Trait de lgislation, ou Exposition des lois gnrales suivant lesquelles les peuples prosprent, dprissent ou restent stationnaires

A. Sautelet et Cie, 1826 - 1508
 

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134 - Trouver une forme d'association qui dfende et protge de toute la force commune la personne et les biens de chaque associ, et par laquelle chacun, s'unissant tous, n'obisse pourtant qu' lui-mme et reste aussi libre .qu'auparavant.
135 - Chacun de nous met en commun sa personne et toute sa puissance sous la suprme direction de la volont gnrale; et nous recevons en corps chaque membre comme partie indivisible du tout.
139 - A l'instant, au lieu de la personne particulire de chaque contractant, cet acte d'association produit un corps moral et collectif compos d'autant de membres que l'assemble a de voix, lequel reoit de ce mme acte son unit, son moi commun, sa vie et sa volont.
17 - C'est aussi l'État qui fait la religion. Il ya, dit Rousseau, une profession de foi purement civile, dont il appartient au souverain de fixer les articles, non pas prcisment comme dogmes de religion, mais comme sentiments de sociabilit, sans lesquels il est impossible d'tre bon citoyen ni sujet fidle.
135 - Les clauses de ce contrat sont tellement dtermines par la nature de l'acte, que la moindre modification les rendrait vaines et de nul effet ; en sorte que, bien qu'elles n'aient peut-tre jamais t formellement nonces, elles sont partout les mmes, partout tacitement admises et reconnues...
168 - Comment une multitude aveugle, qui souvent ne sait ce qu'elle veut, parce qu'elle sait rarement ce qui lui est bon, excuteraitelle d'elle-mme une entreprise aussi grande, aussi difficile qu'un systme de lgislation?
138 - ... l'État, l'gard de ses membres, est matre de tous leurs biens par le contrat social...
137 - ... si les abus de cette nouvelle condition ne le dgradaient souvent au-dessous de celle dont il est sorti '-', il devrait bnir sans cesse l'instant heureux qui l'en arracha pour jamais, et qui, d'un animal stupide et born, fit un tre intelligent et un homme.
181 - ... la puissance souveraine n'a nul besoin de garant envers les sujets, parce qu'il est impossible que le corps veuille nuire tous ses membres; et nous verrons ci-aprs qu'il ne peut nuire aucun en particulier. Le souverain, par cela seul qu'il est, est toujours ce qu'il doit tre.
141 - Plus ces forces naturelles sont mortes et ananties, plus les acquises sont grandes et durables, plus aussi l'institution est solide et parfaite : en sorte que si chaque citoyen n'est rien, ne peut rien que par tous les autres, et que la force acquise par le tout soit gale ou suprieure la somme des forces naturelles de tous les individus, on peut dire que la lgislation est au plus haut point de perfection qu'elle puisse atteindre.