Cours de l'histoire de la philosophie moderne, 3

Ladrange, 1846 - 10
 

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204 - Conscience! conscience! instinct divin, immortelle et cleste voix; guide assur d'un tre ignorant et born, mais intelligent et libre; juge infaillible du bien et du mal, qui rends l'homme semblable Dieu, c'est toi qui fais l'excellence de sa nature et la moralit de ses actions...
296 - Sans pouvoir obliger personne les croire, il peut bannir de l'État quiconque ne les croit pas; il peut le bannir, non comme impie, mais comme insociable, comme incapable d'aimer sincrement les lois, la justice, et d'immoler au besoin sa vie son devoir.
295 - Il ya donc une profession de foi purement civile dont il appartient au souverain de fixer les articles, non pas prcisment comme dogmes de religion, mais comme sentiments de sociabilit, sans lesquels il est impossible d'lre bon citoyen ni sujet fidle.
202 - Qu'on me montre un autre animal sur la terre qui sache faire usage du feu, et qui sache admirer le soleil. Quoi ! je puis observer, connatre les tres et leurs rapports ; je puis sentir ce que c'est qu'ordre, beaut, vertu ; je puis contempler l'univers, m'lever ...
202 - Il est donc au fond des mes un principe inn de justice et de vertu, sur lequel, malgr nos propres maximes, nous jugeons nos actions et celles d'autrui comme bonnes ou mauvaises; et c'est ce principe que je donne le nom de conscience.
85 - Notre premier objet , celui que nous ne devons jamais perdre de vue, c'est l'tude de l'esprit humain , non pour en dcouvrir la nature , mais pour en connatre les oprations , observer avec quel art elles se combinent, et comment nous devons les conduire, afin d'acqurir toute l'intelligence dont nous sommes capables.
200 - Quand les deux sensations comparer sont aperues, leur impression est faite, chaque objet est senti, les deux sont sentis, mais leur rapport n'est pas senti pour cela.
32 - O est cette raison parfaite, qui est si prs de moi et si diffrente de moi? O est-elle? Il faut qu'elle soit quelque chose de rel ; car le nant ne peut tre parfait, ni perfectionner les natures imparfaites? O est-elle, cette raison suprme? N'est-elle pas le Dieu que je cherche?
118 - Soit que nous nous levions, pour parler mtaphoriquement, jusque dans les cieux, soit que nous descendions dans les abmes, nous ne sortons point de nousmmes, et ce n'est jamais que notre propre pense que nous apercevons.
69 - ... capables de connatre si un tre purement matriel pense ou non , par la raison qu'il nous est impossible de dcouvrir par la contemplation de nos propres ides, sans rvlation, si Dieu n'a point donn quelques amas de matire disposs comme il le trouve propos, la puissance d'apercevoir et de penser ; ou s'il a joint et uni la matire ainsi dispose une substance immatrielle qui pense.