uvres compltes de J. Delille

Didot, 1837 - 914
 

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142 - II veut le suivre, il veut revoir l'clat du jour ; Je ne sais quel instinct l'arrte en ce sjour. A l'abri du danger, son me encor tremblante Veut jouir de ces lieux et de son pouvante. A leur aspect lugubre, il prouve en son cur Un...
142 - Verss par le regret et sches par la rage. Cependant il espre; il pense quelquefois Entrevoir des clarts, distinguer une voix. Il regarde, il coute . . . Hlas! dans l'ombre immense II ne voit que la nuit, n'entend que le silence, Et le silence ajoute encore sa terreur. Alors, de son destin sentant toute l'horreur...
16 - Tel est le sort commun: bientt les aquilons Des dpouilles des bois vont joncher les vallons ; De moment en moment la feuille sur la terre En tombant interrompt le rveur solitaire. Mais ces ruines mme ont pour moi des attraits. L, si mon cur nourrit quelques profonds regrets , Si quelque souvenir vient rouvrir ma blessure, J'aime mler mon deuil au deuil de la nature.
142 - L'infortun dj voit cent spectres hideux ; Le dlire brlant, le desespoir affreux, La mort. . . non cette mort qui plat la victoire, Qui vole avec la foudre, et que pare la gloire, Mais lente, mais horrible, et tranant par la main La faim qui se dchire et se ronge le sein. Son sang, ces pensers, s'arrte dans ses veines.
457 - C'est ainsi que mon ombre exige qu'on l'honore. Sors de ma cendre, sors, prends la flamme et le fer, Toi qui dois me venger des enfants de Teucer! Que le peuple latin, que les fils de Carthage, Opposs par les lieux, le soient plus par leur rage! Que de leurs ports jaloux, que de leurs murs rivaux, Soldats contre soldats, vaisseaux contre vaisseaux, Courent ensanglanter et la mer et la terre!
44 - Voyez-vous ce modeste et pieux presbytre ? L vit l'homme de Dieu , dont le saint ministre Du peuple runi prsente au ciel les vux, Ouvre sur le hameau tous les trsors des cieux , Soulage le malheur, consacre l'hymne, Bnit et les moissons et les fruits de l'anne ; Enseigne la vertu, reoit l'homme au berceau , Le conduit dans la vie , et le suit au tombeau.
368 - Le temprament, qui dans tous les animaux influe beaucoup sur le naturel, ne parat cependant pas dans la chvre diffrer essentiellement de celui de la brebis. Ces deux espces d'animaux, dont l'organisation intrieure est presque entirement semblable, se nourrissent, croissent et multiplient de la mme manire, et se ressemblent encore par le caractre des maladies, qui sont les mmes, l'exception de quelques-unes auxquelles la chvre n'est pas sujette : elle ne craint pas...
319 - L'onde change en sang roule des flots impurs ; Des loups hurlant dans l'ombre pouvantent nos murs ; Mme en un jour serein, l'clair luit, le ciel gronde. Et la comte en feu vient effrayer le monde.
306 - Cependant, sur le dos de la plaine liquide, S'lve gros bouillons une montagne humide. L'onde approche, se brise, et vomit nos yeux, Parmi des flots d'cume, un monstre furieux.
59 - Tantt, dans nos vallons, jeune, frache et brillante, Tu marches, et, des plis de ta robe flottante Secouant la rose et versant les couleurs, Tes mains sment les fruits, la verdure et les fleurs ; Les rayons d'un beau jour naissent de ton sourire ; De ton souffle lger s'exhale le zphire ; Et le doux bruit des eaux, le doux concert des bois, Sont les accents divers de ta brillante voix.