s'informe plus de son sort. Les enfants qui suivaient ses bats dans la plaine, Les vierges aux belles couleurs Qui le baisaient en foule, et sur sa blanche laine Entrelaaient rubans et fleurs, Sans plus penser lui, le mangent s'il est tendre. Dans cet abme enseveli J'ai le mme destin. Je m'y devais attendre. Accoutumons-nous ...
240 - Je me suis retrouv dans mon cachot. Il faisait un peu de jour. Ne pouvant plus te voir et entendre tes rponses, car toi et ta mre vous me parliez, je me suis lev au moins pour te parler et t'crire. Mais ouvrant mes fentres, la pense de ma solitude , les affreux barreaux , les verroux qui me sparent de toi, ont vaincu toute ma fermet d'me.